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Billet de blog 7 mai 2013

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Ai Weiwei signe sa 1ère oeuvre en Amérique latine et la dédie à Pablo Neruda

Après Paris, New York, au tour de Valparaiso au Chili d’accueillir une œuvre de Ai Weiwei. Assigné à résidence, l’artiste chinois a réalisé dans son atelier, à Pékin, une fresque murale de 900 m² représentant l’archipel Senkaku disputé par la Chine et le Japon.

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Après Paris, New York, au tour de Valparaiso au Chili d’accueillir une œuvre de Ai Weiwei. Assigné à résidence, l’artiste chinois a réalisé dans son atelier, à Pékin, une fresque murale de 900 m² représentant l’archipel Senkaku disputé par la Chine et le Japon.

L’exposition d’art contemporain « Of Bridges and Borders » (Des ponts et des frontières) regroupe 17 artistes à Valparaiso. À l’orée du Parc Culturel de Valparaiso, une maquette du Colisée de Rome surplombe le Cerro Cárcel (Colline de la prison). Réalisée par la Française Séverine Hubard, elle symbolise la frontière entre passé et présent.

Puis la Mexicaine Marcela Armas nous fait pénétrer dans l’une des salles de l’exposition, que coupe horizontalement un fil de fer barbelé électrique. Éclairé par intermittence par une LED rouge, il représente la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

En sortant de l’exposition, familles et capoeiristes (adeptes de la capoeira) se côtoient dans le parc à la pelouse coupée à ras, aux haies et parterres de fleurs entretenus. Il y a une dizaine d’années, cette  pelouse était la cour de la prison de Valparaiso. Les familles des détenus « venaient en nombre le dimanche, faisaient la queue pour voir leurs proches, mangeaient de la viande sur des barbecues improvisés », se souvient Jorge.

Aujourd’hui et jusqu’au 26 mai, trône en transparence sur le fronton de l’ancienne prison la fresque de Ai Weiwei. De l’immense toile-de-mèche de 106 mètres de largeur sur 8 de hauteur, se dégagent les pourtours des îles Senkaku en japonais, Diaoyu en chinois, sous contrôle japonais et réclamées par Pékin.

« Qui de mieux qu’Ai Weiwei pour nous parler des frontières ? », lance Sigismond de Vajay. « Reclus dans son propre pays, il est lui-même au cœur d’un problème de frontière », estime le commissaire de l’exposition et artiste suisso-argentin.

L’œuvre s’intitule « À Pablo ». Ce n’est pas un hasard ; le père de Ai Weiwei, Ai Qing, était très proche de Pablo Neruda, le poète Prix Nobel de Littérature dont la dépouille a été exhumée le 8 avril dernier.

Un ver surplombe l’image satellite des îles Senkaku, écrit en chinois et en espagnol.

« Se levanta un hombre / Un homme se lève

Con una lupa / Avec une loupe

Busca en el mapa / Il cherche sur une carte

Un lugar en el que nunca ha estado / Un endroit où il n’a jamais été. »

Le père de Ai Weiwei, Ai King est l’auteur de ce poème Cap du Chili, dédié à son grand ami Pablo Neruda.

Des ponts (l’amitié entre un poète chilien et chinois) et des frontières (les relations sino-japonaises)  donc. Du charabia pour certains visiteurs.

José par exemple habite la colline en face du parc culturel. Une población (un bidonville amélioré) dont on aperçoit les masures dépareillées, aux couleurs criardes. Pour lui, « cette œuvre n’a pas beaucoup de sens ». « Un Chinois vient ici nous parler des relations entre son pays et le Japon », explique-t-il en riant face à la perplexité de l’œuvre mais « il n’est venu à l’esprit de personne d’étudier les relations entre l’ancienne prison et les familles qui vivent en face ! ».

D’autres passants se montrent davantage sensibles. Verena parcourt l’œuvre du regard, avant de lâcher pensivement : « Ai Weiwei ne peut pas voir tous ces nouveaux mondes or, il nous invite à cet endroit où il n’a jamais été. C’est émouvant »

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