REGAIN

L'année 2020 se termine aussi mal qu'elle a commencé avec un nouveau confinement qui, faute de donner la priorité à l'impératif sanitaire contrairement au premier, va s'installer dans la durée.

Outre qu'il traduit l'échec du gouvernement dirigé par un Premier Ministre en charge initialement du déconfinement, les restrictions de liberté qui se suivent, consécutives aux attaques terroristes, forment un tout cohérent au contrôle social absolu que les possédants veulent nous imposer pour redresser au plus vite leurs profits dont l'insolence de la fortune d'un Jeff Bezos est la pure expression.

C'est sur ce terreau que fleurit l'article 24 de la loi dite de sécurité globale visant à interdire de documenter les violences policières qui, outre fracturer la majorité, donne lieu à une contestation inédite du côté des journalistes, de diverses institutions juridiques et des citoyens comme le montre l'affluence aux manifestations d'hier en dépit du contexte épidémique. Hollande a perdu sur la déchéance de nationalité perçu comme le pas de trop à droite, Macron peut perdre sur le tout-sécuritaire qui prépare un boulevard à l'extrême-droite pour 2022 !

Dans le même temps, que ce soient les petits commerçants lésés par les fermetures, les pratiquants en colère contre l'interdiction de culte, les salariés licenciés ou au chômage partiel en raison du poids de la crise économique engendrée par le Covid, les livreurs entravés dans leur activité, les professeurs excédés par l'absence de plan de prévention sanitaire efficace ou les chômeurs en fin de droits, tous forment une immense vague de ressentiment contre ce pouvoir inefficace et autoritaire.

Alors qu'on commémore les deux ans de la révolte des Gilets jaunes, la conjonction des deux, ce à quoi les forces qui prétendent incarner une alternative au illibéralisme devraient s'atteler, voilà ce qui pourrait se révéler fatal au macronisme sans attendre les échéances électorales à venir. Le 5 décembre prochain peut être une première occasion.

 

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