Sois noir et tais toi!

Depuis la mort de George Floyd, la société s’interroge. Un exercice manifestement douloureux au regard des improbables contorsions auxquelles se livrent les médias dominants. Y a-t-il des violences policières ? La police est elle raciste ? Toutes les évidences ne passent pas le seuil de l’entendement. Et pour ne pas avoir à considérer l'entièreté du problème, le mieux est encore de mal le poser.

Ils ne les ont pas vus. Pas regardés. Pas même remarqué leur présence. Ils avaient pourtant des visages, cette porte d’entrée sur l’altérité conceptualisée par Lévinas. Ils avaient des noms aussi, une histoire, une lignée. C’est une appartenance au monde des humains qu’une idéologie multiséculaire, dans son accoutrement règlementaire, leur a refusé. A George  Floyd et Rodney King. A Adama Traoré et Malik Oussekine. A Stephon Clark. A Zied et Bouna. A Brahim Bouarram. Et tant d’autres… Tombés parce que noir ou arabe. Assassinés parce qu’Africain. Néantisés par accoutumance à la haine. Par dizaines, par centaines, par milliers. Eradiqués de la surface de la terre par des mains de toutes sortes. Policières. Militaires. Toutes ces mains souillées ne sont pas armées par une charge précise mais par une longue tradition. La charge facilite des passages à l’acte. Les justifient. La tradition les banalise. Il y a les mots aussi, dans leur écrasante litanie. Les mots des politiques sans éthique. Ceux des éditorialistes débordés par la toxicité de leurs affects. Ceux des intellectuels engoncés dans leur narcissisme. 

Les assassins paradent. Sûr de leur droit. Habités par une puissance de destruction massive. Bardé d’une souveraineté impériale. A juste raison. Ces hommes exercent un pouvoir de vie ou de mort. De mort surtout. Et puis quoi ? Rien. Les gens, le plus souvent, regardent. Ou se détournent. Attendent la fin du film. Sur cette surenchère d’inhumanité, qui tient l’échelle ? Les silencieux, les résignés. Tous consentants. Les injustices et les oppressions se nourrissent de la complicité silencieuse. Elle constitue un visa d’impunité. Le combat ne se mène pas contre mais avec. Pas contre les racistes avérés mais avec les humanistes autodéclarés, si désinvoltes dans la pratique. A chaque fois que le racisme prend un siège et, une fois confortablement installé, souffle son haleine putride, à chaque fois qu’il prend ses aises et tente de planter un drapeau, il doit être empêché. Des générations ont esquivé, se sont fourvoyées. Oublions-les.

L’histoire s’écrit toujours avec l’audace et le courage de la jeunesse. C’est pourquoi elle ne doit pas laisser la colère retomber. Surtout ne pas retourner au monde d’avant. Il ne leur sera d’aucune aide. Il est gangréné. Infecté par ce virus sorti d’un laboratoire impérialiste. Révélé par des aliénés et propagé par des asymptomatiques. Les badauds confortent les bourreaux. Le cordon de l’ignominie est tressé de fils invisibles.

A la lisière du réel, les dominants boudent la connaissance et méprisent l’expérience, celle des indigènes. Forcément, personne ne veut poser les bonnes questions. On redoute sûrement le fracas des réponses. Il faut dire que la matière est explosive. Entreposée dans les méandres de nos identités depuis des siècles, elle craint le mouvement. Va pourtant falloir bousculer les représentations. Essayons.

Les premières mesures d’hygiène requièrent de déchirer le masque du déni et d’écarter toute velléité de compartimentation et d’individualisation du racisme pour, au contraire, travailler à l’identification du dénominateur commun. Percer le socle matriciel de ces violences qui fixe les rapports de domination depuis les premières heures de l’esclavage et de la colonisation. Pour le révéler, le saisir, il importe de comprendre ce qui fait « évènement ». Autrement dit, qu’est ce qui brusquement surgit et embrase la colère ?

