Visas au compte-gouttes pour les interprètes qui ont servi la France en Afghanistan

Les derniers soldats français ont quitté l'Afghanistan en 2014. Mais quelques centaines d'interprètes, abandonnés par le gouvernement français, peinent toujours à obtenir des visas, bien que leur vie soit menacée. La Ligue des Droits de l'Homme prend leur défense.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/04/01016-20160404ARTFIG00290-des-interpretes-afghans-de-l-armee-francaise-reclament-des-visas.php

Quelques extraits de l'article de Yohan Blavignat, paru dans le Figaro, que je mets en lien:

"Pour l'heure, seules vingt-cinq familles sont arrivées en France le mois dernier. Une trentaine de dossiers ont été refusés, et environ 150 personnes attendent toujours une réponse de la France."

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"Concrètement, la situation est devenue critique pour ces anciens interprètes depuis le départ des soldats occidentaux. «Ils sont menacés. Ils vivent cachés et reclus, et déménagent régulièrement par peur des représailles», précise Me Françoise Gardes. Certains d'entre eux auraient même tenté de rejoindre l'Europe via «la route des Balkans», en passant par la Turquie, puis la Grèce. 

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Pour Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme joint par Le Figaro, les réticences de la France sont dues au «climat médiatique ambiant». «Le discours sur les étrangers influe sur l'attitude de la France. Ils nous ont beaucoup aidés en Afghanistan, et c'est comme cela qu'on les remercie. La France n'a même pas la reconnaissance du ventre, et cela contribue à nous décrédibiliser au niveau international», concède-t-il. Car ces hommes étaient bien plus que de simples interprètes. «Ils étaient en première ligne, souvent devant les soldats car ils servaient d'interface avec la population, avant même que les soldats n'arrivent. Ils étaient au moins autant en danger que nos troupes», explique Michel Tubiana.

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«Les refus du Quai d'Orsay ne sont même pas motivés, c'est absurde», réagit Me Françoise Gardes qui appuie sa plaidoirie sur une loi relative au statut des auxiliaires de l'armée française. «Ces personnes disposaient d'un contrat de travail établi par l'armée. En France, il y a une obligation légale à protéger tout salarié qui dispose d'un contrat de travail», renchérit l'avocate.

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