Pour ses dix ans, offrez Mediapart !

Mediapart aura dix ans en 2018. Un bon moyen de les fêter, c’est d’offrir un abonnement à votre entourage, famille, proches et amis. Albert Camus, Victor Hugo et Paul Ricœur vous y invitent…

En mars prochain, nous fêterons avec vous une décennie de combat pour un journalisme libre, pour une presse participative, pour un média indépendant, ne vivant que du soutien de ses lecteurs. Dix ans durant lesquels nous avons essayé de rester fidèles au programme repris dans notre manifeste à l’enseigne d’Albert Camus : élever ce pays en élevant son langage, autrement dit cheminer loin des violences et des virulences, des détestations et des méchancetés, des bassesses et des calomnies, des haines et des peurs.

« Notre désir, avait écrit Camus dans l’éditorial de Combat le 31 août 1944, d’autant plus profond qu’il était souvent muet, était de libérer les journaux de l’argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu’il y a de meilleur en lui. Nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous étions décidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage. »

En chemin, nous avons aussi croisé Victor Hugo, rappelant qu’un vrai journal doit allier le fait et l’idée, le service du droit de savoir du public avec le souci de relever les défis de son époque. « Je me suis souvent figuré un immense livre pour le peuple. Ce livre serait le livre du fait, rien de plus en apparence, et en réalité le livre de l’idée », écrivait-il dans sa lettre aux rédacteurs du Peuple souverain, le 14 mai 1872, leur recommandant de contribuer à cette « œuvre excellente qui a pour but de condenser le collectif dans l’individuel, et de donner à tout peuple un cœur d’honnête homme, et à tout homme une âme de grand peuple. »

Plus récemment, face aux facilités médiatiques qui préfèrent épouser les préjugés communs plutôt que d’inviter à penser l’avenir, nous avons aussi trouvé cette mise en garde du philosophe Paul Ricœur, dans sa préface au livre pionnier de Jean Scwœbel, La Presse, le Pouvoir et l’Argent, paru en 1968. La relire en cette fin d’année 2017, après la campagne de dénigrement dont Mediapart a été la cible, c’est prendre conscience de l’éternité de ce combat pour la dignité et l’intégrité de l’information.

« La lutte pour l’indépendance des rédacteurs de presse, face au Pouvoir et à l’Argent, est un combat avec et contre le reste des mass media, écrivait ainsi Paul Ricœur. Ceux-ci ont deux pentes : descendante et montante. La pente descendante, c’est celle de la presse commercialisée pour qui l’information est une marchandise. Soumise aux impératifs de la publicité et des gros tirages, livrée à la recherche du sensationnel, elle amplifie les préjugés et les haines, et entretient l’égoïsme collectif des nations nanties, le chauvinisme instinctif et le racisme latent de la population. La presse de qualité est alors responsable, non seulement d’informer sur les faits et les événements, non seulement d’expliquer les tendances profondes de la société, mais encore de “parler contre” les préjugés de la foule. Ce que le public doit réclamer, ce dont il doit avoir l’appétit, c’est d’une presse qui résiste à cette pesanteur des mass media et lutte contre la tentation de manipuler, de dégrader, et parfois d’avilir, qui est celle de la presse commercialisée ».

Mediapart essaye de s’inscrire dans cette longue tradition où le journalisme est au service de l’élévation du débat public et de la conscience commune. Son originalité est d’avoir rajeuni cette tradition à la source de la modernité, en la réinventant dans l’écosystème d’une presse radicalement numérique, tissée de liens, prolongée d’échanges, faite de relations et de partages, de diversité et de pluralité, d’horizontalité et de profondeur, de multiplicité des formats, des styles et des acteurs. En ce sens, Mediapart est bien l’ébauche de la nouvelle presse du XXIe siècle, laboratoire de son invention et démonstration de sa valeur.

C’est pourquoi offrir Mediapart, ce n’est pas seulement faire un cadeau. C’est aussi se faire une promesse : ne pas subir la peur, ne pas céder à la haine, ne pas renoncer à l’espoir.

> Offrez Mediapart, offrez l’indépendance, offrez la qualité

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