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Billet de blog 23 juin 2018

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L'actu dessinée : la Turquie à l'heure du vote

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Ce dimanche 24 juin est un jour décisif pour la Turquie. Pour la première fois, les élections parlementaires se doublent d'une présidentielle anticipée, comme l’a voulu Recep Tayyip Erdogan. Au pouvoir depuis quinze ans, le « Reïs » a façonné un régime politique à son image, nationaliste et autoritaire. Retour, en dessin, sur les moments charnières de ce glissement.

Ce dimanche, les citoyens turcs éliront simultanément leurs députés et leur président de la République. Le président sortant, au gouvernement depuis 2003, brigue un nouveau mandat. Mais les élections ont pris une tournure inattendue : des partis nationalistes, islamistes et socio-démocrates se sont unis au sein d’une coalition politique qui s’apparente, selon le politologue Ahmet Insel au micro de France Inter, à un positionnement « contre le régime d’un seul homme »Ce régime, c’est celui que Recep Tayyip Erdogan s’emploie à batir, au gré des opportunités, depuis bientôt quinze ans.

Dans un reportage publié dans le numéro #19 de La Revue Dessinée, le dessinateur Benjamin Bachelier et le journaliste Guillaume Perrier, spécialiste de la Turquie, retracent ce basculement vers l’autoritarisme.

En 2004, le journaliste s’installe à Istanbul en tant que correspondant pour le quotidien Le Monde. Le 16 décembre, la Turquie est reconnue comme pays candidat à l’Union européenne. Plusieurs réformes menées durant le premier mandat d’Erdogan, alors Premier ministre, sont considérées comme des avancées démocratiques. 

© Guillaume Perrier et Benjamin Bachelier

Certains pays, à l’image de la France, de l’Allemagne, ou de Chypre restent néanmoins frileux quant à l'adhésion de la Turquie. À la fin des années 2000, la politique gouvernementale devient de plus en plus nationaliste et autoritaire.

© Guillaume Perrier et Benjamin Bachelier

Ce durcissement n’affaiblit pas la popularité d’Erdogan : aux élections législatives de 2011, il remporte un franc succès et rassemble quasiment un électeur sur deux. Pourtant, des voix critiques s’élèvent : en mai 2013, des militants pacifiques se rassemblent place Taksim pour protester contre la destruction du parc Gezi. Le mouvement prend de l’ampleur et quelques jours plus tard, des milliers de personnes se rendent à Taksim pour contester le pouvoir en place.

© Guillaume Perrier et Benjamin Bachelier

La vis se resserre progressivement, le pays connaît alors des vagues d’arrestation. Dans le même temps, les attentats terroristes se multiplient. Le président profite de ce climat d'insécurité pour s’imposer en homme fort et justifier la restriction des libertés.

© Guillaume Perrier et Benjamin Bachelier

Le point d’orgue de la dérive autoritaire du gouvernement d'Erdogan fait suite au putsch manqué le 15 juillet 2016, mené par une faction militaire. Cinq jours plus tard, Erdogan déclare l’État d’urgence, prolongé six fois depuis.

Dans un discours resté célèbre, prononcé en 1996 alors qu’il était maire d’Istanbul, Erdogan laissait déjà entrevoir sa conception de la politique : 

© Guillaume Perrier et Benjamin Bachelier

A l'heure où les citoyens turcs sont appelés aux urnes, plusieurs observateurs étrangers se sont vus refuser l’entrée sur le territoire turc et les arrestations de dissidents et de journalistes* se poursuivent. Malgré la fermeté du régime, les partis d’opposition sont tout de même parvenus à faire entendre leurs voix. Preuve que les efforts d’Erdogan pour museler ses détracteurs n’ont pas eu raison de la contestation.

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* Selon le site Turkey Purge, 319 journalistes ont été arrêtés depuis 2016.

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