L'actu dessinée: enfouir les algues vertes, spéculer sur les ouragans

Le 8 septembre 2016, un corps inerte est découvert sur une plage infestée par les algues vertes. Affaire classée sans suite. Malgré la multiplication des morts humaines suspectes, le lien n'a jamais été établi. Pendant des mois, du littoral aux élevages porcins, La Revue Dessinée a mené l'enquête. Son travail est au cœur de notre numéro #17 en librairie ce jour.

Il y a un an jour pour jour, un homme parti faire son footing sur la plage était retrouvé mort dans la baie de Saint-Brieuc.

 © Pierre Van Hove © Pierre Van Hove

Cette version laisse les journalistes sceptiques. À cet endroit même, à Hillion dans l'estuaire du Gouessant, 36 sangliers étaient retrouvés sans vie cinq ans auparavant. Les expertises avaient alors conclu que la mort des animaux était, de façon hautement probablement, liée à la présence d'hydrogène sulfuré produit par la putréfaction des algues vertes. 

 © Pierre Van Hove © Pierre Van Hove

N'en déplaise au procureur de la République, les militants écologistes non plus ne sont pas convaincus par la version de l'envasement et du banal arrêt cardiaque. Ils se rendent place pour mener leurs propres analyses.

 © Pierre Van Hove © Pierre Van Hove

Résultat : le taux d'hydrogène - 360 ppm - frôle ceux pouvant conduire à la mort. Malgré ces soupçons, le corps du joggeur est très vite enterré sans qu'aucune analyse soit diligentée.

Des corps inhumés avant d’être autopsiés, des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des jeux d’influence, des intimidations et un silence de plomb. Ne cherchez pas plus loin les ingrédients d’un bon polar. Depuis la fin des années 1980, au moins quarante animaux et trois hommes se sont aventurés sur une plage, ont foulé l'estran et y ont trouvé la mort. 

 © Pierre Van Hove © Pierre Van Hove

Pour mener l'enquête sur ces morts suspectes, la journaliste Inès Léraud s'est installé dans un hameau breton. Avec le dessinateur Pierre Van Hove, elle livre un implacable récit, fruit de plus d'un an de travail. Cette enquête en bande dessinée est au coeur du numéro #17 de La Revue Dessinée qui sort en librairie aujourd'hui. 

 © Pierre Van Hove © Pierre Van Hove
Dans ce reportage en bande dessinée, les auteurs ont déroulé le fil et sont remontés à la racine. La pièce manquante du puzzle se niche dans la nébuleuse mêlant gros bonnets de l’agro-industrie et scientifiques à la déontologie suspecte.

Leur credo : faire croire que le lien entre les morts suspectes et les algues vertes n'existe pas, pas plus que celui entre les rejets de l'agriculture intensive et les algues vertes. Marchands de doute ? Certains sont coutumiers du fait : dans leurs rangs on trouve des climato-sceptiques notoires.

 © Pierre Lecrenier © Pierre Lecrenier
Et puisque l'on aborde le sujet du réchauffement climatique. En ces jours où l'ouragan Irma laisse les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy dévastées et menace de frapper les Etats-Unis, on aurait bien aimer vous parler aussi des mécanismes par lesquels les désastres qui frappent les uns font les affaires des autres. Vous l'aurez deviné, ces mécanismes sont financiers, ils sont ce qu'on appelle les cat bonds, les obligations catastrophes, des placements très rentables indexés sur la probabilité des drames environnementaux. Cette autre enquête signée Pierre Lecrenier et Carole Suhas est à retrouver dans le numéro #12 de La Revue Dessinée.

Et, ce jour de sortie en librairie, on ne pourrait pas vous quitter sans vous toucher un mot du sommaire du numéro #17. Dans nos 228 pages d'enquête et de reportage en bande dessinée, vous trouverez la fameuse bande dessinée sur les algues vertes mais aussi : 

 © François Roca © François Roca

 

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