Depuis le jeudi 14 janvier, Mediapart est aussi en librairie. Avec un livre, N'oubliez pas! Faits et gestes de la présidence Sarkozy, publié aux éditions Don Quichotte.


Ce livre de 296 pages est le prolongement du travail éditorial de l'équipe de Mediapart: 33 longues analyses inédites – fouillant aussi bien la politique économique, sociale, judiciaire que les réseaux d'influence, les mensonges du président ou les ravages à droite (voir le sommaire complet en fin de ce billet) – y jouxtent une quinzaine de contributions de lecteurs publiées sur le site et offrant des opinions, des regards experts et des sensibilités diverses. Le tout s'appuyant sur une chronologie de quelque 300 dates retraçant par le menu la période qui court du 6 mai 2007 au 6 novembre 2009 et qui a vu: un divorce et un mariage à l'Élysée; des vacances sur le yacht de Vincent Bolloré; l'injonction de lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les classes; le retrait du fichier Edvige; la plus longue grève des universités et les plus grandes manifestations de salariés depuis des décennies, etc.


 

Pourquoi ce livre? Un extrait de la préface y répond:


«Tout a été dit de l'extraordinaire capacité de Nicolas Sarkozy à dicter l'ordre du jour du débat public, à maîtriser l'agenda médiatique, à imposer que le système d'information de ce pays tourne tout entier autour du nouveau soleil élyséen. Avec deux conséquences: la première est un activisme échevelé puisqu'un flot d'annonces ou de mesures doit sans cesse alimenter la machine à fabriquer des histoires; la seconde est une personnalisation extrême, un “je” sans cesse affirmé et revendiqué puisque tous ces récits doivent converger vers l'acteur principal, le président.
Pour rendre compte de cette politique, il fallait donc briser le charme, échapper à ces techniques d'enchantement, passer les filtres et les écrans pour s'immerger autrement dans cette présidence inédite de la Ve République, inédite car la plupart des codes traditionnels de représentation, de décision et d'action ont été transgressés. C'est le projet de ce livre, oublier l'instant qui efface l'autre, les stratégies de communication et les péripéties de la saga sarkozyste, pour en revenir, tout simplement, au réel.
Car le réel frappe aujourd'hui à la porte de l'hyperprésidence. A mi-mandat, Nicolas Sarkozy est confronté à l'équation qu'ont eu à résoudre tous les présidents de la Ve République. Le projet initial, celui qui a porté la campagne électorale, s'épuise. Et le bilan émerge, par bribes, incomplet, discuté et forcément disputé puisque c'est à partir de ces éléments de bilan que se reconstruira l'entreprise sarkozyste. D'où l'urgence d'un inventaire et d'une autopsie des politiques menées durant les trente premiers mois de cette présidence. D'où l'urgence de ne pas oublier, alors que s'élaborent les stratégies de campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2012.»
Pour entrer davantage dans les détails, voici le sommaire (les astérisques signalent les contributions du Club de Mediapart)

– Préface: Retour au réel par François Bonnet, Sophie Dufau

– Des amis du Fouquet's à la promotion du fils Jean, par Antoine Perraud

– La singulière ouverture d'un gouvernement, par Gérard Desportes

– Le discours de Dakar: derrière le scandale, le néant de la politique en Afrique, par François Bonnet

– La loi Travail, emploi et pouvoir d'achat (Tepa), les riches vont pouvoir gagner plus, par Mathieu Magnaudeix et Martine Orange

– Justice: une mise au pas sous couvert de chambardement, par Erich Inciyan

– Les mots de l'absolutisme ordinaire, par Antoine Perraud

– Un géant du renseignement policier et l'extension du secret-défense, par Erich Inciyan

– OGM, taxe carbone... L'écolo-sarkozisme à l'épreuve de ses promesses, par Jade Lindgaard

– La faillite du slogan “Tous propriétaires”, par Michaël Hajdenberg

– La grande offensive contre la laïcité, par Gérard Desportes

– Avec Fadela Amara, l'invisible politique de la ville, par Michaël Hajdenberg

– Le journalisme pris au piège, par Edwy Plenel

– A Gandrange et ailleurs, des engagements jamais suivis d'effets, par Mathieu Magnaudeix

– Education: des réformes qui se résument à la suppression de 40 700 postes, par Louise Fessard

– Qui veut la peau de Carla Bruni, par Mathieu Potte-Bonneville*

– Union pour la Méditerranée, un mirage qui coûte cher, par Pierre Puchot

– Avec Obama, l'entente très distante, par Thomas Cantaloube

– La casse des services publics, par Martine Orange

– RSA: la naissance d'un régime de précarité assistée, par Serge Paugam *

– Service de l'Etat ou petits services entre amis, par Erich Inciyan

– “Réguler le capitalisme” sans rien en changer, par Ludovic Lamant

– La crise, une belle aubaine pour justifier les déficits, par Martine Orange

– Internet et création: des dogmes aux possibles, par Philippe Aigrain *

– Les zéros sont fatigués, par Dominique Conil *

– Obama ou le deuxième pas sur la Lune, par Ben Boukhtache *

– Le “fou dangereux”, nouvel argumentaire pour un discours sécuritaire, par Sophie Dufau

