Michelle Bachelet remporte haut la main les primaires au Chili

Ce dimanche Michelle Bachelet a gagné les primaires de la gauche en vue de la présidentielle du 17 novembre au Chili. L’ancienne présidente entre 2006 et 2010 continue de surfer sur une vague de popularité qui ne faiblit pas.
Cristian Labbé realiza polémica votación en Providencia © Chilevision Noticias
Cristian Labbé realiza polémica votación en Providencia © Chilevision Noticias

Ce dimanche Michelle Bachelet a gagné les primaires de la gauche en vue de la présidentielle du 17 novembre au Chili. L’ancienne présidente entre 2006 et 2010 continue de surfer sur une vague de popularité qui ne faiblit pas.

Sans surprise, Michelle Bachelet est la grande gagnante des primaires avec près de 3 votes sur 4 au sein de sa coalition, le pacte de la "nouvelle majorité". 

Les trois autres candidats de la coalition de centre-gauche ont tous annoncé dès hier soir qu'ils contribueraient au "triomphe" de Michelle Bachelet en novembre, y compris Andres Velasco, un indépendant de centre-gauche arrivé en 2e position à la surprise générale.

Cet économiste qui ne dispose d’aucun parti politique détrône ainsi le candidat de la Démocratie chrétienne, l’un des plus grands partis du Chili, Claudio Orrego.

La désormais candidate socialiste à la présidentielle conforte donc sa position de favorite au sein de sa majorité mais aussi face à la droite. Dans tout le Chili, 2 électeurs sur 3 ont voté pour un candidat de gauche hier, et 1 sur 2 pour Michelle Bachelet.

 

Un proche de Pinochet remporte les primaires à droite

 

A droite Andrés Allamand, le candidat de la droite modérée du parti du président Sebastian Piñera (RN Rénovation Nationale), a perdu de justesse face à Pablo Longueira, son adversaire de la droite conservatrice (UDI Union Démocrate Indépendante).

Pablo Longueira a été un proche collaborateur d'Augusto Pinochet pendant la dictature, et notamment conseiller au Ministère du Logement.

Un autre proche de Pinochet a suscité la colère d'autre citoyens au moment de voter : 

"Assassin, complice de la dictature !" a crié cette femme (vidéo ici) à l'encontre de Cristian Labbé, ancien maire de l'arrondissement aisé de Santiago, Providencia, entre 1996 et 2012. 

Pendant la dictature, ce colonel a été en charge de la sécurité d'Augusto Pinochet puis membre de la DINA, la police politique.

 

L'abstention, l'autre gagnante

 

Sur les 13 millions d’électeurs chiliens, plus de 3 millions se sont rendus aux urnes pour ces élections non obligatoires, les deuxièmes  du genre depuis les municipales en octobre dernier. L'autre gagnante de ces primaires c'est donc aussi l'abstention avec 77%.

Beaucoup de Chiliens ne se sentaient pas représentés par les six candidats en lice pour ces primaires.

Participent aussi à la course à la présidentielle cinq candidats indépendants hors des coalitions de droite et de gauche, comme "ME-O", Marco-Enriquez Ominami. Ce candidat de gauche (ex socialiste) avait obtenu 20% des voix au 1er tour de la dernière présidentielle en 2009, se situant juste derrière les deux candidats des blocs majoritaires. 

 

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