Saint-Léon, ya le téléphon qui son...

Et ya person qui y répond ! Ou le silence des ténèbres.C'est ce qu'on pourrait se dire après l'article de Yannick Sanchez paru le 1er mars dans Médiapart à propos du fonctionnement de Nouvelle Donne, aucun responsable de ce parti n'ayant encore exercé son droit de réponse, comme s'il valait mieux, selon eux, opposer un silence méprisant à ce qu'ils considèrent comme une provocation sans fondement. Au terme d'une enquête scrupuleuse et sans complaisance, le journaliste interroge pourtant les pratiques démocratiques douteuses en vigueur au sein de ce mouvement dont l'objectif et le discours étaient à l'origine de "faire de la politique autrement". Au risque de perdre toute crédibilité, ce qui est déjà largement le cas, tout parti politique devrait se conduire de manière irréprochable, au moins sur le plan de l'éthique et de la démocratie. Mais face à ses brebis égarées dont la parole a été dénigrée, le silence, voire le déni, des "nouveaux" responsables de Nouvelle Donne dénote un certain embarras, une honte d'avoir ainsi sacrifié parmi les plus motivés, voire les meilleurs, de ses membres ;-))

Et ya person qui y répond ! Ou le silence des ténèbres.

C'est ce qu'on pourrait se dire après l'article de Yannick Sanchez paru le 1er mars dans Médiapart à propos du fonctionnement de Nouvelle Donne, aucun responsable de ce parti n'ayant encore exercé son droit de réponse, comme s'il valait mieux, selon eux, opposer un silence méprisant à ce qu'ils considèrent comme une provocation sans fondement. Au terme d'une enquête scrupuleuse et sans complaisance, le journaliste interroge pourtant les pratiques démocratiques douteuses en vigueur au sein de ce mouvement dont l'objectif et le discours étaient à l'origine de "faire de la politique autrement". Au risque de perdre toute crédibilité, ce qui est déjà largement le cas, tout parti politique devrait se conduire de manière irréprochable, au moins sur le plan de l'éthique et de la démocratie. Mais face à ses brebis égarées dont la parole a été dénigrée, le silence, voire le déni, des "nouveaux" responsables de Nouvelle Donne dénote un certain embarras, une honte d'avoir ainsi sacrifié parmi les plus motivés, voire les meilleurs, de ses membres ;-))

Le message dénaturé ou les vieux mythes.

Pour justifier son comportement, la Direction de Nouvelle Donne et Larrouturou le premier se retranchent derrière quelques "portes-flingues" (une Députée du Groupe EELV à l'Assemblée Nationale ou un ex-amuseur sur Canal+) prétextant que nul n'est parfait et que tout le monde peut faire des "erreurs", ce qui est une façon de reconnaître que les alertes et critiques qui leur ont été adressées sont fondées. Au lieu de faire amende honorable et de corriger les dysfonctionnements, les "nouveaux" dirigeants persistent dans l'erreur en ne changeant rien aux habitudes prises par le parti, voire en protégeant les plus fautifs d'entre eux. Sauront-ils renoncer à ces pratiques très "vieille donne" grâce auxquelles on peut penser qu'ils trouvent quelque intérêt ? Rétrospectivement, nous avons été naïfs de croire qu'il pouvait en être autrement.

L'Empire et les esclaves ou le clergé et ses ouailles.

Le mal absolu qui ronge nos sociétés et la société française en particulier, est l'élitisme. Sans une volonté de changer profondément ce paradigme, il serait illusoire de prétendre éradiquer des pratiques que rejette pourtant une énorme majorité du peuple écoeuré et  déboussolé. Alors qu'ils aspirent ne plus vivre à genou, on leur rétorque : populisme. L'élitisme est le côté obscur de l'information, l'avatar du néo-libéralisme, son seul horizon. Que voulez-vous, l'école (de Chicago) ne leur a pas appris d'autre système de coercition que hiérarchique avec son chef, ses sous-chefs et ses indiens relégués dans les bas-fonds de la cité, les ordres qui viennent d'en haut et pas une tête qui dépasse ! C'est ainsi que, désormais, l'Empire est aux mains des 1826 multi-milliardaires propriétaires de la planète et des larbins qui leur servent la soupe.

La servitude volontaire ou le péché originel.

Dès qu'ils sont confrontés à un problème d'organisation comme la structuration d'un nouveau parti politique, nos dirigeants butent sur la question du nombre. Comment mettre en place une démocratie interne à 10.000 ? Vous comprenez, ma bonne dame, tout le monde ne peut pas commander... De gauche, de droite ou de nulle part, le besoin de domination domine. En plus, nous sommes dans un pays de tradition "castralisatrice". Avec leur bonne mine, nos ingénieurs nous disent qu'il faut bien des représentants pour prendre les grandes décisions. Sinon, ce serait la "chienlit", l'anarchie. Sous perfusion télévisuelle, les braves gens se sentent désarmés, contraints à une servitude volontaire. Certes, il est bien plus confortable de laisser-faire les "experts", de se dégager de ses responsabilités, de traficoter ou de râler... Résultat : une démocratie réduite au bulletin de vote, 5 millions de chômeurs, le double au moins de pauvres, etc. Le pire survient lorsque les victimes finissent par être d'accord avec leurs bourreaux.

