CONFIRMATION

Ce deuxième samedi de mobilisation a compté, selon le Ministère de l'Intérieur, 161.000 manifestant-es dans plus de 200 rassemblements contre 114.000 le 17 juillet dernier. En régions, tout un tas de villes moyennes ont fait le plein et, sur Paris, où trois manifestations différentes étaient organisées, toutes ont vu leur participation bondir. L'été sera incontestablement chaud !

Sur Paris, où la participation de quelques militant-es syndicaux CGT, CNT et SUD et politiques FI, LO et NPA tentaient de sauver l'honneur du mouvement ouvrier (L'interrorgation " Les syndicats sont où ? " revient sans cesse), énormément de primo-manifestant-es, pour l'écrasante majorité sans gilet, et une détermination qui a permis de reprendre les Champs Elysées après que la manifestation, initiée par les Gilets jaunes, soit partie en sauvage place Pereire en direction de l'avenue.

Dans le cortège de dizaine de milliers de personnes, expurgé de ses éléments réactionnaires néanmoins venus en masse au Trocadéro à l'appel de Philippot qui ringardise ainsi Le Pen, dominait l'expression du refus d'opposer vacciné-es et non-vacciné-es, le rejet d'être un QR Code, la crainte de perdre son emploi ou celle pour la santé de ses enfants

En régions, c'est une vague qui a déferlé avec des affrontements avec la police à Lyon, l'occupation des voies de la gare de Nantes ou, après celle de Chambéry la semaine dernière, des manifestant-es ont penetré dans la mairie de Poitiers pour déchirer le portrait de Macron.

Quand le sage montre le pass, l'imbécile regarde l'antivax

Ces manifestations, en plein été faut-il le rappeller, rappellent la dynamique du début des Gilets jaunes, avec une gauche syndicale et politique là-aussi aux abonnés absents : face à l'attaque de trop, c'est la démission de Macron et la chute de ce régime honni, minoritaire au plan électoral, qui est porté, pas le refus du vaccin même si il peut exister, résultat avant tout de la défiance générée par la gestion sanitaire calamiteuse du pouvoir.

La vaccination a une démarcation de classe, perçue par les couches populaires comme un instrument visant à permettre à la bourgeoisie de retourner au musée, au restaurant et de faire ses courses tout en tombant le masque et se claquer la bise, soit une hérésie en matière de prévention, alors qu'il va falloir encore vivre des années avec le virus, qui mute en permanence face au nombre croissant de vacciné-es dont on ne peut que se féliciter, et que les doses commencent à manquer ce qui rend le calendrier vaccinal à marche forcée du gouvernement intenable.

Sous le coup de cette effervesence, le Sénat a fortement vidé le pass sanitaire de sa substance - qu’on démontre ainsi l’intérêt scientifique de le présenter en terrasse que le gouvernement a justement rouvert en mai dernier lors du déconfinement - mais, au vu des déclarations de Macron, qui se tient à bonne distance de l'agitation en Polynésie, on imagine mal un compromis se nouer entre les deux chambres du Parlement.

Une telle obstination ne peut que renforcer la détermination et le nombre des manifestant-s samedi prochain et alors que l'application du pass est censée être élargie au dimanche qui vient... La tentative de Macron de souder son camp électoral face ses opposants de droite comme de gauche est bien partie pour virer au bourbier.

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