L'actu dessinée : armer les enseignants, l'idée de Trump chère aux lobbyistes

Le 14 février, une fusillade dans un lycée de Parkland (Floride) a relancé le débat sur les armes à feu aux États-Unis. Entre pro et anti-gun, la société américaine est divisée. En suggérant d'armer les enseignants, Donald Trump se positionne clairement dans le premier camp. Ses mots ressemblent à s'y méprendre à ceux de la NRA, un lobby bien armé.

D'abord, il y a eu le deuil, les bougies, les pleurs puis, très vite, s'y sont ajoutées la colère, les diatribes et les revendications. Une semaine après la tuerie de Parkland (Floride), qui a fait dix-sept morts le 14 février, des milliers de lycéens et d'étudiants se sont rassemblés à Tallahassee, la capitale de cet État, l'un des plus laxistes des États-Unis en matière de règlementation des armes à feu. Là, transformant leur traumatisme en véhémence, ils ont exigé une réforme des armes à feu. 

 © Benjamin Adam © Benjamin Adam

Inédite, la mobilisation a vocation à prendre de l'ampleur. Les jeunes de Parkland ont appelé à "Une marche pour nos vies", ce dimanche 24 à Washington.

Les ventes d'armes s'envolent après les tueries, les dons à la NRA aussi.

Devant les mêmes événements tragiques, le lobby des armes – la redoutable National Rifle Association (NRA) – prône une solution diamétralement opposée : pour parer aux tueries, rien de tel que le surarmement.

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Répondre aux armes par les armes est aussi le mantra de Donald Trump. Dans la foulée de la tuerie de Parkland, le président des États-Unis a suggéré que 20 % des équipes pédagogiques puissent être armées. "Les enseignants auraient un pistolet dissimulé sur eux. Ils recevraient une formation spéciale", a-t-il expliqué, reprenant le credo de certains lobbyistes de la NRA pour qui l'actuelle interdiction des armes à feu dans les établissements scolaires transformerait ceux-ci en cible privilégiée des détraqués.

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À l'image de ses prédécesseurs, Donald Trump peut difficilement ignorer la force de frappe de cette association qui, ces quinze dernières années, a entravé, avec succès, tout durcissement de la règlementation. Extrêmement influente dans la sphère politique grâce à son vivier de sympathisants,  elle l'est plus encore du fait de sa générosité…
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Au cours du mandat précédant, Barack Obama s'y est heurté de plein fouet en tentant vainement de durcir (un peu) la règlementation. C'est ce que nous racontions dans cette bande dessinée de Guillemette Faure et de Benjamin Adam, publiée dans le premier numéro de TOPO et à retouver en accès libre ici : https://issuu.com/topo75/docs/40-51_obama

À l'inverse, l'actuel président se révèle être un militant "pro-gun" plutôt zélé.

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De fait, Donald Trump parle souvent avec les mêmes mots que les membres de la NRA, faisant sien l'argument phare de l'association selon lequel "pour arrêter un méchant avec un revolver, rien de tel qu'un gentil avec un revolver".

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Fort de cette logique imparable (et pas manichéenne pour un sou), comment expliquer que le taux d'homicides par armes à feu soit plus élevé aux États-Unis que dans les pays qui, comme l'Australie, ont durci les règles ? C'est la réflexion qu'aurait peut-être pu avoir Donald Trump au moment où avait lieu la fusillade de Parkland, s'il n'avait pas été plus occupé, à quelque 60 kilomètres de là, à jouer au golf...

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