RIP BASTION SOCIAL ? PAS VRAIMENT...

Certains jours sont de bons jours. Ce matin il y avait comme un flottement dans l'atmosphère, quelque chose de serein malgré la pluie qui donnait immédiatement  la certitude qu'un peu de merde serait enlevée du trottoir sur lequel nous marchons tous les jours pour tendre vers l'un des objectifs majeurs des militants antiracistes et antifascistes : éradiquer les groupuscules identitaires.

Certains jours sont de bons jours. Nous savons dès que nous ouvrons les yeux qu'au fil de la journée se succéderont bons moments et bonnes nouvelles. Ce matin il y avait comme un flottement dans l'atmosphère, quelque chose de serein malgré la pluie qui donnait immédiatement  la certitude qu'un peu de merde serait enlevée du trottoir sur lequel nous marchons tous les jours pour tendre vers l'un des objectifs majeurs des militants antiracistes et antifascistes : éradiquer les groupuscules identitaires. 

Hier, en début d'après-midi, tombait l'heureuse nouvelle ! Le conseil des ministres a prononcé la dissolution du Bastion Social et des six autres associations qui le composent, à savoir :

  • Association Les Petits Reblochons
  • Association Lugdunum
  • Cercle Frédéric Mistral
  • Cercle Honoré d'Estienne d'Orves
  • Association Arvenis
  • Association Argentoratum

Ces associations ont permis au Bastion Social d'ouvrir des antennes dans les villes de Lyon, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Aix-en-Provence, Marseille et Chambéry. Les divers groupes antifascistes locaux n'ont cessé de dénoncer l'émergence de ce groupuscule implanté au cœur de nos villes qui, sous couvert d'une aide humanitaire faisant jouer la préférence nationale, menait des actions violentes et racistes. Il aura fallu que des membres du Bastion Social soient condamnés pour leur participation aux violences lors de l'Acte III des Gilets jaunes, le 1er décembre place de l'Etoile à Paris, pour que le Président de la République demande sa dissolution. Ils auront donc proliféré et agit en toute impunité pendant plus de deux ans sans être inquiétés plus que çà ! On ne remerciera donc personne hein ? Pas vraiment... 

Ces mouvements identitaires sont comme l'Hydre de Lerne, vous coupez une tête et plusieurs autres repoussent ! Les membres du Bastion Social sont des anciens du GUD et du groupe Edelweiss-Savoie de Chambéry, entre eux ou avec d'autres nous ne doutons pas qu'ils fonderont très rapidement un autre de ces mouvements nauséabonds dont ils accouchent avec une exemplaire régularité depuis les années cinquante. En attendant nous savons pertinemment qu'ils vont se réfugier au sein de groupuscules de la même mouvance, tels que Génération Identitaire, Civitas ou l'Action Française, avec lesquels la porosité est permanente. Cette jeunesse en quête de rédemption par la violence sous prétexte d'un patriotisme de pacotille, est une portée de coucous qui volent sans sourciller d'un nid à un autre tant qu'ils y trouvent un cadre, un chef, et des actions racistes à mener en groupe. Ainsi passent-ils de l'occupation de toits à la communication des mairies gérées par le Rassemblement National, des bas fonds de Marseille à la campagne des municipales menée par le Front National pour Stéphane Ravier à Marseille, des ratonnades de l'Action Française à celles du Bastion Social, toujours à Marseille, jusqu'à finir par être rattrapés par leurs actes pour certains d'entre eux. Trop peu... 

S'il nous est une petite consolation que d'aucuns soient jugés, condamnés et parfois purgent des peines de prison, nous ne cessons depuis des années de dénoncer la complaisance des autorités vis à vis de personnes et d'organismes qui enfreignent la loi impunément et au grand jour. Nous qui militons en face de ces gens-là quotidiennement et sommes peu ou prou obligés de cohabiter avec eux, attendons mieux de nos institutions qu'une pusillanimité de très mauvais aloi ! Peur de provoquer une tempête les gars ? Pendant ce temps-là les identitaires font du surf sur les vagues. Et en attendant que vous vous décidiez à les éradiquer en bonne et due forme, nous festoierons en nous réjouissant de leur disparition, fût-elle momentanée #Champagne

Nous n'avons pas de "Patriot Act" en France, Dieu merci ! Ce qui signifie, entre autres choses, que dans notre pays une association qui se construit sur des actes racistes, des violences, et des incitations à la loi est totalement, complètement, irrémédiablement hors du cadre légal. Le gouvernement ne peut pas l'ignorer, et pourtant il ne réagit pas. Informé par des services compétents il laisse proliférer cette vermine en connaissance de cause, comme une sorte de contre pouvoir sous cloche qu'il prétend contrôler. Or il ne contrôle rien, n'encadre rien, et contribue par son silence à la croissance de cette nébuleuse sans queue ni tête que d'aucuns passent au crible depuis des années. On peut remercier les antifascistes et leur formidable travail de fouille sur les groupuscules les plus violents de la fachosphère, mais également sur tous les autres y compris les partis politiques prépondérants de l'extrême-droite. Quiconque aurait des doutes sur les connexions entre tous ces tas de boue peut prendre le temps d'étudier la cartographie ci-dessous, c'est très instructif !

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Maintenant nous voulons la dissolution de Génération Identitaire. Et de tous les autres. Que l'on coupe des têtes, des bras, des jambes, et que l'on fasse promptement respecter nos lois comme notre devise républicaine. Nous n'arrêterons pas de réclamer la dissolution de la pieuvre identitaire jusqu'à ce qu'elle s'effondre et disparaisse. Le Bastion Social, pour nous, n'est qu'un avant goût du festin des morts.

Notes

1- Merci à La Horde et Reflexes pour leur minutieux travail d'enquête sur la fachosphère

2- Le Bastion Social, émanation du GUD qui s'est mis en sommeil pour se réincarner dans une nouvelle dynamique identitaire, est un mouvement inspiré du parti néo nazi grec Aube Dorée et de Casa Pound, groupe politique néofasciste italien. Leur devise, "autonomie, identité, justice sociale" pose le cadre de leur vecteur de propagande, un ancrage local à portée sociale et une préférence nationale affichée et revendiquée.

 

 

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