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Billet de blog 15 nov. 2022

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L’engagement écologique de Mediapart

À l’occasion de la COP27, notre rédaction présente dans un texte collectif son engagement écologique face aux dérèglements en cours, aussi bien notre façon d’en rendre compte que les mots que nous employons et le positionnement que nous revendiquons. Deux fils rouges nous guident : dénouer les mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre dans cette prédation généralisée, esquisser des pistes pour l’enrayer.

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Les travaux scientifiques sont sans appel : le changement climatique en cours a déjà conduit à une hausse de température de plus de 1,2 degré en moyenne sur la planète par rapport à l’ère préindustrielle ; et depuis 1900, l’abondance des espèces animales et végétales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 %. Ces bouleversements planétaires, dus aux activités humaines et à l’urbanisation galopante, ont entraîné des changements irréversibles. Mais il est encore possible de limiter l’étendue du désastre. Pour l’heure, dans une écrasante majorité de pays, les pouvoirs politiques et économiques n’en prennent pas le chemin.

C’est fort de ce constat que Mediapart travaille, depuis sa création en 2008, et en toute indépendance, sur les questions écologiques. Depuis, l’état de la planète s’est fortement aggravé : la hausse des températures et la détérioration du vivant sont allées plus vite que les scénarios scientifiques, les événements climatiques extrêmes se multiplient, et chaque été apporte son lot de nouveaux désastres, entre sécheresse record et apparition d’incendies dans des régions jusque-là épargnées.

Ces catastrophes sont la partie la plus spectaculaire, la plus saisissante, et donc la plus médiatisée des bouleversements en cours. Mais celles-ci sont loin, très loin de se limiter à des flammes incontrôlables et à un mercure anormalement élevé. Par son travail quotidien de décryptage de l’actualité, ses investigations, ses reportages sur le terrain et ses espaces de débats, Mediapart publie sur les thématiques écologiques quelle que soit l’actualité dominante du moment et débusque des scandales dont personne ne parle. Deux fils rouges nous guident : dénouer les mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre dans cette prédation généralisée, esquisser des pistes pour l’enrayer. Les désastres écologiques et climatiques ne sont pas une fatalité : il y a des responsables, il y a des victimes, et nos sociétés pourraient fonctionner autrement.

Fruit d’un sillon creusé depuis 14 ans, nourri par de multiples réflexions collectives depuis, enrichi par la croissance de notre équipe, notre traitement journalistique des questions écologiques s’est peu à peu aiguisé et nous a amenés à faire entendre une musique particulière dans un paysage médiatique resté longtemps ignorant de ces sujets.

Nous avons tout d’abord fait le choix, à Mediapart, de porter une attention particulière au vocabulaire employé dans nos articles. À l’heure du greenwashing (écoblanchiment) généralisé, des dénis et confusionnisme de toutes sortes, il nous a semblé vital de décrire la réalité aussi justement que possible.

Nous avons ainsi décidé d’utiliser le terme « écologie » pour regrouper, sur le site du journal, nos articles touchant à ces questions. Et d’éviter le plus possible dans nos contenus le mot « environnement », peut-être plus commun, mais qui a tendance à placer les humains en dehors du problème et en euphémise la gravité. À l’écoute des avancées de la recherche scientifique, nous avons affiné nos préférences : plutôt que de « nature », nous parlons d’« écosystèmes », de « milieux », du « vivant »…, autant de termes qui permettent d’éviter la rupture entre les règnes animal, humain et végétal.

Nous avons également fait le choix de ne pas employer les expressions « crise climatique » ou « crise de la biodiversité ». En effet, ce ne sont pas des phénomènes limités dans le temps, que l’on pourrait résoudre par des mesures temporaires. Nous n’employons pas non plus l’expression « réchauffement climatique », sauf pour décrire spécifiquement la hausse des températures moyennes - un aspect parmi d’autres des dérèglements en cours : allant dans le sens du consensus scientifique établi depuis plusieurs années, nous avons adopté les expressions « dérèglement climatique » et « changement climatique », ainsi que les termes « déclin », « effondrement » et « chute » de la biodiversité. Sans que cela nous empêche d’employer d’autres expressions : « catastrophe climatique », « chaos climatique », « bouleversements climatiques », « extinction de masse », « disparition des espèces »… apparaissent également dans nos colonnes.

