Nombreuses agressions sexuelles sous prétexte de fêter la victoire de la France

On croyait avoir tout dit au sujet de l'effroyable bourrage de crâne autour de la coupe du monde de foot. Bourrage de crâne suivi d'une occupation des rues par des bandes nationalistes, hurlant, klaxonnant, drapeaux au vent... On apprend à présent que cette soirée et cette nuit ont été marquées par quantité d'agressions sexuelles. Le foot, décidément, c'est grandiose !

https://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/france-championne-du-monde/coupe-du-monde-2018-sur-twitter-des-femmes-denoncent-des-agressions-sexuelles-subies-le-soir-de-la-victoire_2854069.html

Dans l'article mis en lien, France Info reprend de très nombreux témoignages de femmes, publiés notamment sur les réseaux sociaux, qui relatent des agressions sexuelles, dont elles ont été victimes en descendant dans la rue pour fêter la victoire de la France lors du Mondial.

Des récits édifiants...

Ce qui frappe, dans ces témoignages, c'est le caractère massif de ces agressions, commises, non par quelques "frotteurs" plus ou moins alcoolisés, comme on en rencontre dans n'importe quel rassemblement, mais par des groupes, qui ne se cachaient même pas...

Je marche tranquille, on me met cinq mains aux fesses et on vient m'embrasser sur la joue", peut-on lire dans un message relayé par "Kateya" sur Twitter. A Paris, "tu te fais siffler cinq fois en 10 minutes, il y a un vieux qui m'a même touché les fesses", poursuit une autre femme. 

"J'ai cru me faire violer en plein milieu des Grands Boulevards", raconte une internaute ayant elle aussi fêté la prouesse de l'équipe de France dans les rues de la capitale. "Juste après la victoire des Bleus", elle affirme qu'un supporter l'a agressée sexuellement en pleine rue

Cette même femme relate ensuite l'inaction des – nombreuses – personnes qui l'entouraient ce soir-là. "Il y avait des centaines de personnes autour et tout le monde a vu, ils ont ri et certains se sont approchés en riant, en criant 'On est les champions'", explique-t-elle. "Ça a duré longtemps et quand il a fini par me lâcher, personne n'est venu m'aider alors que j'étais à terre en pleurs." 

(...)

Une autre femme témoigne de son expérience dans la fan zone de Lyon (Rhône), dimanche en fin de journée. "J'ai essayé de sortir de la foule parce que je n'en pouvais plus, je tenais à peine sur mes jambes en essayant de m'extirper de là et je me suis pris des mains au cul tout le long", raconte-elle. "J'avais envie de pleurer d'énervement." 

Ces passages en italiques sont des extraits de l'article mis en lien.

Aucune plainte ne semble avoir été déposée.

A quoi bon ?

Comment retrouver les auteurs de ces agressions, dissimulés par la foule et l'obscurité ?

Et puis, on sait que l'amour du foot excuse tout.

Par exemple, de conduire sans ceinture de sécurité,avec deux abrutis assis sur le capot, un autre dans le coffre, des gens assis sur les portières...

Les stops, les feux rouges... n'existent plus.

L'interdiction de conduire en téléphonant...

N'en parlons même pas !

Alors, peut-être que ces agressions font aussi partie de l'expression normale de la liesse populaire.

Certains, sans doute, vont bientôt venir nous expliquer que ceux qui s'en offusquent ne sont que de pseudo-intellectuels aigris, incapables de comprendre les joies saines du peuple.

Des journalistes sportives dénoncent les agressions sexuelles lorsqu'elles sont en direct © Le Monde

 

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