L'appropriation des moyens d'information ou les Saintes Écritures.

L'autre drame, c'est le raisonnement binaire, alternatif. Il faut être au courant que les choix qu'on nous présente généralement : les bons ou les méchants, les hommes ou les femmes, l'enfer ou le paradis, le public ou le privé, l'offre ou la demande, le blanc ou le noir, le 0 ou le 1, ne servent pas à grand chose en dehors de leur combinaison. Toujours plus grandes, plus rapides, plus imbriquées, plus exploitées, plus productives, les choses deviennent plus complexes. Un mot de ce texte n'a vraiment de valeur que par la combinaison des mots dans la phrase et des phrases dans le texte. Cependant, à l'ère de l'Internet, les gens sont submergés par un trop plein d’information, quelle qu’en soit la qualité, d'où la baisse de son coût, jusqu'à atteindre un coût marginal zéro, c'est-à-dire la gratuité. Et là, l'Empire devrait se méfier... Plus instruits, nos concitoyens, consommateurs, contribuables deviennent plus exigeants, plus responsables, plus créatifs.

La complexité ou la Sainte-Trinité.

Pour ce qui nous préoccupe ici, le contraire de la centralisation n'est pas que la décentralisation. Si l'objectif est d'aboutir à une société composée de citoyens libres ET égaux, le centre doit garantir l'égalité tandis que le local assure plus de liberté. Le "Tout-Marché" ou le "Tout-État" ne peuvent offrir que l'un des deux au détriment de l'autre. La solution réside donc dans la recherche permanente de l'équilibre entre le global ET le local, l'individuel ET le collectif, le sommet Et la base... ce qui exclut toute domination excessive et nous ramène à notre devise républicaine. Bref,  le partage et non la concurrence, la coopération et non la compétition, comme gages de survie garantie par de réels contre-pouvoirs. Ces principes se retrouvent dans toute organisation vivante en fonction des besoins et des circonstances. En favorisant le débat et la contradiction, nos amis espagnols de Podemos, par exemple, l'ont très bien compris. Il ont décidé de bâtir une "armée" dotée d'un "état-major" pour partir à la "conquête" du Parlement, mais, comme la guerre civile qui a beaucoup de sens dans leur pays, est terminée, ils ont conservé les cercles locaux à l'origine de leur mouvement grâce aux indignés.

"La Grande Trahison" ou le baiser de Judas.

D'où le "LIEN" avec Stéphane Hessel dont le message a été outrageusement trahi par Nouvelle Donne devenu un parti comme les autres. Tous ceux qui ont travaillé à des propositions de structuration du mouvement à partir de la base avec des systèmes de type fédéral ou coopératif, ont été sanctionnés en dehors du droit et de l'esprit de la Charte éthique. On nous a demandé notre avis. De bonne foi, nous l'avons donné et le parti l'a travesti, ignoré, censuré au lieu de le présenter honnêtement au vote des adhérents. Et qu'on ne vienne pas nous parler de QCM et de cette mascarade de concertation. Sur un plan symbolique, quelle différence entre un tel simulacre de démocratie et la "La Grande Trahison" de François Hollande, l'adversaire de la finance, dénoncée à juste titre par Larrouturou qui, si nous étions des staliniens comme ses sbires, pourrait être accusé de traîtrise à son tour ?

Le courage de changer ou la résurrection du Messie.

Au lieu de fuir ses responsabilités, ce qui éveille des doutes quant à sa capacité à exercer les plus hautes fonctions, nous l'enjoignons de répondre aux accusations portées contre son parti. Il faudrait qu’il assume sa posture de fondateur charismatique donc de « patron », validée par sa réélection au poste de Co-Président. Dans un excès d'autoritarisme, il a choisi de prononcer des sentences totalement arbitraires à notre encontre. Il ne peut donc pas se défiler éternellement. Constatant que le contrôle de l'appareil lui avait échappé, nous lui avions écrit en interne. Désormais tout se passe à l'extérieur en toute transparence. Nous pourrions exiger des excuses, mais nous nous contenterons qu'il suive les conseils de Cynthia Fleury en matière de courage (1). Qu'il reconnaisse les erreurs qui ont été commises par son parti et qu'il l'engage dans les changements en cohérence avec son discours sur "Le Chemin de l'Espérance" (2) tracé par Stéphane Hessel et Edgar Morin. Alors, le peuple se (sou)lèvera et le suivra...

Ainsi soit-il !

Merci. lesamisneodonniens@laposte.net

(1) Cynthia Fleury "La fin du courage" Fayard

"Le plus sûr moyen de s opposer à l'entropie démocratique reste l'éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique. Dans cet essai enlevé, Cynthia Fleury rappelle qu'il n'y a pas de courage politique sans courage moral et montre avec brio comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l'individuel et le collectif. Car si l'homme courageux est toujours solitaire, l'éthique collective du courage est seule durable."

(2) Stéphane Hessel et Edgar Morin "Le Chemin de l'Espérance" Fayard

"Notre propos est de dénoncer le cours pervers d'une politique aveugle qui nous conduit aux désastres. Il est d'énoncer une voie politique de salut public. Il est d'annoncer une nouvelle espérance."

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