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Billet de blog 8 avr. 2022

Nous, médecins, pharmaciens, sages-femmes, voterons pour Jean-Luc Mélenchon en 2022.

S’il est un constat qui nous rassemble tous, c’est l’accélération de l’effondrement de notre système de santé dans tous les secteurs urbains et ruraux, de Métropole et d’Outre-Mer. Cet effondrement met en péril les malades. Le dévouement des professionnels ne suffit plus à compenser le manque de moyens humains pour répondre aux besoins de soins.

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- TRIBUNE -

Médecins, pharmaciens, sages-femmes…, nous nous engageons à voter pour Jean-Luc Mélenchon

afin de mettre un terme à l’effondrement organisé du système de santé.

S’il est un constat qui nous rassemble tous, c’est l’accélération de l’effondrement de notre système de santé, public et privé, hospitalier et libéral, dans tous les secteurs urbains et ruraux, de Métropole et d’Outre-Mer. Cet effondrement met en péril les malades. Le dévouement, parfois sans limites, des professionnels ne suffit plus à compenser le manque de moyens humains pour répondre aux besoins de soins, y compris en termes de recherche, de prévention et d’accompagnement médico-psycho-social des patients vulnérables, atteints de pathologies complexes et/ou chroniques. Les difficultés préexistaient, la gestion politique de l’épidémie a contribué à aggraver la situation.

Nous assistons désormais, sous couvert de la loi du 5 août ou au prétexte de différents plans, à des pratiques inédites et indignes, comme le refus de consultation ou d’hospitalisation de patients, le report d’interventions ou de soins programmés, directement en lien avec le nombre insuffisant de lits, rompant ainsi totalement avec les principes fondamentaux sur lesquels étaient basée la Sécurité sociale, nos organisations et nos pratiques (tels que le secret médical, la non-discrimination des patients, le respect du consentement, l’obligation de moyens, la liberté d’exercice …).

Ce recul de civilisation a été préparé de longue date, en dépit de la résistance acharnée d’une partie des personnels et de la population :

  • L’abandon du financement des hôpitaux publics par le « prix de journée »,
  • La fiscalisation de la Sécurité sociale via la CSG,
  • La désertification en ville via le numerus clausus, la dévalorisation des actes,
  • Le Plan Juppé créant les ARH/ARS et l’enveloppe fermée, dite ONDAM,
  • La T2A empruntée au financement des HMO américaines avec sa logique marchande,
  • La loi HPST de juillet 2009 ...

Ces mesures (et bien d‘autres) ont préparé la fermeture de plus de 100 000 lits dans nos hôpitaux en 20 ans et celle d’établissements entiers. Ainsi de 717 maternités publiques en 2000 nous sommes passés à 486 en 2017, alors que la population a augmenté de plusieurs millions d’habitants dans la même période. Les déserts médicaux autrefois réservés à certains départements dits ruraux sont aujourd’hui l’apanage de nombreux centres-villes. Dans le même temps le numerus clausus et autres quotas ont permis d’organiser sciemment la baisse ininterrompue des effectifs, notamment dans les établissements de santé. Ainsi, de 220 000 infirmières en 2010 dans les Hôpitaux Publics nous en dénombrons aujourd’hui seulement 170 000. La théorie qui préconisait la baisse drastique de l’offre de soins, comme méthode efficace pour diminuer la demande, a été appliquée avec célérité alors que les besoins ne pouvaient que croître, notamment du fait du vieillissement de la population. La dernière année en France sans numerus clausus, à savoir 1970, 59 000 étudiants en médecine ont été admis en 2ème année pour une population de 48 millions d’habitants, aujourd’hui, ils sont moins de 10 000, pour une population de 67 millions d’habitants.

Pourtant, le président de la République Emmanuel Macron, et son ministre Olivier Véran, répètent à l’envie la même litanie : « On n’a jamais fait autant pour l’Hôpital Public » et lâchent en pâture à l’opinion publique le chiffre de « 20 milliards d’euros pour l’hôpital ! ».

La réalité crue est que, même en pleine pandémie, ils ont réduit les budgets de la recherche et des agences sanitaires, ils ont contraint le rôle des médecins libéraux, ils ont continué à supprimer des postes de travail et à fermer des lits dans les hôpitaux : 5700 lits pour la seule année 2020 selon la DRESS (Direction directement dépendante du Ministère de la Santé et de celui de l'Économie et des Finances).

Au cours de ce dernier quinquennat, nous avons assisté à une dégradation des prises en charge des patients, des organisations et des conditions d’exercice.

Nous devons maintenant faire face à une pénurie inédite et dramatique de soignants (épuisements, démissions, suspensions ou fermetures de cabinets, difficultés de recrutement, vocations empêchées, conflits éthiques …). Le numerus clausus des étudiants en médecine a certes cessé de baisser depuis peu, mais il a été redéfini non plus nationalement, MAIS en déléguant la responsabilité de l’appliquer à chaque faculté de Médecine dont les moyens sont en diminution, comme le veut le principe de subsidiarité.

