Mes chers patients, mes chers confrères: désolé, ce 9 mai 2019, j’ai Grève Générale !

Mes chers patients, mes chers confrères: 

désolé, ce 9 mai 2019, j’ai Grève Générale ! 

(lettre d’un médecin hospitalier)

 

professeur-laurent-thines-horizontale

Mes chers patients, mes chers confrères,

Je suis désolé de vous annoncer qu’aujourd’hui 9 mai 2019je n’assurerai pas mes fonctions hospitalo-universitaires et de chefferie de service car je participe à la Grève Unitaire de la Fonction Publiquepour la défense de la fonction publique (hospitalière) et celle du statut de Praticien Hospitalier.

Parce que nous soignants condamnons l’instrumentalisation de l’hôpital en vue de soutenir les politiques de casse sociale menées par nos gouvernements successifs,

#laPitiéSalpétrière

Parce que nous soignants demandons l’arrêt de l’usage d’armes de guerre contre la population civile qui tuent et mutilent chaque semaine nos concitoyens,

#STOP_LBD_GLIF4_mutilations

Parce que nous soignants refusons les injonctions administratives de fichage de nos concitoyens blessés lors des actions de répression des manifestations,

#signaturesdes100médecins

Parce que nous soignants refusons le plan de révision du statut de Praticien Hospitalier visant à terme à contractualiser les médecins hospitaliers

#touchepasàmonstatutdePH

Parce que nous soignants une nouvelle forme d’industrialisation du soin, encore plus déconnectée de la personne humaine

#onestpasàlusine

Parce que nous soignants rejetons le plan de « modernisation » de la fonction publique

#NONàlacassedefonctionpublique

Parce que nous médecins devons montrer l’exemple !

#médecins_montrons_lexemple

 

Le projet de loi sera à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale en première lecture à partir du lundi 13 mai, et pour toute la semaine. Le gouvernement voudrait faire adopter le texte avant l'été et le mettre en application au 1er janvier 2020.

#agir_avant_trop_tard

 

Que prévoit ce projet de réforme de la fonction publique ?


- une refonte des instances de dialogue social comme dans le privé

- la suppression des compétences des commissions administratives paritaires qui donnent notamment leur avis sur les mutations et promotions = + d’arbitraire, soumission, précarisation des soignants

- un recours accru aux contractuels, notamment avec avec les futurs contrats de mission = fin du CDI, précarisation, soignants malléables & corvéables

- une plus grande individualisation de la rémunération, rémunération au « mérite » = mise en concurrence des agents

des mesures pour "favoriser la mobilité" des agents, qui s'inscrivent dans l'objectif gouvernemental de réduction des effectifs de 120 000 postes d'ici à 2022 = suppression de dizaines de milliers de postes à l’hôpital, aggravation des conditions d’exercice

- le déclassement de 500 à 600 hôpitaux de proximité, qui ne seront plus autorisés à pratiquer la chirurgie, les accouchements ou à accueillir des urgences = inégalités d’accès aux soins, zones de non droit à la santé

la poursuite du rationnement des soinset à terme transfert ou abandon de missions vers le secteur privé = disparition progressive de l’hôpital public

la révision du statut du praticien hospitalier, moyen de limiter progressivement le nombre de médecins sous statut en embauchant des contractuels= fin du statut de la fonction publique hospitalière, asservissement aux directions d’hôpitaux

le dossier numériquesans garanties éthiques et non mercantiles de la gestion des données des patients = secret médical ouvert au big-data-managers

le maintien du gel du point d’indicedes fonctionnaires = pas de revalorisation salariale

l’absence de plan d’action contre le syndrome d’épuisement professionneldes soignants = plus de burn-out et de suicides (50 médecins-20infirmères-AS / an)

 

Au total : + de précarité + de suppressions de postes + de restriction des libertés + d’inégalités et de concurrence entre agents + de dégradation des conditions de travail, de la qualité et de la sécurité des soins

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