Edwy Plenel et Fabrice Arfi mis en examen dans l'affaire Bettencourt

Edwy Plenel, Fabrice Arfi, journalistes à Mediapart, et notre ancien collègue Fabrice Lhomme ont été mis en examen, jeudi 5 avril à Bordeaux, pour recel d'atteinte à la vie privée, dans le cadre de l'affaire Bettencourt. A 14 heures, nous vous invitons à discuter avec Edwy Plenel et Fabrice Arfi de ce développement judiciaire que nous contestons fortement (lire notre billet ici).

Edwy Plenel, Fabrice Arfi, journalistes à Mediapart, et notre ancien collègue Fabrice Lhomme ont été mis en examen, jeudi 5 avril à Bordeaux, pour recel d'atteinte à la vie privée, dans le cadre de l'affaire Bettencourt. A 14 heures, nous vous invitons à discuter avec Edwy Plenel et Fabrice Arfi de ce développement judiciaire que nous contestons fortement (lire notre billet ici).

Edwy Plenel, président de Mediapart, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, ancien de Mediapart aujourd'hui au Monde, ont été mis en examen respectivement par les juges d'instruction bordelais Cécile Ramonatxo, Jean-Michel Gentil et Valérie Noël. Il est reproché à Mediapart d'avoir publié de larges extraits des enregistrements pirates réalisés par le majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, de mi-2009 à mi-2010, alors qu'il voulait démontrer les abus de faiblesse dont celle-ci était victime.

Le 29 mars, le directeur et le rédacteur en chef du Point, Franz Olivier Giesbert et Hervé Gattegno, avaient déjà été mis en examen pour la publication d'extraits.

Mediapart a contesté jeudi ces mises en examen, comme nous nous en étions expliqué mardi, à l'occasion d'une conférence de presse organisée par nos avocats (lire ici). Une plainte pour dénonciation calomnieuse a été déposée par nos avocats auprès du procureur de la République de Bordeaux. Fabrice Arfi et Edwy Plenel ont demandé aussi le statut de "témoin assisté" – qui implique que l'on n'est pas poursuivi, contrairement à celui du "mis en examen" – sans l'obtenir.

Edwy Plenel a cependant estimé auprès de l'AFP qu'à l'issue de près de trois heures d'audition, "les juges ont paru ébranlés mais qu'ils étaient prisonniers des décisions qu'ils avaient déjà prises concernant d'autres confrères". Nos confrères ont notamment rappelé que dans la "Boîte noire" accompagnant les articles sur l'affaire dès le 16 juin 2010, Mediapart précisait bien avoir fait le tri entre les éléments concernant "l'intimité des protagonistes" des enregistrements, qui avaient été "bien entendu exclus" de la publication, et "la partie consistante" de ces enregistrements portant sur "le fonctionnement de la République, le respect de sa loi commune et l'éthique de ses fonctions gouvernementales" qui a été publiée.

"D'une certaine façon nous avons protégé Mme Bettencourt", a assuré Edwy Plenel, jugeant qu'il "y aurait une ironie à ce que les journalistes sans lesquels l'affaire n'aurait pas pris un cours normal soient mis en examen dans le cadre du réquisitoire initial d'un procureur qui faisait tout pour entraver la marche de la vérité à l'été 2010".

"On a le sentiment d'être mis en examen pour avoir fait notre travail", a ajouté Fabrice Arfi, qui ne voit pas "en quoi les éléments publiés par Mediapart relèvent en quoi que ce soit de la vie privée". Fabrice Lhomme, co-auteur des articles, a déclaré qu'il "était nécessaire de publier les enregistrements".

De 13h00 à 15h00, posez vos questions à Edwy Plenel et Fabrice Arfi

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