Ces gilets jaunes qui rackettent les automobilistes...

"Halte au racket fiscal !" fut l'un des slogans les plus souvent repris sur les barrages des Jaunes. En parcourant la presse régionale, on découvre, pourtant, que nombre de gilets jaunes, un peu partout en France, n'hésitent pas à racketter les automobilistes, notamment les routiers. Cela va de "tu paies ou tu ne passes pas !" à des gangs qui pillent méthodiquement les camions.

Rapide revue de presse sur ce thème...

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http://www.courrier-picard.fr/162313/article/2019-01-25/des-accusations-de-racket-chez-les-gilets-jaunes-dalbert

En Haute -Loire:

Ce mercredi, les services de l’État se sont rendus sur tous les ronds-points occupés du département demandant l’évacuation. Dans la grande majorité, ils retiennent une « certaine qualité d’écoute » et un engagement à remettre les choses en ordre et à organiser progressivement le retour au calme. Sur un seul endroit, ils disent avoir rencontré des difficultés, au rond-point de Chomette, à Monistrol-sur-Loire, où du racket et des menaces ont été constatés (voir vidéo ci-dessous). "Il y a des Gilets jaunes qui sont allés menacer des commerçants dans leurs commerces en disant 'c'est nous les patrons du rond-point' ", détaille le préfet, invitant les commerçants à porter plainte.

(extraits de cet article )

 

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https://www.ledauphine.com/vaucluse/2018/12/17/des-gilets-jaunes-accuses-de-racket

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https://www.lindependant.fr/2018/12/04/carcassonne-un-gilet-jaune-interpelle-pour-le-racket-presume-dun-chauffeur-routier-au-peage-ouest,4999447.php

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Extraits de cet article:

C' est sur notre page Facebook que Manuel, un chauffeur routier d'Avignon, nous décrit les conditions du blocage à Narbonne, sur l'A9.

Bloqué avec ses confrères chauffeurs depuis dimanche soir, il explique "ne pas avoir bougé d'un mètre". Et raconte que des "gilets jaunes" ont interdit aux routiers de se rendre dans les magasins voisins, parce que «ça fait de l’argent qui rentre dans les caisses de l’Etat».
 

Manuel explique qu'il n'y a pas de sanitaires, à part les champs voisins. Encore moins de douches.


Dans son récit, le jeune homme va plus loin. Dans un enregistrement qu'il nous a fait parvenir, on peut entendre, par-dessus le bruit des klaxons, entre lui et un homme en "gilet jaune" :
 

- Là, tu me dis que tu vas travailler mais tu demandes des sous aux gens ?
- C'est pour nous qu'on le fait, pour qu'on puisse acheter de la bouffe et manger.


L'homme en jaune s'éloigne en secouant des pièces de monnaie et lance à la cantonade :
 

- Allez, monsieur, madame, une petite pièce... Solidarité !


Pour le chauffeur, c'est du racket... Un mot sans doute un peu fort mais qui dit bien toute son exaspération.

On nous demande une participation pour aller chercher de la nourriture, tout en nous disant "on ne vous garantit pas qu’il y en ait pour tout le monde". Même des animaux on ne leur fait pas vivre ça.
On nous prend en otage, on nous interdit de faire des courses mais on ne nous apporte rien à manger. Par contre, on nous rackette.

Lundi soir, la goutte d'eau qui a fait déborder sa colère, c'est que le seul camion qui a pu quitter le blocage, c'est celui du ramassage des ordures pour la ville de Narbonne. Et la nuit venue, des individus, probablement alcoolisés selon lui, ont secoué son camion parce que "c’est rigolo de faire chier les routiers".

Manuel, excédé, a alors appelé la gendarmerie. Mais, selon, lui, personne n'est intervenu !

Ce sont parfois des scènes de Far West qui se déroulent sur certains barrages de jaunes:

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Extraits de cet article:

 Il est environ 3 heures du matin, lorsque le poids-lourd bulgare arrive à hauteur du rond-point des Vaches. Le véhicule s'arrête, mais c'est alors que "les 'gilets jaunes' commencent à tirer les câbles de sa remorque", explique une source policière à France Bleu Normandie. "Le conducteur prend peur, il redémarre et là, il se fait caillasser", précise cette même source. Le pare-brise du camion est brisé et une boule de pétanque atteint même l'intérieur de la cabine du conducteur. 

Une course-poursuite sur 12 kilomètres. "Sur le rond-point, le routier va rouler sur une palette en feu qui reste coincée sous sa remorque. Et jusqu'à la sortie du Tunnel de la Grand Mare (à 12 kilomètres du rond-point des Vaches, ndlr), le camion est pourchassé par deux voitures de 'gilets jaunes'. La police a été avertie et attend le poids-lourd à la sortie du tunnel, quand les deux voitures voient les policiers, ils prennent la fuite", ajoute la source. Une fois à l'abri et ses poursuivants en fuite, l'homme, choqué, porte plainte. Une enquête a été ouverte, mais aucun des auteurs présumés n'a été arrêté.

Un lieu de rassemblement qui pose de nombreux problèmes. Ce n'est pas le premier incident sur le rond-points des Vaches. Dans la nuit de samedi 15 au dimanche 16 décembre, une bagarre générale avait éclaté alors qu'une jeune femme "gilet jaune" enceinte de cinq mois, s'était faite violemment agressée par quatre individus, avait révélé France 3 Normandie. La victime avait fini la nuit au CHU de Rouen. Selon la préfecture, il ne se passe pas une nuit sans incident sur ce rond-point. Au point que la source policière déconseille "aux automobilistes de passer par là la nuit", tout en précisant qu'une déviation est mise en place spécifiquement pour la nuit de samedi à dimanche. De son côté, France Bleu affirme que certains "'gilets jaunes' pacifiques quittent le rond-point à la nuit tombée".

Tandis que d'autres jaunes tentent, au sens propre, de se payer sur la bête ( Non, cette information n'a pas été inventée par le Gorafi...)

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https://www.leprogres.fr/jura-39/2019/01/22/ils-tentent-de-tuer-un-mouton-a-coups-de-pelle-pour-le-manger

Arrêtons-nous là, car on touche le fond...

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Bien évidemment, tous les jaunes ne sont pas des racketteurs.

Mais il y en a, et pas un ou deux...

Le mode d'action choisi au départ ( des bandes anonymes, sans responsable identifié, sans service d'ordre, qui s'autorisent, sans droit ni titre, sans déclaration préalable, en toute illégalité, à bloquer le passage sur la voie publique, à décider arbitrairement qui passe et qui ne passe pas, en fonction de l'humeur des membres de la bande) favorise évidemment les dérives vers la délinquance.

Il y a donc, parmi les Jaunes, non seulement des antisémites, des royalistes, des négationnistes, des conspirationnistes, des délateurs, des homophobes ( tout cela est documenté dans mes billets précédents) , mais aussi, tout simplement, des gangsters.

Beaucoup trop de monde infréquentable pour que des gens sensés se joignent à ces bandes nationalistes, qui s'obstinent par ailleurs à brailler la Marseillaise et à agiter frénétiquement des drapeaux tricolores.

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