Attentat au glyphosate contre des agriculteurs bio

Un couple d'agriculteurs installés en agriculture biologique, près d'Aix en Provence, a vu ses serres détruites et aspergées de fortes doses de glyphosate. Conséquences: hospitalisation du mari, et obligation de repartir à zéro pour l'exploitation...

L'affaire est relatée par France 3 et France Info.

Installé en agriculture biologique, près d'Aix en Provence, un couple de maraîchers a vu ses serres détruites et ses plantations arrosées de glyphosate ( dose quinze fois supérieure à la normale).

Ce n'est pas la première fois que ce couple est victime d'actes de malveillance.

Les plaintes déposées à la gendarmerie ont systématiquement été classées sans suite.

Mais la dernière attaque a pris une dimension exceptionnelle.

Ne s'étant pas immédiatement rendu compte que ses plantations avaient été pulvérisées à haute dose avec du glyphosate, le maraîcher a continué à y travailler,pendant des heures.

"Les plantes ont résisté quatre jours. Mais durant ce laps de temps, j'ai travaillé parfois avec un de mes employés dans les serres. Le premier jour, j'ai fait six heures consécutives dedans. Le produit est inodore et incolore donc je ne pouvais pas m'en rendre compte", indique Tristan Arlaud.

Sa santé se détériore alors rapidement. Il perd 7 kilos en 10 jours. L'agriculteur ira même par deux fois à l'hôpital. Il a 8 jours d'Incapacité totale de travail.

"Au bout de deux jours, j'avais moins d'énergie, des nausées, des vomissements. Pendant une semaine, mon cerveau n'arrivait pas à retenir ce qu'on me disait. J'ai été clairement intoxiqué", rapporte Tristan Arlaud."

(extrait de l'article de France 3 mis en lien).

"Mon mari a continué à nettoyer ses tomates, à entretenir les plants", raconte Oriane Arlaud. Mais sans s'en rendre compte immédiatement, l'inhalation et le contact avec le produit l'empoisonnent. Et il se retrouve à l'hôpital. "C'était des vomissements, des diarrhées, des troubles de la vision, puis une perte d'énergie totale", poursuit Oriane Arlaud qui estime pourtant avoir eu de la chance. 

glyphosate

(Capture d'écran à partir de l'article de France Info mis en lien)

Par ailleurs , " six serres sur neuf ont été aspergées. Outre leur santé, les exploitants perdent le bénéfice d'un travail de quinze ans.

"Nous allons repartir sur deux ans pour obtenir à nouveau une conversion en bio", dit Tristan Arlaud."

(extrait de l'article de France 3).

" Après une série d'analyses, les maraîchers apprennent que leurs cultures ont en fait été aspergées à haute dose de glyphosate, alors que la substance est bannie en bio. "Pour un maraîcher bio, il faut s'imaginer qu'avoir ses serres pulvérisées de pesticides, ça ne peut pas être pire. Ce n'est pas une averse de grêle qui a détruit votre parcelle, ce n'est pas une maladie qui a détruit toutes vos tomates dans la serre. Ça c'est la nature et on s'y attend. Pour moi, le geste n'est pas anodin, affirme Oriane Arlaud. On aurait pu tuer mes cultures différemment si le but c'était de faire mourir mon entreprise. On est en bio et on détruit notre ferme à coups de pesticides. Je crois que le message est assez clair."

Aujourd'hui les époux Arlaud ont perdu 35 000 euros de marchandise et en plus une partie de leur exploitation est polluée. Ils ne peuvent donc plus produire en bio, comme l'explique la maraîchère : "Là, je perds toutes mes cultures d'été. Je perds toute ma capacité de plantation d'automne puisque mes six serres sont déclassées. Je repars en reconversion."

Ce n'est pas la première fois que l'exploitation est visée par des actes de vandalisme mais leur plainte à la gendarmerie de Venelles n'a rien donné. "

(extrait de l'article de France Info).

Une cagnotte en ligne a été ouverte pour apporter un soutien financier à ce couple d'agriculteurs.

C'est ici: https://www.miimosa.com/fr/projects/sauvons-la-ferme-des-jardins-de-paradis#articles

 

 

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