L’actu dessinée: réforme du travail, Poker ou Monopoly?

« Coup d’Etat social » pour Jean-Luc Mélenchon, « étape importante » pour le Medef : les ordonnances de la réforme du code du travail viennent d’être dévoilées. Le moment pour La Revue Dessinée de comparer cette manière de « faire la loi » à celle expérimentée, à l’époque de Bercy, par le ministre Emmanuel Macron. Une rentrée très politique pour votre rendez-vous dessiné du vendredi !

Nous y sommes. Après trois mois ponctués de spéculations en tout genre, de fuites des documents préparatoires et de déluges de commentaires, le contenu de la réforme du code du travail apparaît au grand jour : ce jeudi le gouvernement a présenté les 5 ordonnances et leurs 36 mesures prêtes à être disséquées, analysées, commentées.   

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« Révolution copernicienne » ou non, les évolutions sont de taille : révision à la baisse des indemnités aux prud’hommes, transfert du lieu de certaines négociations de la branche vers l'entreprise et fusion des instances de représentation du personnel laissent présager, dans les entreprises, un accroissement du pouvoir des dirigeants.
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A quelques nuances près – relevons tout de même la hausse de 25 % des indemnités de licenciement - le code du travail change de vocation : la « protection des salariés » cédant la place à la « sécurisation » des employeurs.

Au risque de voir ce mouvement de balancier fragiliser les premiers ? En guise de garde-fou, la ministre du travail Muriel Pénicaud fait « un pari sur la confiance et sur l’intelligence collective des entreprises et des salariés ».

Président échaudé ?

Mais passons sur le fond, objet d’analyses plus pointues ailleurs sur Médiapart, et revenons sur la méthode. Pour accoucher de cette réforme, le pouvoir n’a pas suivi le chemin le plus classique de la fabrique d’une loi. Ce chemin nous vous le retracions dans la bande dessinée « à l’état de projet ». Publiée en deux volets dans les numéros 13 et 15 de La Revue Dessinée, cette enquête raconte, façon partie de Monopoly, la genèse de la Loi Macron rendant ainsi moins obscur le fonctionnement de nos institutions. 

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Réunions interministérielles, mission d’évaluation, navettes parlementaires, ... en portant ce texte « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », le ministre Emmanuel Macron découvrait en 2015 l’art délicat de faire entériner un projet de loi. La patience de l’exécutif épuisée, l’histoire s’était soldée par un joker : l’usage du 49-3.

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Cette expérience aurait-elle échaudé l’actuel président au point de lui faire opter pour une autre stratégie ? C’est ce que suggère la partie engagée au printemps dernier. Quand Emmanuel Macron est passé de Berçy à l’Elysée, avec sous le bras sa promesse de campagne de réformer le code du travail, le Monopoly est devenu Poker : aux débats carte sur table du parlement se sont substitué d’épineuses et opaques négociations multilatérales.

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Pour mesurer la différence entre ces deux tactiques, on ne saurait que trop vous conseiller de regarder le processus législatif qui s’achève à la lumière de la bande dessinée des journalistes du Monde Hélène Bekmezian et Patrick Roger et du dessinateur Aurel. 

En cette rentrée de l’« actu dessinée », tandis que le Canard Enchaîné rapporte la mort suspecte de 13 chiens sur les bords de la Loire, nous aurions également pu vous parler d’engrais chimiques et d’algues tueuses – sujet auquel nous consacrons une vaste enquête dans notre prochain numéro à paraître le 8 septembre en librairie. Mais nous vous laissons souffler et gardons ce sujet au chaud pour vendredi prochain ! 

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