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Le Club de Mediapart dim. 28 août 2016 28/8/2016 Édition du matin

La France doit accorder l'asile à Edward Snowden

Une pétition, lancée à l’initiative de l’Express et signée par une cinquantaine de personnalités et des centaines d’internautes, demande à François Hollande d’accorder l’asile politique à l’informaticien Edward Snowden, à l’origine de l’énorme fuite de documents de la NSA sur l’ampleur de l’espionnage mondial des internautes par les Etats-Unis. Mediapart soutient évidemment cette initiative.

Une pétition, lancée à l’initiative de l’Express et signée par une cinquantaine de personnalités et des centaines d’internautes, demande à François Hollande d’accorder l’asile politique à l’informaticien Edward Snowden, à l’origine de l’énorme fuite de documents de la NSA sur l’ampleur de l’espionnage mondial des internautes par les Etats-Unis. Mediapart soutient évidemment cette initiative.

Nous la soutenons d’autant plus que depuis le début de cette affaire, nous avons à plusieurs reprises réclamé cet asile politique, dénonçant, au moment d’une première demande, début juillet 2013, les « arguties du pouvoir français » pour la refuser. « Les problèmes juridiques invoqués par le ministère de l’intérieur cachent manifestement des considérations politiques et diplomatiques », relevait-on alors. De même que nous avions révélé comment la France avait cédé aux Américains, allant jusqu’à refuser qu’un avion transportant le président équatorien Evo Morales, et soupçonné d’avoir Snowden à son bord, de survoler son ciel (lire Espionnage: Hollande cède sous la pression des Etats-Unis)

Lors de la première demande en 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'intérieur, interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, s’était dit « pas très favorable » à ce que la France accueille Edward Snowden, alors même que, précisait-il, sa demande ne lui était pas parvenue. Il avait opportunément rappelé les « conventions » ainsi que les « relations » entre la France et les États-Unis. »

Une position réitérée ce mardi 4 juin par le même Manuel Valls, devenu entre-temps premier ministre. Celui-ci n’y est (toujours) « pas favorable »Il y a pourtant urgence à trouver une solution. Comme le rappellent les pétitionnaires, en « juillet prochain, le visa d'Edward Snowden arrivera à expiration en Russie » et « nul ne sait alors ce qu'il adviendra de lui dans le contexte international tendu qui est celui d'aujourd'hui ».

N'en déplaise au patron de France Inter, Philippe Val, qui déclarait récemment devant le Crif que Snowden était « un traitre à la démocratie », les signataires demandent à François Hollande, Manuel Valls et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères d’accueillir le lanceur d’alerte « sous le statut de réfugié politique en France, pays des droits de l'Homme et de la liberté de la presse ». Une telle éventualité avait déjà été évoquée dans nos colonnes, en juillet dernier, par Gérard Sadik, spécialiste du droit d’asile à la Cimade : « Juridiquement, sa demande n’est pas fantaisiste. Y compris s’il ne risque pas la peine de mort, il pourrait être considéré comme réfugié en raison de ses opinions politiques ou comme “combattant de la liberté” ».

Dès le mois de juillet 2013, Mediapart s’était mobilisé non seulement pour Edward Snowden, mais plus généralement pour tous les lanceurs d’alerte. Ainsi, le 10 août, Edwy Plenel publiait un parti-pris titré « Contre l’Etat d’exception », qui se proposait « de mettre en perspective, au-delà des nouvelles immédiates, l’aventure dont Edward Snowden est le protagoniste, faisant suite aux mésaventures de Bradley Manning et Julian Assange. »

Cette continuité de destin entre les lanceurs d’alerte ne s’arrête pas là. Qu’on pense à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, toujours bloqué, à cette heure, à l’ambassade équatorienne à Londres. Qu’on pense à Pierre Condamin-Gerbier, ancien banquier français en Suisse, retenu plus de deux mois et demi par les autorités helvètes, pour avoir voulu livrer des informations à la France sur le fonctionnement de la banque Reyl, citée dans l'affaire Cahuzac (incarcération contre laquelle nous avons organisé une conférence de presse à l'Assemblée le 17 juillet 2013).