Depuis les ratonnades et la chasse aux africains des années 70 en France, depuis les crimes ségrégationnistes et les attentats du KKK aux Etats Unis, du début du XXème siècle jusqu’au milieu des années 60, l’Africain, le noir, le Nègre1, dans toutes ses déclinaisons pigmentaires, écope la fureur de l’oppression. On peut logiquement se demander pourquoi ce qui avait jusqu’alors glissé sur les plumes de nos morales collectives suscite brusquement une rébellion scandée par des millions de gorges insurgées ? Après deux semaines de manifestations, nous avons dépassé le stade des convulsions et le bouillonnement internationalisé de la jeunesse lance un défi à nos sociétés apathiques. Il nous oblige aussi à l’analyse des fondements du racisme systémique et de ce qui, aujourd’hui, le fissure. La réflexion que nous engageons suppose de partager trois constats :

  1. Les victimes appartiennent à une catégorie bien identifiée, à la fois invisible socialement et indispensable politiquement. Des individus, principalement au masculin, essentiellement « issus de l’immigration » (formulation dont nous ne discuterons pas ici la nullité), d’une immigration distinguée par ses apparences physiques. Qualifions-la de non-blanc.
  2. Ces mêmes victimes viennent, très majoritairement, des classes populaires ou en épousent les codes.
  3. Les indigènes doivent se cantonner à leur réserve. Le spectacle des violences policières restait traditionnellement circonscrit aux abords des quartiers défavorisés. Il évitait de s’offrir au regard des centres-villes et des quartiers bourgeois. La référence au territoire complète donc le tableau.

Une seule de ces trois conditions peut suffire au déchainement de l’impunité policière mais elles se trouvent le plus souvent cumulées dans une structure sociale, aboutissement d’un long processus historique, spécifique aux jeunes « racisés ». Pour en cerner le sens, enchâssons les dans le concept de l’altérité, ou, plus exactement, du refus d’une altérité dont nous avons forgé la représentation par une superposition volumineuse d’images, de discours et de présupposés.

 

  1. Une empreinte coloniale

Difficile de ne pas remarquer avec quelle constance, voire acharnement, l’éditocratie conteste le réel et combien l’évocation de l’histoire coloniale congédie la raison. Apparemment doté d’outils sensoriels homologués et d’une parfaite maitrise de la lecture, nos éditocrates demeurent rétifs au moindre argument et incapable de cohérence sur la nature et les conséquences de l’idéologie coloniale. Bien sûr, l’apologie de la colonisation se pratique de moins en moins en public, même si, en août 2016, le candidat LR, conquérant dans son costume à 6000 euros, récolta des salves d’applaudissements pour l’avoir dépeinte comme un « partage de culture » dont « la France n’est pas coupable »2. Mais, à chaque fois qu’est convoquée la période historique la plus bouleversante de toute l’histoire de l’humanité par son ampleur, son intensité, sa durée et ses conséquences, il se lève des rangées de boucliers outrés, émaillés des habituelles techniques de relativisation et de minimisation : « c’était il y a longtemps, faut passer à autre chose » ; « tout le monde a une part de responsabilité, à commencer par les noirs et les arabes » ; « il y a aussi eu des choses bien, pas de repentance ». Traduction : « il n’y a d’Histoire qu’écrite par les blancs. Fermez le ban ! ».

Là encore, remettons à plus tard la confrontation de ces éléments de langage avec les réalités historiques3 pour nous focaliser sur la mécanique raciste à l’œuvre dans les violences policières.

S’il est encore possible, en 2020, d’assassiner des noirs sans ciller, avec la satisfaction du devoir accompli, c’est que les atavismes consignés par l’histoire coloniale et esclavagiste pèsent bien lourds dans les inconscients occidentaux. Ce qui se joue aujourd’hui a en réalité commencé quatre siècles plus tôt, en France4. Cinq siècles plus tôt en Europe, si on veut se rappeler du massacre des populations indigènes par les conquêtes espagnoles, et son anthologie doctrinale que représenta La controverse de Valladolid (1550). De progrès en rémissions, l’illusion d’un monde enfin débarrassé de ses obsessions raciales a parfois accrédité l’idée que le racisme se résumait à quelques fièvres haineuses et autres poussées électoralistes. Or, si les conditions de son émergence varient au gré des conjectures économiques, ce qui le nourrit n’a jamais cessé d’être cultivé.

