GRANDE DISTRIBUTION : LA BOUCHERIE SOCIALE SE POURSUIT

La grande distribution n’en finit pas de dévorer ses salarié-es, à tel point que la CGT a comparé la situation à celle qui a touché la sidérurgie au siècle dernier. Ainsi, à Carrefour, c’est une rupture conventionnelle collective géante qui va être mise en œuvre.

Trois mille départs prétendument volontaires sont programmés d’ici la fin de l’année, via ce dispositif instauré par les ordonnances Macron-­Pénicaud qui permet de faire fi du motif économique du licenciement, alors même que l’entreprise veut fermer ses rayons bijouterie et électroménager ainsi que ses stations-­services, et de l’obligation de reclassement. À Auchan, qui appartient encore à une des plus grosses fortunes françaises, une vingtaine d’établissements doit être cédée, avec 700 emplois menacés, ce qui n’empêchera pas l’enseigne d’investir dans le pharaonique projet Europa City, pourtant décrié.

Des cadeaux pour les patrons, la misère pour les salarié-es

À chaque fois, des voix s’élèvent au plan syndical, politique, et désormais chez les Gilets jaunes, pour rappeler que ces entreprises ont perçu, ces dernières années, au nom de l’emploi, des centaines de millions d’euros au titre du CICE. De plus, un amendement adopté suite au vote de la loi PACTE le 11 avril dernier restreint le champ d’application du travail de nuit, en « autorisant » désormais le personnel des commerces alimentaires à travailler de 21 heures à minuit. Plutôt que de faire respecter la loi qui l’interdisait, les députés LREM dégradent davantage les conditions d’existence de milliers de femmes en situation de monoparentalité, majoritaires dans ce secteur, tout en versant une larme sur leur sort en cas de pension alimentaire impayée.

La riposte se fait attendre mais, le 9 mai dernier, Sud Commerce, rejoint par la CGT et les postiers du 92, a organisé un rassemblement pour protester, outre sur ce point éclipsé par la privatisation d’ADP qui figure dans cette même loi, contre la généralisation des caisses automatiques et la transformation de ces commerces en magasins multitout. Celles et ceux de New Look n’ont eux pas dit leur dernier mot, alors que la perspective de liquidation de l’entreprise se rapproche, et ils et elles feront à nouveau grève pour se rassembler le 20 mai prochain au tribunal de commerce de Paris pour une audience qui s’annonce décisive.

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