Cette succession de (mauvaises) nouvelles, à l'été 2013, avait amené Mediapart, en association avec RSF, à organiser une grande soirée pour le droit de savoir, sous-titrée : « pour la liberté de la presse, pour la liberté d'expression, pour les lanceurs d'alerte », le 28 septembre. Vous pouvez la retrouver ci-dessous :

© Mediapart

 

Pour signer la pétition, c’est ici.

Premiers signataires :
Serge Abiteboul, Directeur de recherche à l'Inria et membre du Conseil national du numérique
Philippe Aigrain, Cofondateur de la Quadrature du Net
Francis Balle, Professeur de science politique à l'université Paris 2
Patrick Baudouin, Président d'honneur de la Fédération Internaionale des Ligues des droits de l'homme
Pierre Bergé, Président de la fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent
Jean-Michel Billaut, Président fondateur de l'Atelier BNP Paribas
Laurent Binet, Ecrivain
Pascal Boniface, Fondateur et directeur de l'Institut de relation internationales et stratégiques
Philippe Boucher, Conseiller d'Etat honoraire et ancien journaliste
Juan Branco, Chercheur à Yale
Rony Brauman, Ancien président de Médecins sans Frontières
Pascal Bruckner, Philosophe et écrivain
Daniel Cohn Bendit
Céline Curiol, Ecrivain, essayiste
Daniel Dardailler, World Wide Web Consortium
Olivier Duhamel, Publiciste
Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières
Joëlle Farchy, Universitaire
Luc Ferry, Philosophe et ancien ministre de la Jeunesse, de l’éducation nationale et de la Recherche
Cynthia Fleury-Perkins, Philosophe
Caroline Fourest, Essayiste
Léa Forestier, Avocate
Marcel Gauchet, Philosophe
Marie Georges, Planète informatique et libertés
Gaël Giraud, Economiste
Pierre Haski, Cofondateur de Rue89
Mahmoud Hussein, Politologue et islamologue
Jean-Noël, Jeanneney , Historien et ancien secrétaire d'état au commerce extérieur
Louis Joinet, Ancien directeur de la Commission nationale de l'informatique et des libertés
Jacques Julliard, Editorialiste
Daniel Kaplan, Délégué général de la Fondation pour l'Internet nouvelle génération
Bernard Kouchner, ancien Ministre des Affaires étrangères, cofondateur de Médecins sans frontières et Médecins du monde
Julia Kristeva, Psychanalyste
Jack Lang, Président de l'Institut du monde arabe
Antoine Lefèbure, Historien et spécialiste des nouvelles technologies
Philippe Lemoine, Président du Forum action modernités
Jean-Pierre Mignard, Avocat
Edgar Morin, Sociologue
Jean-Christophe Nothias, Directeur de Global Geneva
François Pelligrini, Commissaire à la Cnil
LouisPouzin, Ancien directeur adjoint de l'IRIA et l'un des pères de l'Internet
Sylvia Preuss-Laussinotte, Enseignante-chercheur
Olivier Py, Directeur du Festival d'Avignon
Jean-Michel Ribes, Metteur en scène
Matthieu Ricard, Moine bouddhiste
Michel Rocard, Ancien Premier ministre
Maurice Ronai, Commissaire à la Cnil
Elisabeth Roudinesco, Historienne et psychanalyste
Alain Touraine, Sociologue
Jean Viard, Directuer de recherche au CNRS
Patrick Weil, Directeur de recherche au CNRS
Michel Wieviorka, Sociologue

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Tous les commentaires

Demain à 16h30 le 5 mai : passage en force du PJLRenseignement à l'AN ...Criant
Ainsi, E Snowden remerciera la France de ne pas avoir voulu l'accueillir car cette loi liberticide et totalement floue lui rappellera ce qu'il a vécu avant ses révélations : cet immense dégout de ne pas supporter ce que ses employeurs lui demandaient de faire à ses concitoyens.
Demain, nous vivrons dans la nouvelle société Orwellienne décidée par notre gouvernement, soucieux de notre Sécurité au point de nous priver de notre liberté.
Le french Patriot Act, développé par de plus en plus de technologie, voulu par Urvoas, Valls et Cazeneuve saura nous espionner, nous écouter, capter nos transmissions, nous suspecter pour un oui ou un non, pour NOTRE BIEN !

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