«Sécurité» ou «Sûreté»: une lettre aux députés français. #StopLoiSecuriteGlobale

La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ne promeut pas la « sécurité » mais la « sûreté », un état où le danger n’existerait plus, les membres de la société auraient la garantie de leurs libertés et de leur bien-être physique, moral, social et où les "gardiens de la paix" seraient à leur service. Le droit de résistance à l’oppression en fait partie.

 

Sollicitez vos députés ! © La Quadrature du net Sollicitez vos députés ! © La Quadrature du net

 

Pour solliciter les députés français: le lien de la Quadrature du Net  

#StopLoiSecuriteGlobale

 

Madame la Député, Monsieur le député, 

Je vous écris pour vous demander solennellement de ne pas ratifier le Projet de Loi sur la Sécurité Globale porté par le Ministre Darmanin et le député Jean-michel Fauvergue, ancien directeur du RAID.

Ce projet répressif vise à mettre en place en France tout un ensemble de lois propres aux États policiers et qui vont, de fait, porter atteinte de façon durable à nos libertés et à nos droits fondamentaux à s’exprimer, à manifester ou à témoigner de toute forme de répression étatique sur la population par le biais de sa Police ou de son Armée. Il est clair ici, que par le biais des deux personnages cités plus haut, la Police a écrit elle-même les règles qui définiront ses pouvoirs. Vous avez en tant que député de la République française, une grande responsabilité face à l’histoire. 

En validant ces lois, vous permettriez de facto l’instauration d’un Etat Autoritaire en France où la liberté de s’indigner et d'exprimer son désaccord pour faire évoluer notre société serait réprimée dans la rue, dans les camions de police et dans les salles des commissariats dans l'invisibilité la plus totale et sans la garantie d’obtenir justice en cas d’usage disproportionné ou illégal de la force publique.

En validant ces lois, vous permettriez, de façon parallèle, l’organisation d’une surveillance généralisée des citoyens alors même que les citoyens ne pourront eux-mêmes plus mettre en place la moindre stratégie démocratique de contrôle sur la Police et les institutions du pays.

En validant ces lois, vous permettriez le renforcement d’une approche confrontationnelle dans la gestion des manifestations populaires ou syndicales, qui n’aboutira qu’à une augmentation des fractures, des colères et, par voie de conséquence, de la conflictualité dans notre pays qui a tant besoin en cette période d’apaisement.

En tant que médecin, humaniste, j’ai moi même pris position contre l’usage des armes sublétales en France (LBD, grenades défensives, grenades lacrymogènes) au travers d’une pétition et d’une lettre ouverte au Président de la République. Nous n’aurions jamais pu documenter les dérives d’usage de ces armes de guerre contre la population civile française sans les nombreux témoignages photo ou filmés. Qu’en sera-t-il après le vote de cette loi ?

La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, à laquelle est attachée notre Nation et notre Constitution, ne promeut pas la « sécurité » mais la « sûreté », un état où le danger n’existerait plus, les membres de la société auraient la garantie de leurs libertés et de leur bien-être physique, moral, social et où les "gardiens de la paix" seraient à leur service. Le droit de résistance à l’oppression en fait partie.

Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

En vous remerciant pour votre lecture attentive,

Veuillez agréer Madame la député, Monsieur le député l’expression de ma considération républicaine,

Professeur Laurent Thines

Neurochirurgien

Citoyen

Poète

 

NB: tout ou partie de ce texte pourra être utilisé, modifié pour servir à faire valoir ce que de droit républicain.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.