A grands coups de Plan Blanc, de Pass sanitaire puis de Pass vaccinal, et autres « mesures d’urgences » aussi inutiles que coûteuses portant atteinte aux libertés démocratiques, la suspension sans salaire et la fuite des personnels a été méthodologiquement orchestrée.

Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a eu dans les choix du Président Macron, de son gouvernement et de la majorité parlementaire aucune incohérence. Il n’y a eu que la mise en œuvre méthodique et en accéléré, favorisée par le prétexte de l’épidémie de Covid-19, d’une politique engagée de longue date.

La préservation de la santé et de la qualité des soins en France n’a pas besoin de « nouvelles réformes, et de nouvelles organisations ». Au contraire, nous avons besoin de défaire les contre-réformes destructrices de ces dernières années et de renouer, dans un esprit de résistance et de reconquête, avec l’éthique, la déontologie médicale et professionnelle et tout ce qui nous a fait nous engager dans nos métiers au service de nos concitoyens et au bénéfice des malades.

La France a besoin en urgence 1) de lits, 2) de personnels, médicaux et non médicaux dans tous les secteurs, et 3) d’une révision des modalités de financement des soins garantissant au patient quelle que soit sa situation personnelle, son âge, sa pathologie, ses moyens, d’être pris en charge correctement (prix de journée, 1 agent/1 résident dans les EHPAD, liberté de prescription des médecins de ville dans le respect de la convention avec la Sécurité sociale, …).


Parce qu’il s’est engagé à rompre avec les directives Européennes lorsqu’elles sont contraires à l’intérêt de la population, et donc à rompre avec la politique de destruction du service public hospitalier et de la Sécurité sociale - dont la préservation et la continuité sont incompatibles avec les traités Européens et notamment leur principe fondateur à savoir celui de « la concurrence libre et non faussée » -, le candidat de l’Union Populaire, nous semble à ce jour, celui qui est le plus à même de nous aider à renverser le cours des choses, et à rétablir la possibilité d’un système de santérépondant aux besoins de la population française, et à se préparer aux enjeux sanitaires de demain.

La santé est notre bien le plus précieux, individuellement et collectivement, c’est pourquoi nombre d’entre nous font le choix de soutenir le candidat de l’Union Populaire qui réunit, au-delà des membres et sympathisants habituels de La France Insoumise, tous ceux qui espèrent voir enfin aboutir leurs combats pour la santé de tous et leurs revendications pour une société plus juste et plus humaine.

Voter le 10 et le 24 avril 2022 pour Jean-Luc Mélenchon, candidat de l’Union Populaire, nous semble aujourd’hui le barrage le plus efficace pour mettre un terme à l’effondrement organisé de notre système de santé.


Les 70 premiers signataires :

Dr Marie-José ALLIOT, Médecin (Rhône)

Dr Florence ALSEDA, Médecin Généraliste (Loire Atlantique)

Dr François ANTONIOU, Médecin du Travail, Retraité (Hérault)

Dr Claire ARA SOMOHANO, Médecin Réanimateur (CHU Grenoble Alpes – Site Voiron)

Dr André ARNAUD, Médecin Généraliste (Isère)

Dr Sidy BAH, Gériatre en SSR (CH de Saint Geoire en Valdaine)

Dr Erika BARGE, Médecin Généraliste (Rhône)

Dr Irène BASTIE-SIGEAC, Médecin de l'Éducation Nationale (Académie de Créteil)

Dr Anne BELIN, Médecin Généraliste (Isère)

Dr Sylvia BELLUCCI-SESSA , Maître de conférences honoraire des Universités (Hôpital Lariboisière, Paris, AP-HP)

Dr Blandine BENET, Médecin Biologiste (Moselle)

Dr Stéphanie BERNARD, Médecin urgentiste (CHU de Grenoble)

Dr Catherine BONNET, Pédopsychiatre retraitée

Dr Isabelle BOREL, Praticien Hospitalier (Hôpital de Voiron)

Dr Catherine BOUREAU, Médecin Dermatologue (Saint-André de Cubzac, Gironde)

Dr Féthi BRÉTEL, Psychiatre-Psychothérapeute (Sotteville-Lès-Rouen)

Dr Raphaël BRIOT, Anesthésiste-Réanimateur (SAMU 38)

Dr Bernard CAMBERLEIN, Médecin Généraliste (Oléron)

Dr Rose-Marie CASTELLO, Médecin du Travail (Paris)

Dr Jean-Louis CHABERNAUD, Pédiatre-réanimateur (Hôpital Universitaire de Clamart, AP-HP)

Dr Pierrette CLOZIER, Médecin scolaire (Paris)

Dr Fanny COHEN-HERLEM, Psychiatre, et pédopsychiatre - Protection de l’enfance (Paris)

