L'actu dessinée : une longue marche pour les droits et les fiertés

« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! ». Tel est le mot d’ordre que l’Inter-LGBT a choisi de scander le 30 juin afin de dénoncer les agissements homophobes en Russie, alors que la Coupe du monde de foot y bat son plein. L’homosexualité reste illégale dans 72 pays, parfois punie par des peines de mort. En France, la dernière avancée pour les couples de même sexe est l’obtention, il y a cinq ans, du droit de se marier. Mais la lutte pour l'égalité des droits et l'affirmation de soi a démarré des décennies plus tôt. 

 © Guillaume Lecaplain - Pochep © Guillaume Lecaplain - Pochep

Dans le reportage « Paris sans Interdit » paru dans le numéro #12 de La Revue Dessinée, Guillaume Lecaplain et Pochep nous mènent dans le Paris gay des années 70. Une décennie d’intense libération des mœurs durant laquelle la communauté homosexuelle se réunissait autour de la rue Saint-Anne, dans l’actuel quartier japonais. Les soirées étaient rythmées par le disco, les musiques noires et brésiliennes que les boîtes de nuit diffusaient. Didier Lestrade, l’un des fondateurs de l’association militante Act Up-Paris, se remémore l’insouciance de cette époque :

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Une parenthèse enchantée, avant l’apparition du Sida, qui vu naître le militantisme LGBT. Dans les années 70, l’homosexualité est considérée comme un délit par la loi française. La majorité sexuelle est fixée à 21 ans pour les personnes homosexuelles, au lieu de 15 ans pour les hétérosexuels. Les personnes du monde du spectacle ou de la politique qui fréquentent ce milieu sont fichés, comme l’indique Lucien Aimé-Blanc, un ancien policier de la brigade mondaine de Paris :
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Au début des années 80, la communauté, décimée par l’épidémie du Sida, souhaite s’afficher librement dans l’espace public. Le Marais devient alors le nouveau quartier où se rassemblent ses membres.

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Cette volonté de visibilité est aujourd’hui soutenue par la maire de Paris : le 27 juin, Anne Hidalgo a annoncé sur Twitter que les passages piétons arc-en-ciel peints à l’occasion de la Marche des Fiertés seront permanents. Pour autant, les avancées des droits LGBT ne sont pas du goût de tout le monde.

Dans le numéro #18 de La Revue Dessinée, Geoffrey Bonnefoy et Nicoby reviennent sur la Manif pour Tous, mouvement né de la contestation du projet de loi de Christiane Taubira.

 © Geoffrey Bonnefoy - Nicoby © Geoffrey Bonnefoy - Nicoby

 Les milieux catholiques conservateurs étaient alors montés au créneau, s’engageant contre le mariage homosexuel, la supposée « théorie des genres », la gestation pour autrui (GPA) et l’avortement. 

La loi sur le mariage pour les couples de même sexe adoptée, la Manif pour Tous reste cependant active et continue de se mobiliser sur des questions d’actualité. La dernière en date, la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes (femmes en couples et femmes célibataires). Cette promesse de campagne non-tenue par François Hollande que l’on retrouvait dans le programme d’Emmanuel Macron.

 © Geoffrey Bonnefoy - Nicoby © Geoffrey Bonnefoy - Nicoby

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Les droits LGBT gagnent progressivement du terrain, mais les chiffres sur la violence, eux, ne baissent pas. Les résultats des récentes enquêtes se recoupent : les agressions ont augmenté de 5% depuis l’an dernier selon le rapport de SOS Homophobie, et l’Ifop constate que 53 % des personnes LGBT ont fait l’objet d’une forme d’agression à caractère homophobe au cours de leur vie. Plus de 6 personnes sur 10 disent « adapter » leur comportement pour éviter d’être victimes d’homophobie, notamment dans l’espace public. Une prudence qu’ils pourront oublier ce samedi, le temps d’une marche.

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