DU 9 AU 11 JANVIER : VERS LE DÉPASSEMENT

La situation ce jeudi, suite à la quatrième journée de grève interprofessionnelle depuis le 5 décembre dernier, peut être résumée par quelques chiffres : 216, c'est le nombre de manifestations qui ont eu lieu, le plus important depuis le début du mouvement. Et 1,7 million, c'est le nombre de participants après 36 jours de conflit, en particulier dans les transports.

Sur Paris, nous étions plus de 300.000 : le cortège syndical était ouvert par un autre de deux kilomètres de long regroupant de nombreux grévistes contre lequel la police s'est déchaînée, tout comme à Bordeaux, Chalon ou Rouen, pour briser cette masse irrépressible.

Partout dans le pays, des voeux d'élus sont perturbés tout comme les sorties des ministres, La colère monte, y compris chez les avocats, et cherche les brèches où s'exprimer dans les écoles, les universités, les services ou les entreprises.

Ce samedi a eu lieu une puissante journée de manifestations (150.000 personnes sur Paris et 500.0000 dans toute la France selon la CGT), réalisant dans beaucoup de villes la convergence, à une échelle de masse, attendue depuis plus d'un an entre Gilets jaunes et mouvement syndical.

On a également eu droit à un recul tactique de la part du Premier ministre, sous la pression de la mobilisation, mais un recul quand même : maintenant que l'arbre de l'âge pivot ne cache plus (provisoirement) la forêt de la retraite à points, les critiques vont pouvoir se concentrer sur cette dernière qui reste majoritairement rejetée par l'opinion qui soutient aussi toujours la grève. Et l’attitude triomphaliste des dirigeants de la CFDT et de l'UNSA suite à ce retrait provisoire ne trompent aussi pas grand monde, à commencer par leur propre base. 

L'intersyndicale nationale a décidé, sans plus attendre, d'appeler à trois nouveaux jours de mobilisation dont le jeudi 16 janvier comme point d'orgue, à l'instar de la journée réussie du 9 janvier.

La CGT a beau appeler tous les salariés à la grève la semaine prochaine, on ne corrige pas en quelques jours le vide qui existe en matière de syndicalisation dans le secteur privé : profitons de ce laps de temps pour porter, autour de ceux qui sont déjà en lutte, la nécessité de la grève ; explorons d'autres terrains de mobilisations comme la journee du samedi 18 janvier, un acte fort à Paris appelé par les Gilets jaunes, ou en nocturne comme dans déjà une dizaine de villes depuis décembre dernier.

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