La SDJ de Mediapart s’inquiète des procédures judiciaires lancées à l’encontre du journaliste Gaspard Glanz, fondateur du média indépendant Taranis News, arrêté le 26 octobre pendant qu’il tournait un reportage sur l’évacuation de « la jungle » de Calais. Alors que ses demandes d’accréditation auprès de la préfecture étaient restées sans réponse, il  a découvert sur place qu’il était interdit de séjour sur le territoire de l’arrondissement de Calais jusqu’à la fin de l’état d’urgence. Il est également soumis à un contrôle judiciaire avec pointage hebdomadaire au commissariat de Strasbourg, sa ville de résidence. Il fait appel de cette disposition.

Restreindre la liberté de mouvement d'un reporter est une décision lourde en démocratie et pénalisante financièrement. Empêcher des journalistes de couvrir des opérations policières particulièrement sensibles constitue une grave infraction à l’exercice de la liberté d’informer. Quelle réalité la puissance publique cherche-t-elle à occulter en visant les photographes et reporters vidéos régulièrement attaqués cette année lors de leur couverture des mouvements sociaux ?

La multiplication des poursuites pour des motifs contestables au regard de la liberté d’expression donne le sentiment d’un harcèlement à l’égard de Gaspard Glanz. La rédaction de Mediapart suivra avec attention le déroulé de ses procès à venir car ils ne concernent pas seulement le sort d’un journaliste professionnel même s’il ne possède pas de carte de presse, mais bien le respect des droits et de l’indépendance de toute une profession.

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