2021: Pour une écologie émancipée de ses évangiles

Nous savons, hélas plus grâce à des gens comme Jean-Marc Jancovici qu’aux militants de l’écologie politique plutôt adeptes d’une illusoire « croissance verte », que les décennies qui viennent s’annoncent « chaudes », à tous points de vue. N’est-il pas temps que ces militants abandonnent certains de leurs mythes fondateurs pour se confronter enfin au réel?

Deux partis essentiellement se revendiquent de l’ « urgence écologique », EELV et la France Insoumise. Ils seront d’évidence les deux principaux compétiteurs de la gauche en 2022, les autres se rangeant probablement peu ou prou derrière eux. Dans cette perspective, et dans le contexte d’infodémie liée notamment au COVID et à ses avatars, n’est-il pas temps qu’ils choisissent :

1. Le nucléaire plutôt que les EnR

L’urgence, sous la double contrainte du réchauffement climatique et de la déplétion pétrolière, est de décarboner l’économie. Dans ce contexte le nucléaire est plutôt une solution qu’un problème. De plus en plus d’écologiste en prennent la mesure (en Finlande, en Allemagne, pour la France Jancovici ou François-Marie Bréon, physicien et climatologue, nouveau président de l’Afis lire ici). Le 100 % renouvelable est une fiction dont EELV comme LFI reviendront, le plus tôt sera le mieux.

2. L’evidence-based medecine plutôt que les pseudo-médecines

Le COVID en général et les épisodes de la chloroquine et du vaccin en particulier ont déchaîné les passions. Une posture globalement « anti-scientifique » est devenue majoritaire sur les réseaux sociaux, et donc dans la vie quotidienne.

Il est urgent que les principales formations politiques de gauche renouent avec la pensée scientifique qu’elles ont si admirablement contribuer à diffuser dans l’histoire, et qu’elles défendent haut et fort une médecine fondée sur les preuves plutôt que de contribuer subrepticement au climat de suspicion généralisée et de fait à la promotion des pseudo-médecines.

3. Les données plutôt que les présupposés

OGM, agriculture bio ou biodynamique, pesticides, sur tous ces sujets l’écologie politique se fourvoie dans une posture caricaturale, idéologique qui la détourne de la communauté scientifique et de ses productions.

● Il en va de même en ce qui concerne les ondes, la wi-fi, les compteurs Linky, la 5G. Il ne manque pas de raisons de discuter de la pertinence des compteurs Linky ou du déploiement de la 5G dont le corollaire est la production d’objets connectés, et même de s’y opposer carrément. Mais comme le rappelle fort opportunément la chaîne Hygiène mentale (à voir ici), « on peut avoir raison pour de mauvaises raisons » et jusqu’à preuve du contraire les ondes n’appartiennent pas aux bonnes raisons de mener ces combats.

 

Une grande partie d’entre nous est à bout. Le quinquennat Macron porte l’estocade à une Vème république moribonde, dans un déchaînement de violences d’État que d’aucuns jugent pré-fasciste, déroulant peut-être ainsi le tapis rouge au RN.

Le changement doit être maintenant. Mais, que ce soit pour gagner ou pour gouverner, la gauche doit se réconcilier avec les sciences et les manières dont elles se font. Elle ne gagnera pas en braquant les parties de l’électorat qui ne se reconnaissent pas dans les mantras pseudo-environnementalistes et pseudo-scientifiques.

Il y a peu à attendre d’EELV sur ces sujets. Mais la base de LFI est bien plus large et diverse. Si elle renonce à courir derrière certains de ses électeurs pour se forger une identité solide, alors on peut ne pas désespérer.

 

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