Pour la société blanche, l’homme noir n’existe que comme produit de son imagination. Ce qui fait le noir, c’est le blanc. Dans « Peau noire, masques blancs », Frantz Fanon ausculte les étapes de la construction de l’objet « noir », « objet au milieu d’autres objets », que le blanc aura « tissé de mille détails, anecdotes, récits », autrement dit accessible qu’à partir des fantasmes qu’il y projette.

Cet édifice fantasmatique se vit confier une mission bien précise : justifier les expéditions coloniales, l’esclavage, et toutes les dépossessions engendrées par la voracité occidentale. Pour masquer leur dessein prédateur et mercantile, les colons composèrent toutes sortes de théories, de légendes et d’affabulations chargées de dépouiller le colonisé de ses attributs humains, ou, a minima, de le rétrograder dans la hiérarchie pour empêcher toute revendication d’égalité. Ce travail s’est, d’emblée, efforcé d’animaliser le noir, l’indigène, par un cortège de définitions se rapportant à sa bestialité, à la prééminence de ses instincts naturels sur ses facultés intellectuelles. Réduit à l’agitation d’un corps, à ses réactions potentiellement violentes et largement imprévisibles, le noir devenait un danger à museler vigoureusement avec tout ce que le génie humain a pu créer comme instrument de torture. Ce corps menaçant recevait l’autorisation de se mouvoir dans la stricte limite accordée par le colon.

Ainsi désubjectivé, le corps noir encoure toute la férocité dont le maitre est capable. Il ne s’agit pas seulement de blessures infligées par la perversité des individus, mais d’une névrose institutionnelle qui a traversé les âges. Cette violence, intériorisée par le blanc, s’est ensuite incorporée à des institutions étatiques, à commencer par la plus répressive d’entre-elles : sa police nationale. Cet organe, conçu comme le bras armé de l’Etat, comme l’instrument d’une violence légitime, ne s’est jamais penché sur sa genèse. Il devrait. Il y découvrirait ses origines vichystes et son rôle de contenant des pulsions archaïques et racistes de la nation. Il y croiserait les processus complexes sur lesquels se sont édifiées des politiques discriminatoires et belliqueuses vis-à-vis des ennemis de l’ordre bourgeois, principalement les pauvres et les racisés.

 

2. Le mobile capitaliste

Nous ne nous attarderons pas ici sur ses fondements et son développement, par ailleurs largement documentés. Néanmoins, pour apprécier l’étendue du péril que fait courir la liberté du noir dans l’espace public, un détour par la logique capitaliste s’impose.

Nos sociétés libérales se sont érigées sur une avance de capital. Mais d’où vient ce capital originel ? Une fois exclue l’intervention divine, demeure le facteur humain. Avec sa réflexion sur l’accumulation primitive, Karl Marx établit la première corrélation entre capitalisme et colonialisme, en pointant l’explosion des profits liés à l’extraction et l’exploitation de matières premières par la force des esclaves5.

A ce petit jeu hautement lucratif, les Etats-Unis et la France se sont largement distingués, ne renâclant à aucune forme de sauvagerie pour assurer leur enrichissement. Si l’acte de naissance américain baigne dans le sang des amérindiens, la puissance économique et le statut politique de la France ne procède pas vraiment de la vente de pains au chocolat mais plutôt d’une insatiable soif de conquêtes doublée d’une prodigieuse capacité à endurer la souffrance des autres. L’Etat français s’est également permis une autre coquetterie : la décolonisation y fut parmi les plus longues et les plus sanguinaires. De l’addition de ces atrocités pouvait difficilement résulter des rapports pacifiés entre les descendances des différents protagonistes.