Pour éviter les éléments de langage piégeux des politiques et la communication trompeuse des entreprises, nous portons une vigilance toute particulière aux stratégies de verdissement qui se glissent partout. Les « biocarburants » et le « biogaz », par exemple, n’ont rien de biologique. Nous préférons écrire « agrocarburants » et « gaz issu de la méthanisation ». De la même façon, nous utilisons dans nos écrits, du moins en première occurrence, les mots « pesticides », « insecticides », « engrais chimiques »…, plutôt que « produits phytosanitaires » ; tout comme nous évitons de parler de « gaz naturel » : ce gaz-là est tout simplement du « gaz », ou du « gaz fossile ». Le « gaz vert » n’existe pas.

Le droit de savoir, que nous devons à nos lectrices et lecteurs, c’est aussi un travail constant d’éclairage sur les conflits d’intérêts et les blocages politiques, institutionnels et économiques qui conduisent à l’aggravation des désastres écologiques. C’est pourquoi, outre le traitement nécessaire de l’actualité, nous enquêtons sur tous ces sujets. Construction d’un entrepôt logistique sur une commune, lobbies à l’œuvre pour empêcher une nouvelle législation, déforestation à l’autre bout de la planète… Des petits arrangements locaux aux négociations internationales de la COP sur le climat, l’écologie est partout, et à chaque niveau, de puissants intérêts particuliers vont à l’encontre de l’intérêt général.

Dans cette lutte généralisée, les populations les plus vulnérables et les pays les plus démunis sont les premières victimes, les classes privilégiées et les pays riches les plus gros pollueurs. Notre traitement des questions écologiques n’est pas aveugle sur ces rapports économiques et sociaux : nous les décryptons et les dénonçons pour mettre en lumière les stratégies criminelles à l’œuvre, autant pour la planète que pour les populations humaines.

Cette transparence et la diversité de nos sujets d’enquête ne seraient pas possibles sans une stricte indépendance. Indépendance par rapport à de potentiels investisseurs, indépendance par rapport à la publicité : sans lien aucun avec l’industrie agrochimique, l’industrie nucléaire, les laboratoires pharmaceutiques, les producteurs d’énergies fossiles, les banques finançant ces mêmes entreprises, les sociétés d’armement ou du BTP…, nous avons les coudées franches pour enquêter à tous les niveaux de la chaîne des fossoyeurs du climat et de la biodiversité.

Aujourd’hui, à Mediapart, un poste de la rédaction est entièrement dédié à la question climatique. Mais les désastres écologiques en cours touchant à bien d’autres aspects, un autre poste a été créé, en septembre 2019, pour couvrir le secteur agricole et ses impacts sur le vivant, tandis que nous continuons de traiter, comme nous l’avons toujours fait, les pollutions urbaines et industrielles, ainsi que les enjeux d’écologie urbaine.

Si, quotidiennement, c’est le « pôle écologie » du journal (constitué de Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot) qui est en première ligne, la thématique écologique infuse aujourd’hui dans l’ensemble du journal. C’est ainsi que le « pôle économie » traite régulièrement des questions énergétiques et des stratégies carbone des entreprises, que le « pôle société » a ouvert, ce mois de septembre, un poste consacré au logement, dont l’un des axes tourne autour de la rénovation énergétique du secteur, et que nos correspondantes et correspondants à l’international réalisent régulièrement des reportages sur des espaces menacés.

Notre couverture des questions écologiques est aussi fortement liée à notre communauté de lectrices et lecteurs : l’espace de débats constitué par Le Club de Mediapart s’enrichit continuellement de contributions sur les thématiques écologiques, tandis que nous recevons de plus en plus souvent des alertes donnant lieu à des enquêtes. Signe de cette dynamique, mais aussi d’une attente à notre égard, la « Lettre Écologie » quinzomadaire envoyée par courriel depuis l’an dernier a par ailleurs très vite trouvé un important public (abonné·es comme non abonné·es du journal), avec son édito donnant le la sur l’actualité écologique du moment.

À Mediapart, un « comité écologie » s’est également formé au printemps 2021, avec pour objectif d’évoluer vers une organisation aux pratiques plus écologiques. Constitué de personnes issues de tous les services de l’entreprise, ce groupe a enclenché ces derniers mois une réflexion autour d’une formation de nos équipes et de la réduction de notre empreinte carbone. Se mobiliser, être dans l’action - plutôt que dans l’abattement et la dépolitisation : telle est la voie journalistique que nous avons empruntée pour faire face au désastre.

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