22 MARS ET APRES : DEJOUONS TOUS LES CALCULS !

L'engouement autour du 22 mars qui, à la base, est une nouvelle date de mobilisation de la fonction publique à laquelle est venue s'ajouter la manifestation nationale des cheminot-es (songeons que les deux cortèges ne feront que se croiser à Bastille), traduit un besoin profond de convergence qui va déborder tous les calculs, syndicaux comme politiques.

Cette aspiration au " Tous ensemble " prend appui sur le vaste mouvement de grèves locales et sectorielles constatée ces derniers mois, que le revers subi sur les ordonnances l'an dernier n'a pas entamé :
- les EHPAD pour la deuxième fois depuis le début de l'année,
- les retraité-es, avec une participation multipliée par trois depuis leur précédente mobilisation,
- une agitation étudiante qui se cristallise en régions,
mais aussi ;
- la multiplication de conflits longs à la Poste,
- de grèves dans l'industrie (Coca Cola, Ford etc.) mais aussi dans le commerce (Pimkie, Carrefour dont le paroxysme sera atteint avec la journée du 31 mars prochain etc.).

Au mieux, les organisations syndicales et politiques se bornent à constater cet élan mais rien n'est prévu dès à présent pour faire fructifier le probable succès du 22 mars. Au contraire, il faut s'attendre à l'isolement, voir au torpillage en interne par la CFDT et l'UNSA, de la grève cheminote et à repartir vers une succession de dates par corporation pour nous balader jusqu'au 1er mai puis aux vacances d'été (à cet égard, l'appel de Air France pour le 23 et non le 22 constitue un mauvais signal en ce sens).

C'est la force du 22 mars, l'enracinement de la grève cheminote, qu'il faut soutenir dès son démarrage le 3 avril, et la capacité de tous ces fronts de lutte à se coordonner, entre autre à travers leur participation à l'initiative du Front social prévue le 7 avril prochain, qui permettra de forger le caractère irrépressible de la mobilisation générale à venir, seule à même de mettre en échec le gouvernement et, pour citer Blanqui, de faire en sorte que " le chapitre des bifurcations reste ouvert à l'espérance. "

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