Dr Corinne COLOMBET, Médecin Généraliste (Ardèche)

Dr Anne CUSTINE, Médecin Urgentiste (Wallis et Futuna)

Dr Jean-Michel DELAROCHE, Psychiatre, psychanalyste. Praticien Hospitalier (GH Nord-Essonne)

Dr Jacques DELON, Médecin du Travail, Syndicaliste (Rhône)

Dr Marie-Hélène DOGUET, Psychiatre Libérale (Normandie)

Dr Carole ECHARD, Pédopsychiatre hospitalier (Château-Gaillard)

Dr Gabriel EL YEBDRI, Médecin Biologiste (Toulon)

Dr Anne ENOT, Psychiatre (Centre Hospitalier Alpes Isère)

Dr Claude ESCARGUEL, Ancien pdt du Syndicat des praticiens des hôpitaux généraux (Toulon)

Dr Imane ESSOUFI, Pharmacienne (Saint julien en Genevois, Haute Savoie)

Lydie FAILLENET, Sage-femme de PMI (Poitiers)

Dr Françoise FericceliPédopsychiatre (Ville-la-Grand

Dr Jean-LouisFROIDEVAL, Médecin Généraliste (Bordeaux)

Dr Jean-Marc GALLIEN, Médecin Généraliste (Voiron)

Dr Valérie Gill ophtalmologiste hospitalière et pénitentiaire (Toulon, Aubagne, Marseille, Aix, Avignon)

Dr Leila GOFTI-LAROCHE, Pharmacienne-Epidémiologiste (CHU Grenoble Alpes)

Dr YvesGREANI Médecin Généraliste (Corse du Sud)

Dr Pierrick GUERIN, Médecine Intensive (CHPO Bourgoin)

Dr Marie-Christine HERAULT, Médecin Réanimateur (CHU Grenoble Alpes)

Annabelle JUBIEN, Sage-femme (Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres)

Dr Essam KOTEIRA, Chirurgien viscéral (CHU Grenoble Alpes – Site Voiron)

Dr Michel LEBLANC Pharmacien hospitalier

Dr Marie-Paule LEMONNIER, Hématologue (Paris)

Dr Chantal LESOUPLE, médecin hospitalier retraitée (Dordogne)

Dr Charles-Antoine MARTIN, Chirurgien ORL (Villefranche de Rouergue, Aveyron)

Dr Jean-Max MARTIN, Médecin Généraliste (Loire Atlantique)

Dr Julie MATEO, Médecin Urgentiste (CHU Grenoble Alpes)

Dr Eddie-Laurent MERCOYROL, Médecine d’Urgence, Praticien Hospitalier (Hôpital Nord-Ouest Villefranche-sur-Saône)

Dr Patricia OKAMBA, Médecin biologiste (Metz)

Dr François PARAIRE, Médecin Anatomopathologiste honoraire (Hôpital Raymond Poincaré, Garches, AP-HP)

Astrid PETIT, Sage-femme AP-HP

Dr Hélène POTRICH, Médecin Généraliste (Saint Laurent d'olt)

Marion POUVREAU, Sage-femme de PMI (Loir et Cher)

Dr Romain RIBOUD, Chirurgien Viscéral (CHU Grenoble Alpes – site Voiron)

Dr Pierre RIVIERE Psychiatre (Bagneux)

Dr Robert RUBINSZTAJN, Pédiatre-Réanimateur (Hôpital Universitaire Necker - Enfants Malades, Paris, AP-HP)

Dr Ambre SIMON, Médecin Orthodontiste (Embrun, Hautes Alpes)

Dr Nicolas SIMON, Interniste, chef de service (CHU Grenoble Alpes – site Voiron, Isère)

Dr Marc SCHMUTZ, Médecin Expert(Annecy, Haute Savoie)

Pr Laurent THINES, PU-PH, Neurochirurgien (CHRU de Besançon)

Dr Jean-MarieTRIBOUILLARD, Médecin Généraliste (Annecy, Haute Savoie)

Pr François VANDENESH, PU-PH (Hospices Civils de Lyon Rhône)

Dr Olivier VARNET, Médecin Neurologue (Paris, AP-HP)

Dr Cyrille VENET, Anesthésiste-Réanimateur (CHU Grenoble Alpes - Site Voiron)

Dr Patrice VIENOT, Anesthésiste-Réanimateur(CH de Lons le Saulnier, Jura)

Dr Isabelle VRAY, Médecin Biologiste (CHU Grenoble Alpes - Site Voiron)

Dr Stanislas WALIGORSKI, Psychiatre libéral et ancien praticien hospitalier (Ardèche).

Contact Presse : Dr Jean-Louis Chabernaud, Pédiatre-réanimateur (AP-HP) Mobile : (33) 6 85 12 83 82  jean-louischabernaud-ext@aphp.fr ou Dr Cyrille VENET Mobile : 06 68 02 80 73.

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