Cher pays de notre enfance: une enquête dessinée sur le SAC et les milices patronales

Dans une passionnante enquête, publiée chez Futuropolis, le journaliste Benoît Collombat et le dessinateur Etienne Davodeau retracent l'histoire du Service d'Action Civique, aux frontières du crime et de la politique. Pendant des décennies, le SAC récoltait des fonds et terrorisait les ennemis de la droite française.

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C'est en juillet 1981 que le grand public découvre de quelle barbarie est capable le SAC.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_d%27Auriol

Mais les militants de gauche connaissent bien, et depuis longtemps, cette officine de police parallèle, intouchable, qui finance la droite française et terrorise ses opposants.

Le journaliste Benoît Collombat et le dessinateur Etienne Davodeau reconstituent, dans cette enquête au long cours (215 planches dessinées !) l'histoire très violente du SAC.

Les principaux protagonistes de cette histoire sont décédés, parfois prématurément, ou sont à présent très âgés.

Les deux auteurs rencontrent les survivants de ces "années de plomb" françaises, et recueillent leurs témoignages.

On revient ainsi sur le hold-up de Strasbourg, qui aurait permis de financer l'UDR, sur l'assassinat du juge Renaud, qui avait manifestement fait des découvertes gènantes sur cette affaire, sur la tuerie d'Auriol, mais aussi sur le rôle du SAC dans l'intimidation des militants syndicalistes.

Le cinéaste Yves Boisset, auteur du film " le juge Fayard, dit Le shériff ", témoigne de l'impunité dont bénéficiait le SAC:

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La dernière partie de cette histoire d'une certaine droite est consacrée à la mort de Robert Boulin.

Benoît Collombat, auteur d'un livre sur ce sujet, rappelle les multiples invraisemblances qui rendent peu crédible la thèse officielle du suicide.

Selon son enquête, Robert Boulin aurait été violemment frappé, puis assassiné, parce qu'il s'apprêtait à parler du financement de la droite française par des collectes de fonds venus des réseaux de la "Françafrique".

Un livre passionnant, auquel on reprochera peut-être seulement un oubli.

Pas un mot sur la mort de Pierre Maître.

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C'est pourtant à la suite de la mort de cet ouvier rémois que la CFT a dû changer de nom, pour devenir la CSL.

http://www.humanite.fr/node/372314

 

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