– La fin du droit des enfants, par François Colcombet *

– Sabotage des lignes TGV: du sacrilège religieux au sacrilège laïque, par Luc Boltanski* et Elisabeth Claverie*

– Immigration: l'état d'expulsion, par Carine Fouteau

– L'âme de la France au musée, par Nicolas Offenstadt*

– Aux Antilles, la rupture s'efface devant les réseaux chiraquiens, par Stéphane Alliès

– Petit lexique à l'usage des demandeurs d'emploi dans le vent, par Grain de sel *

– Universités: la stratégie du pourrissement, par Jade Lindgaard

– 367 morts, 365 jours, par Christophe Louis *

– Antilles: le texte intégral du Manifeste des neuf.

– Emploi: six promesses et leur bilan, par Mathieu Magnaudeix

– Recherche: Sarkozy a raison!, par Michael Löwy *

– Aux affidés, tous les cadeaux sont permis, par Laurent Mauduit

– Les mots ont un sens: Bilan de deux années, par Dominique Wittorski *

– Portiques à l'école et corps de garde, par Claude Lelièvre *

– La réforme des institutions au service d'une hyper-présidence, par Mathilde Mathieu

– Molex: “On se fait enfumer comme il faut”, par Frédéric Bourgade *

– Disparition du juge d'instruction: et l'indépendance?, par Renaud Chazal de Mauriac*

– De la poupée vaudou au procès Clearstream, la longue liste des plaintes d'un intouchable, par Fabrice Arfi

– Casse-toi, pauvre jeune, par Michaël Hajdenberg

– Des régions au Grand Paris, le retour à l'Etat centralisé, par Gérard Desportes et Michaël Hajdenberg

– L'arrogant président européen a dû rentrer dans le rang, par François Bonnet

– Un chapelet de mensonges

– Maltraitée et effarée, la droite se prend à douter, par Marine Turchi

– Postface: Une honte nationale, par Edwy Plenel

  • N'oubliez pas! Faits et gestes de la présidence Sarkozy, décryptage au jour le jour d'une contre-révolution.

Par la rédaction de Mediapart
Ed. Don Quichotte
296 pages, 19,90 €

 

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Tous les commentaires

Merci grâce a MEDIAPART la politique a de sens. je pense que le sarkozysme est piègé par les mensonges du PDG de la Sarkoland! La parole en politique devait-il avoir une valeur légale ?

Quelques exemples : travailler plus pour gagner plus le slogan emblématique de sa campagne ! « Je veux être le président du pouvoir d’achat ; » Faciliter l’accès au logement

« Depuis des années, on vous dit qu’on ne peut rien contre la crise du logement, et on laisse s’aggraver une pénurie qui a rendu la propriété impossible pour beaucoup d’entre vous et la location de plus en plus difficile. Cette situation ne peut pas durer. Je veux permettre à chaque ménage d’être propriétaire,... »

« J’augmenterais de 25% le minimum vieillesse, je revaloriserais les petites retraites… « Interdiction des parachutes dorés » « Un gouvernement réduit et paritaire ! » Est ce que vous avez oublié cette promesse de Sarkozy: Celle de donner 1/3 des profits des entreprises aux travailleurs, 1/3 au profit des actionnaires, et 1/3 pour les investissements.

Bio : « Je souhaite mettre en place une politique consistant à rendre, grâce à une fiscalité adaptée, tous les produits écologiquement bons moins chers que les autres produits.... »

« Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus, en mettant en place une Union méditerranéenne avec les pays du Sud, en donnant la priorité à l’Afrique. La fraternité, c’est la solidarité avec les pays pauvres et l’engagement dans les grandes causes humanitaires, dans la lutte contre la faim, la... (discours Zenith) »

« Il faut permettre aux agriculteurs de vivre davantage du fruit de leur travail. Aucun producteur, en effet, ne peut préférer vivre d’aides directes plutôt que du marché. Le niveau des aides dépendra donc du niveau des prix. Avec des prix plus hauts et plus rémunérateurs, * les aides seront moins indispensables. (…) »

« Comme souvent en France, en matière de chômage ou en matière de minima sociaux, on indemnise chichement, mais longtemps. Alors qu’il faudrait indemniser fortement, mais brièvement pour que chacun soit incité à reprendre rapidement un emploi. »

« J’aiderai les familles qui ont des difficultés à assumer leur mission éducative et responsabiliserai celles qui y renoncent par la mise sous tutelle des allocations familiales. »

Il sera intéressante de énumérer les dernières déclarations sans effet : Finir avec les paradis fiscaux, les patrons voyous ; qu’il empêcherait la fermeture des usines ; la baisse du chômage dans des semaines qui viennent ; aller chercher la croissance avec les dents etc, etc, etcParoles, paroles, paroles

Et le pire c'est la concentration et l'abus du pouvoir!