De nouvelles révélations sur les Caisses d’épargne

L'article d'Edwy Plenel annonçant le retrait des douze plaintes en diffamation déposées contre Mediapart par l'ancienne et la nouvelle direction des Caisses d'épargne a suscité de la part de nos abonnés de nombreux commentaires d'encouragement et aussi des questions sur l'offre de preuves dont nous disposions.
L'article d'Edwy Plenel annonçant le retrait des douze plaintes en diffamation déposées contre Mediapart par l'ancienne et la nouvelle direction des Caisses d'épargne a suscité de la part de nos abonnés de nombreux commentaires d'encouragement et aussi des questions sur l'offre de preuves dont nous disposions. Je voudrais donc ici dire tout à la fois ma gratitude à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, et répondre à cette curiosité légitime.

 

Ma gratitude, parce que tout au long de cette confrontation judiciaire, qui a donc duré plus d'un an et demi -de ma première enquête sur la crise de cette banque jusqu'à la seconde sur les conditions controversées de la nomination de François Pérol -, Mediapart a constamment été soutenu - moralement, financièrement... - par ses abonnés. Et ce soutien-là, en défense d'un journalisme indépendant et rigoureux, est hautement précieux et chaleureux.

 

Le soutien dont nous avons profité n'est d'ailleurs pas que celui de nos abonnés. Ayant le sentiment que ces enquêtes avaient été conduites de manière honnête, de nombreuses personnalités de tous horizons, politiques ou syndicales, connaissant très bien ces dossiers, avaient ainsi accepté de venir témoigner à ce procès, pour établir avec nous la véracité des faits évoqués dans ces articles en même temps que leur bonne foi. Plusieurs membres de la Commission des finances de l'Assemblée nationale (qui avait entendu François Pérol) devaient ainsi venir à la barre, parmi lesquels le député (UMP) François Goulard ou le député (PS) Michel Sapin, par ailleurs auteur de la loi anti-corruption encadrant le « pantouflage ». Le président de cette même Commission des finances, le socialiste Didier Migaud devait aussi témoigner, de même que son homologue, le président (Union centriste) de la Commission des finances du Sénat, Jean Arthuis. Ou encore le député socialiste Arnaud Montebourg. Le président du Modem, François Bayrou, était aussi du nombre.

 

Parmi les témoins, figuraient aussi des anciens dirigeants des Caisses d'épargne, des hauts fonctionnaires, des journalistes ayant travaillé sur ces sujets ou des personnalités du monde économique, tel Daniel Lebègue, ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et ancien directeur du Trésor, ou encore plusieurs syndicalistes (CGC et SUD) du groupe des Caisses d'épargne. A tous, je voudrais dire aussi ma gratitude.

 

Que l'on me comprenne bien. Les journalistes ne sont naturellement pas au-dessus des lois, et il est normal qu'ils aient, en certaines circonstances, à s'expliquer devant la justice, pour établir la véracité des faits évoqués par eux en même temps que la bonne foi de leurs enquêtes. Et dans le cas de l'affaire des Caisses d'épargne comme de celui de l'affaire Pérol, c'est ce que, sereinement, nous nous apprêtions à faire, avant que les plaintes ne soient retirées.

 

La curiosité de plusieurs de nos abonnés sur la nature de notre offre de preuve est donc légitime. Quelle est-elle ? En fait, malgré les plaintes, j'ai cherché à poursuivre méticuleusement et sereinement mon travail d'investigation. Sur la vie des affaires française en général et sur les Caisses d'épargne en particulier qui, de toutes les banques françaises, est l'une de celles, avec Dexia, qui a connu ces derniers mois la plus grande tourmente. Dans le cadre de la préparation de notre offre de preuves, et dans le cadre de mon travail quotidien de journaliste, j'ai donc accumulé ces dernières semaines et ces derniers mois une masse d'informations, qui éclairent sous un jour nouveau la crise des Caisses d'épargne - crise qui a conduit à leur mariage avec les Banques populaires, sous la houlette de François Pérol.

 

Je peux donc le dire ici par avance : cette curiosité légitime de certains nos lecteurs, nous allons donc la combler dans les prochains jours, en publiant une nouvelle enquête sur la crise des Caisses d'épargne, apportant de nombreuses révélations, et étayées par de nombreux documents jusqu'à ce jour confidentiels.

 

Chacun pourra alors juger sur pièces de la gravité de la crise des Caisses d'épargne et du sérieux de nos premières enquêtes. Mais les faits que nous avons établis et dont nous ferons état dans les prochains jours ont une portée encore bien plus grande : ils apportent un éclairage nouveau et préoccupant sur les dysfonctionnements qui affectent la régulation économique en France.

 

En quelque sorte, ce sont des pièces majeures que nous nous allons verser au débat et que nous apprêtions à produire lors du procès. Elles font réfléchir sur les dysfonctionnements des banques en France. Et sur ceux des instances chargées de leur supervision. En bref, des pièces qui devraient être au cœur du débat démocratique sur la crise et ses enseignements.

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