Les noirs et les indigènes constituent indéniablement un réservoir inépuisable de ressources dédiées à la prospérité économique des grandes puissances. Affectés à cette tâche, ils se retrouvent également assignés à une place déterminée dans la pyramide sociale. Ainsi s’accomplit un phénomène cumulatif qui les expose doublement, exposés parce que noir, exposés parce que prolétaire.

 

3. La logique territoriale

On l’a vu, l’ethnie et la classe interagissent dans l’écosystème raciste. Mais il mobilise également des logiques spatiales. S’il existe une distanciation préfigurant toutes les autres, c’est bien celle qui sépare l’indigène de l’Européen, du blanc. En 2020, certaines campagnes de communication, organisées par l’Etat, suggèrent de mesurer cette distance avec l’ananas pour étalon. Aux siècles précédants, les colons et les esclavagistes lui préféraient le fouet. Mais ne nous y trompons pas, la distanciation individuelle importe nettement moins que l’intervalle géographique. Le Nègre est mis en demeure de respecter les codes circulatoires édictés par le maitre des lieux. La règle est d’une implacable simplicité. Le lieu de vie s’ajuste à la fonction et se confond souvent avec la nature du travail. Une fois déportés, déracinés, les indigènes s’entassaient dans des habitations sommaires à proximité des plantations, puis des manufactures. Continuellement corvéables, inféodés au système d’exploitation, ils se voyaient refuser jusqu’à leur dernière parcelle d’intimité.

Cet enclos, l’enclos du Nègre6, parachève le processus de dépersonnalisation et charpente le principe de domination. Gardons-le à l’esprit au moment d’autopsier les meurtres racistes commis sur les indigènes. Raréfier l’oxygène des noirs signe l’affirmation d’une autorité suprême sur les corps qui s’aventurent au-delà de leur parcage.

En conséquence, la présence du corps noir dans le cœur des villes, se perçoit, depuis l’imaginaire blanc, comme une intrusion dans son espace vital. Selon de vieilles coutumes, on tentera de lui en restreindre l’accès en privatisant notamment de nombreux lieux, en postant des vigiles, en systématisant les contrôles. Parfois en donnant la mort. Solution dont l’extrémité passerait pour déraisonnable à des personnes civilisées. Seulement, l’héritage de la police la met à l’abri de telle pudibonderie. Il lui suffira de criminaliser sa victime, de l’affubler de toutes sortes de tares, de la ramener à sa condition d’animal ou de sous-homme, pour éloigner d’indésirables scrupules.

 

Vers le dénominateur commun…

Reste une question : quelles cordes sensibles ces crimes ont-ils fait vibrer pour mériter de sortir de l’indifférence et de la rubrique des faits divers dans lesquelles ils sont généralement confinés ?

Pour l’expliquer, il faut, je crois, repasser par la case économique. Les gilets jaunes ont exprimé ce que l’intelligentsia hexagonale a pris l’habitude de résumer à une « peur du déclassement », aveugle à une réalité sociale où ce fameux « déclassement » s’épanouit depuis longtemps. Les classes moyennes et populaires, dont les pôles commencent à se toucher, désenchantées par le reniement de la promesse libérale et les ratés du ruissellement, sentent que leur tour arrive et que s’ouvre une période où ils pourraient renouer avec le temps bénis du servage. Pour avoir enfreint les règles de territorialité jusqu’aux champs Elysées, pour avoir déserté leurs berceaux, ils goutèrent également aux joies de la matraque sous le doux sifflement des lacrymos et au rythme effréné des Flash-Ball. Nombre de manifestants revinrent du champ de bataille estropiés ou défigurés. De quoi rendre sensible aux exactions policières, et solidaire des autres victimes…

Une perception nouvelle s’est affirmée au contact de cette répression d’Etat. L’idée que les « élites » républicaines se moquaient des principes démocratiques et que l’attelage police-justice tractaient prioritairement les intérêts des privilégiés, avec pour principal souci de les protéger des revendications de la « France d’en bas ».

