Jean-Louis Lin: il y a 40 ans, la mort étrange d'un révolutionnaire occitan...

Il y a quarante ans, on retrouvait, dans la Seine, près du pont de Courbevoie, le corps de Jean-Louis Lin, militant occitan, devenu communiste libertaire, soutien des Palestiniens. L'enquête fut rapidement close.Suicide ? Pourtant, Jean-Louis Lin savait nager, et rien, dans son comportement le jour de sa mort, ne pouvait laisser penser à une intention de disparaître...

Le parcours idéologique de Jean-louis Lin fut singulier.

img-20180718-0040

Venu de l'extrême-droite (le groupe Occident), membre fondateur du groupe Poble d'Oc, il soutenait, au moment de sa mort,  les luttes des Palestiniens, et avait évolué vers l'extrême-gauche.

Selon Wikipedia:

Pòble d'Òc était un mouvement politique occitan qui a été créé en 1971 et dont les activités ont cessé en  1983. Il se définissait comme héritier des expériences fédéralistes et autogestionnaires de la commune de Paris de 1871 et du Gouvernement républicain de la Generalitat de Catalogne de 1936. Il a soutenu les Républicains Irlandais et la résistance du peuple palestinien, mais son idéologie est restée hétérogène. À la différence d'autres organisations occitanes, il a refusé d'apporter son soutien à François Mitterrand pour l'élection présidentielle française de 1974 et a participé aux manifestations du Larzac de 1974 à 1977.

(...)

Le positionnement fédéraliste et libertaire de Poble d'oc s'est affirmé dans Schéma pour une Révolution occitane résultat d'un travail collectif de douze mois (1974-1975).

D'où le départ, fin 1976, du peu fréquentable Richard Roudier, resté, lui, solidement ancré à l'extrême-droite.

Après la mort de Jean-Louis Lin, le groupe Poble d'Oc, auquel il participait,  se rapprocha, carrément, des communistes libertaires !

Evolution déjà largement entamée au moment de sa disparition.

 Sur cette sombre affaire, jamais élucidée, contemporaine des assassinats d'Henri Curiel et de Pierre Goldman, voici un article paru dans le numéro 35 (octobre 1979) de Poble d'Oc, une revue "révolutionnaire occitane" à la diffusion confidentielle, que dirigeait la victime:

img-20180718-0037

En version plus lisible:

img-20180718-0041
img-20180718-0042
img-20180718-0043

Le numéro 37 de Poble d'Oc ( 2ème trimestre 1980), publiait cet encadré rageur:

img-20180718-0039

Enin, le numéro 41 de Poble d'Oc, imprimé à l'automne 1981, publiait cette lettre ouverte au garde des Sceaux, qui, bien évidemment, ne devait jamais recevoir de réponse:

img-20180718-0044

Ajoutons qu'on trouve encore trace de Jean-Louis Lin dans les archives du Nouvel observateur:

jean-louis-lin-nouvel-observateur

Sans doute ne connaîtra-t-on jamais les causes exactes de sa mort, ni l'identité de ses assassins, si assassins il y eut, ce qui semble tout de même assez probable.

Jean-Louis Lin, personnalité assez isolée, et controversée,  attend toujours son biographe...

Mais qui, aujourd'hui, s'intéresse encore aux années 1970 ?

Joan Pau Verdier / Veiqui l'Occitan / Ivry sur Seine 1977 © da.de 49

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.