Bouteflika ou l'égérie d'un système paralysé

À une jeunesse sur le chemin de la liberté ...

Nietzsche disait: "La folie est quelque chose de rare chez l'individu, elle est la règle pour les groupes, les partis, les peuples, les époques."

Et si l'on interrogeait individuellement les citoyens algériens, leur rejet du système ferait probablement l'unanimité. Liberté, justice, égalité, éducation et tant d'autres manquent dans un pays qui compte plus de 50 % de moins de 30 ans. Y a-t-il encore un lien entre une classe dirigeante sclérosée à l'image de son chef de l'État et d'une jeunesse qui cherche l'enivrement d'une liberté qui lui revient. Et pourtant, une poignée d'apparatchiks pilote le pays comme si aucun passager n'était à bord.  Tristesse d'un peuple anesthésié par un système qui lui fait croire à sa propre folie. Et comment ne pas croire à sa propre folie quand les plus grandes démocraties soutiennent "un régime qui fait des progrès non négligeables"? Et donc quoi?

Il est si simple de jeter la pierre sur des forces supérieures ou extérieures. Pourtant, toi jeunesse, il te faut accepter le constat d'une situation à laquelle tu as contribué. Tu ne peux renier la léthargie dans laquelle tu t'enfonces et qui t'empêche de déployer l'immensité de tes ailes sur ta propre destinée. Je te tutoie pour que tu saches combien ma propre jeunesse se voit en toi, combien elle soutient tes pas. Il te revient de trouver ta voie, il te revient de construire ta liberté, il te revient d'imaginer ta propre utopie. Et je souhaite que ton réveil ne se limite pas à un nationalisme stupide ou a plongé dans les entrailles du radicalisme religieux ni même à te conformer aux puissances occidentales. Et surtout, j'espère que tu trouveras au fond de toi la force de te façonner à l'image de ce que tu cherches à être, pas à ce que l'on cherche à faire de toi …

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