3e dose : tout était déjà décidé en avril

Les médias font semblant de découvrir certaines nouvelles. En réalité, ils participent à une vaste opération de légitimation en feignant de s'interroger sur des mesures prévues depuis longtemps. C'est le cas de la 3e dose et du prix des vaccins.

Les médias et le gouvernement nous prennent vraiment pour des idiots. Alors que les médias font semblant de discuter et de s'interroger sur l'opportunité d’une 3ème dose de vaccins, le Conseil d’orientation vaccinale écrivait noir sur blanc en avril, dans son « Avis du 30 avril 2021 : Perspectives sur la stratégie de vaccination de la population adulte face aux variants, et des enfants et des adolescents à l’automne » :

p. 5 : « On peut considérer que la vaccination contre la Covid-19 nécessitera un ou des rappels. A l’issue de la campagne de primo-vaccination, lorsque tous les adultes qui le souhaitent auront pu avoir accès à une première vaccination à deux doses, il faudra donc raisonnablement entamer une campagne de rappels de vaccination anti-Covid-19 ».

p. 6 : « Dans le cas d’une protection de durée inférieure à 12 mois, il sera nécessaire d’envisager une campagne de rappels de vaccination qui devront être administrés dans les 9 à 12 mois suivant la primo-vaccination, même sans variants qui échapperaient à l’immunité conférée par la vaccination, et même avec une circulation faible du virus sur le territoire. Dans le cas d’une protection de durée supérieure à 12 mois, ces rappels pourront être administrés plus tard ».

p. 7 : « Par ailleurs, cette campagne de rappels de vaccination devra être accompagnée de campagnes de promotion de la vaccination s’appuyant sur les méthodes de « marketing social ». »

Les médias participent donc aujourd’hui à cette campagne vaccinale en faisant semblant de s’interroger, et ainsi légitimer la décision qui – Oh surprise ! – sera prise : la 3e dose pour tout le monde. C’est du marketing social, c’est de la manipulation.

Sur les prix des vaccins : l’augmentation du prix de Pfizer était déjà annoncée en mai dans un article du Monde, et connue en avril. En mai, Le Monde écrivait ceci :

« Les fabricants des vaccins pourraient ainsi se montrer plus gourmands lors des négociations de nouveaux contrats. Selon des indiscrétions du premier ministre bulgare, Boïko Borissov, rapportées par le site Euractiv, le 11 avril, le coût du vaccin Pfizer serait passé de 15,50 à 19,50 euros dans les nouvelles négociations entre l’UE et le fabricant. De quoi assurer de belles rentes à l’industrie. »

Enfin, sur le passe sanitaire, voici le meilleur argumentaire que j’ai lu. A la fois précis et offensif, une tribune de dix juristes (cinq professeurs de droit et cinq avocats) publiée sur Le Figaro en accès libre : Passe sanitaire : « Pourquoi le projet de loi anti-Covid heurte de manière disproportionnée nombre de libertés fondamentales »

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