Laissons aux gardiens du temple le loisir de contester cette interprétation des évènements pour déduire de cet exposé le dénominateur commun à toutes ces formes de racisme. Evaluons le à la lumière de ce théorème : le racisme est indissociable du capitalisme. Achille Mbembe : « Puissance de capture, puissance d’emprise et puissance de polarisation, le capitalisme a toujours eu besoin de subsides raciaux pour exploiter les ressources planétaires »7. Le racisme trie les individus susceptibles d’alimenter la machine capitaliste. Quand elle aura épuisé le réservoir des Nègres qu’elle a fécondé, elle en fabriquera de nouveaux par le foisonnement de son imagination et son expertise en confection de stéréotypes. Ces adaptations caractérisent l’évolution du capitalisme vers le libéralisme et le néolibéralisme. Corrompre le langage, substituer une main d’œuvre à une autre, changer de cibles, modifier l’arsenal juridique, autant d’accommodations nécessaires à sa perpétuation, procédés qu’il maitrise à la perfection. A cette fin, une seule constante à préserver : la précarité.

 

Comment en sortir ?

C’est assurément une des interrogations la plus expédiée sous le ciel de la fatalité. Le racisme serait consubstantiel à la nature humaine. Une sorte de pathologie incurable. Rien n’est plus discutable. Ou du moins plus confus. S’il s’agit d’un présupposé selon lequel la différence inspirerait de la crainte ou du rejet, versons-le au débat. S’il s’agit de constater que ce rejet prend, chez certains individus, des formes exacerbées, parfois converties en racisme, convenons-en. Mais le racisme, le vrai, celui qui étouffe, celui qui entrave, celui qui terrorise des communautés entières, plane bien au-dessus de ces problématiques individuelles. Il vit explicitement de discours maquillés par les dogmes de la république et de la laïcité. Il se niche dans des dispositifs implicites où le noir traine un cortège de représentations dégradantes. Et, surtout, il se blottit confortablement dans des pratiques institutionnelles de discriminations invalidantes.

Parlons clairement : si les sociétés occidentales avaient voulu en finir avec le racisme systémique, elles auraient pris leurs dispositions. Certes, la traite négrière et la colonisation furent reconnues du bout des lèvres, mais sans engager les décisions concrètes indispensables au changement. Avançons quelques propositions. D’abord il faut en finir avec la réification : briser les chaines de préjugés qui empêchent de rencontrer l’autre. Puis cesser le déni : arrêter d’enfermer le réel dans l’idée qu’on voudrait s’en faire. Et, enfin, concéder que l’éradication du racisme exige de rendre justice, c’est-à-dire d’admettre la nécessité de restitution et de réparation. Un pillage a eu lieu. Pris en flagrant délit, le voleur doit retourner le fruit de son larcin. Toute une partie de l’humanité a été dépossédée de son identité, coupée de ses racines, expulsée de son histoire et arrachée à son destin. Un tel saccage, mesurable à la misère qui désormais accable ces terres et ces populations, ne saurait se payer de commémorations. Il doit consentir à fixer le prix de l’« humanocide ».

Aimé Césaire, dans Discours sur le colonialisme, décrit les séquelles engendrées par la colonisation, montre comment elle a décivilisé le colonisateur. Rendre justice, souscrire au principe de réparation, c’est le sursaut par lequel toute l’humanité peut renouer avec elle-même.

 

[1] Nègre doit être pris ici comme le concept à partir duquel sont agglomérées toutes les caractéristiques attribuées aux personnes issues de l’immigration visible et aux anciens colonisés.

[2] François Fillon, 28 aout 2016, à Sablé-sur-Sarthe, pendant la campagne de la « primaire ».

[3] Lire, à cet effet, l’éloquent travail de Laurent Mucchielli, La France telle qu’elle est (ed. Fayard, 2020)

[4] L’ouvrage d’Odile Tobner, Du racisme français (ed. Les arènes, 2007) parcourt avec précision la littérature française pour rendre compte de cette histoire.

[5] Le Capital, livre 1.

[6] Critique de la raison nègre, p.62 à 64, d’Achille Mbembe

[7] Ibid, p. 257

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