Libéré par les Farc, Roméo Langlois attendu en France

Primeras palabras de Romeo Langlois tras entrega © teleSUR tv
Après trente-deux jours de captivité avec les Farc, Roméo Langlois a été libéré hier. La guérilla colombienne a remis le journaliste français à une mission humanitaire, dans le village de San Isidro, au Sud de la Colombie.

Il est apparu fatigué mais souriant, caméra au poing, au milieu de la foule. Sur la chaîne latino-américaine Telesur, le correspondant de France 24 et du Figaro a affirmé qu’il avait été « traité comme n’importe quel guerillero blessé, à la dure, mais bien ». Il a ajouté qu’il ne pouvait « pas se plaindre ». « Ils ne m’ont pas attaché, ça je leur avais dit dès le premier jour », poursuit-il. « Ils m’ont toujours traité plutôt comme… un invité. Ils m’ont bien nourri, avec le peu qu’ils avaient. Ils ont toujours été respectueux. »

Dans son bain de foule, Roméo Langlois salue Jean-Baptiste Chauvin, l’émissaire du Quai d’Orsay (à 2’56 de la vidéo)

Au journaliste qui lui demande ce qu’il retient de cette expérience, Roméo Langlois répond qu’il n’avait « pas besoin de cette expérience pour connaître le conflit en Colombie et la guerilla ». Le journaliste, qui vit en Colombie depuis douze ans, a regretté que ce conflit soit « oublié » et « non couvert ».

Quant au guerillero « Monazo » qui avait déclaré, quatre jours après sa capture, que Langlois était un « prisonnier de guerre », le journaliste a affirmé « accepter ses excuses », bien qu'il ne « partage pas la décision » d’avoir été retenu pendant trente-trois jours.

Une libération mise en scène ?

Cette libération n’aurait pas dû être filmée, en tout cas cela n’était visiblement pas prévu dans le protocole. Pas plus que cette autre entorse : les FARC et les villageois de San Isidro ont improvisé un discours sur une estrade installée à la va-vite dans l’école du village, juste avant la libération du journaliste. Les premiers ont célébré les quarante-huit ans d’existence de leur organisation. Les seconds ont dénoncé l’abandon par l’État de leur département, El Caquetá, l’un des bastions des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.

Pas sûr que cette mise en scène des FARC soit du goût du gouvernement colombien, encore moins de celui d’Álvaro Uribe.

La « méfiance » d’Álvaro Uribe

L’ancien président colombien, de droite, ne démord pas, et continue d’afficher sa « méfiance » envers Roméo Langlois, ce « grossier journaliste français ». Uribe a été interviewé l’an dernier par Roméo Langlois, et apparemment il n’aurait pas aimé que cet « individu », comme il le surnomme, lui pose cette question : « Pourquoi l’ex-président que vous êtes fait campagne pour les municipales ? ».

Le 8 mai dernier, Uribe a déclaré sur la radio Colmundo ne vraiment « pas avoir confiance en cet individu ». Hier, il a déclaré sur son compte Twitter : « Langlois sait mentir, pourvu qu’il ne mente plus à la Colombie, il sait pourquoi je lui dis cela ! ».

Retour en France dès ce jeudi ?

Roméo Langlois se trouve actuellement (nuit de mercredi à jeudi) à Bogotá, la capitale colombienne, en compagnie  notamment de Loïck Berrou,  rédacteur en chef de France 24. Il devrait rentrer à Paris aujourd’hui, ou demain vendredi, après un examen médical.

Le 28 avril, jour de sa capture, Roméo Langlois couvrait une opération anti-drogues  avec l’Armée colombienne. Le but étant de détruire un laboratoire capable de fabriquer « 500 kilos de cocaïne » selon la chaîne Telesur. Roméo Langlois a assuré hier que ce laboratoire était « petit et modeste, comme tant d’autres » et qu’il « appartenait à un paysan qui comptait évidemment dessus pour survivre ».

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