28 DÉCEMBRE : LA CONFIRMATION

que cette mobilisation va durer en dépit des congés, après que la durée du conflit à la SNCF a dépassé celui de 1995, qui avait cessé avant Noël, puis celui de 1986/1987.

Les mobilisations de cette semaine montrent non seulement que la trêve voulue par le gouvernement est mort-née mais que sa stratégie du pourrissement bat de l'aile. En effet, c'est près d'une centaine de manifestations, un fait inédit pour une telle date, qui ont eu lieu ce samedi, précédées d'autres et d'une multiplicité d'initiatives de soutien, en particulier aux cheminot-es identifiés comme les défenseurs de l'intérêt général.

Sur Paris, la jonction tant attendue entre la manifestation des gilets jaunes et celle syndicale, ouverte par les cortèges grévistes, a eu lieu en dépit de l'ardeur policière à l'éviter, qui aura vu Jérôme Rodrigues blessé par une charge : elle a regroupé des milliers de manifestant-es, dont, outre le secrétaire général de la CGT, des bibliothécaires, des profs ou des postiers, le plus souvent mêlés et avait la pêche.

Giletjaunisation de la grève 

Plus le pouvoir communique sur l'absence de pénurie d'essence, plus la pénurie se creuse suite à la mise à l'arrêt de plusieurs raffineries. Et plus les exceptions (pardon, spécificités) à sa réforme "universelle" se multiplie, plus son caractère nocif pour le plus grand nombre est avéré.

La tenacite des grévistes, qui ont pris en main le calendrier de la lutte, et la solidarité grandissante pour leur cause fait durer le conflit au-delà de ce que dirigeant-es politiques et syndicaux escomptaient. Il est nécessaire pourtant de l'élargir pour qu'un pallier soit à nouveau franchi le 9 janvier prochain et lui donne ainsi le second souffle qui fera vaciller Macron.

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