TPE : une analyse (sommaire) du scrutin

Le cru 2021 de l'élection TPE nous livre déjà deux enseignements :

1) Le naufrage de la participation :

Avec 5,44 % de votants, soit moitié moins que le premier exercice de 2012 et plus de deux points en retrait par rapport à celui de 2016, il est clair que ce scrutin sur sigle n'est même pas devenu un point de référence pour les près de 5 millions de salarié-es concernés, privé de toute représentation syndicale.

L'unique organisation à progresser à la fois en voix et en pourcentage est l'UNSA, qui passe même devant FO et talonne la CFDT.

2) La nature du scrutin :

Cette troisième élection démontre que, quand on peut susciter l'intérêt de ses maigres participant-es, il repose sur :

- La notoriété :

La CGT, forte de ses cent-vingt vingt-cinq ans d'existence et de sa place incontournable dans les relations sociales du pays, l'UNSA qui a mis le paquet sur les réseaux sociaux, les médias et le ciblage des électeurs dont ceux hors convention collective ou la CNT-SO et Solidaires qui, en maintenant peu ou prou leur nombre de voix, montrent qu'elles fidélisent un électorat de convaincu-es.

- L'implantation :

Le score de la CGT en Ile-de-France, où est situé ses plus grosses unions départementales, avec trois points de plus que sa moyenne nationale et près du quart des voix qui se sont portées sur elle nationalement, Solidaires en Bretagne qui se hisse à la cinquième place soit une de mieux qu'au plan national ou une participation supérieure à 10, voir 20 % dans des branches ou catégorie socio-professionnelle où le fait syndical, souvent corporatiste, est une réalité même dans les TPE (concierges, spectacle, assistantes maternelles ou encadrement).

- Une campagne (quand même) :

Le travail mené sur un territoire peut s'avérer payant (près d'une voix sur deux pour Solidaires à Mayotte et pas loin de 10 % dans le Gers).

A continuer avec le décryptage par branche.

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