Pourquoi la période actuelle est fascisante

Le fascisme fait irrémédiablement penser à la guerre, à la violence. On oublie souvent que la vie quotidienne dans un État fasciste ou totalitaire peut être agréable, comme un été en France. Malgré la torpeur estivale, les vacances pour certains, il faut pourtant se rendre à l'évidence, la période actuelle est fasciste. Il faut accepter de comprendre cette période et se réveiller : Osons penser !

Zeev Sternhell, disparu ce 1er jour de l’été 2020, disait à l’antenne de France Inter l’année dernière, ce qu’il aurait pu dire avant de mourir :

« Le monde dans lequel je vis m'a aussi permis de mieux comprendre le passé. Quand on regarde les tragédies du XXe siècle, on se demande comment cela a été possible. Or, quand on regarde ce qui se passe sous nos yeux, on se dit que tout est possible. »

En 1937, un autre grand penseur de notre société, Jacques Ellul, livrait dans la revue Esprit une analyse du fascisme qu’il avait vu monter. Loin d’être une réaction à des idéologies comme le libéralisme ou le communisme, le fascisme nait pour lui d’un état d’esprit, d’une mentalité générale qui appelle au fascisme :

« La mentalité préfasciste se fait d'elle-même, sous les influences de l'époque, elle n'est pas une préparation volontaire et subtile que des inventeurs machiavéliques feraient subir aux esprits. Elle se fait lentement parce que tout le monde écoute le même discours, parce que tout le monde pense à quelque évasion impossible du monde où il vit, parce que tout le monde se repaît de mythes et d'idéal, parce que l'on est en quête d'un équilibre meilleur par le sacrifice de tout ce qui gêne, parce que l'on veut renoncer à sa responsabilité réelle, à sa pensée réelle au profit d’une proclamation de responsabilité, d'une volonté de risque, d'un simulacre de pensée commune - tous destinés à cacher des manques et des vides : on est alors prêt à accepter le chef ».

Refusant tout complotisme, Jacques Ellul pointe au contraire la responsabilité de chacun : la paresse intellectuelle et morale qui refuse de remettre en cause les explications dominantes, la croyance dans un « monde d’après » idéal, qui nous font renoncer, dans le présent, à la liberté :

« Cette mentalité, comme je l'ai dit, tend à faire accepter un certain nombre de mesures autoritaires, car elle est une démission, et lorsque ces mesures autoritaires sont coordonnées et complétées, le fascisme est créé ».

Pour le fascisme qui « s’adresse au sentiment et non à l’intelligence »., la peur actuelle du virus est un moment privilégié. Pour Ellul, l’arrivée au pouvoir de Mussolini en Italie ne marque pas l’avènement du fascisme, mais une progression, car le fascisme « est précédé par tout un courant de tendances vers le fascisme : dans tous les pays nous retrouvons ces mesures de police et de violence, ce désir de restreindre les droits du parlement au profit du gouvernement, décrets-lois et pleins pouvoirs, affolement systématique obtenu par une lente pression des journaux sur la mentalité courante, attaques contre tout ce qui est pensée dissidente et expression de cette pensée, limitation de liberté de parole et de droit de réunion, restriction du droit de grève et de manifester, etc... Toutes ces mesures de fait constituent déjà le fascisme. Elles sont dans la réalité l'expression d'un état que le fascisme ne fera que stabiliser, légaliser ».

La réaction française à l’épidémie : un fascisme

Depuis le mois de mars, le gouvernement s’est engagé dans des politiques autoritaires imposées par décrets, sans passer par le Parlement.

Répondant à l’affolement généralisé entretenu par un décompte journalier des morts et des contaminations, mais aussi et surtout à la prise de mesures exceptionnelles en Italie et en Chine, le Président annonce le 16 mars, 1er jour de fermeture effective des écoles, le confinement généralisé pour le lendemain. Cette mesure nationale, appliquée sur la totalité du territoire d’un État sans discernement et sans considération des situations sanitaires locales, est sans précédent dans l’histoire de l’Humanité et des épidémies. Pourtant, quelques jours plus tard, des organisations de médecins décident que les mesures liberticides ne sont pas suffisantes. Au nom du droit à la vie et « pour sauver la population », le syndicat des Jeunes médecins présidé par Emmanuel Loeb, soutenu par le Conseil national de l’Ordre des médecins et l’InterSyndicale nationale des internes (l’ISNI, dont E. Loeb fut aussi président), a déposé un référé liberté devant le Conseil d’État pour que la France adopte en urgence les « mesures drastiques déployées en Chine : aucune sortie, aucun contact interpersonnel extérieur au foyer, arrêt strict de toutes les entreprises non vitales, des transports en commun, ravitaillement des familles au domicile par des personnels protégés ».

Lors de l’audience du dimanche 22 mars, les avocats de ces jeunes et futurs médecins avaient demandé, en plus du confinement total, la fermeture de la totalité des commerces d’alimentation, y compris les marchés en plein air - devenus inutiles par le ravitaillement à domicile des familles -, ainsi qu’un couvre-feu national d’au moins deux semaines.

A la suite de ce référé, le Conseil d’État enjoindra le gouvernement à fermer les marchés extérieurs et à rendre l’attestation de sortie plus restrictive, notamment pour le sport en plein air. En effet, selon un journaliste de France Inter présent à l’audience, « le président Jean-Denis Conbrexelle avait lui-même établi à l’audience le constat qu’en venant de son domicile au Conseil d’État, distants de seulement quatre kilomètres, il avait, à son goût, croisé beaucoup de joggeurs dans les rues de Paris. "Ça pose question", avait-il commenté » (France Inter, 23 mars 2020).

Ou comment une restriction nationale des libertés est imposée dans un petit huis-clos parisien, en fonction d’une petite réalité parisienne...

Ces mesures fascistes ou fascisantes demandées par ces organisations de médecins obéissent toutes à une logique : culpabiliser les comportements individuels de la population ; stigmatiser un « relâchement » des attitudes ; imposer par l’angoisse permanente une discipline collective au corps national via les corps individuels, une mise sous tension des individus par un contrôle continu, coercitif et punitif. Le sixième commandement du fascisme n’insistait-il pas sur la vertu de la discipline ? Discipline nécessaire aux soldats, aujourd’hui les soignants, indispensable pour la population entière :

« Il ne faut pas croire que la discipline soit seulement une vertu pour le soldat sous les drapeaux ; elle doit être l’habitude de tous les jours et de toutes les circonstances ; elle est la vertu de base de toute hiérarchie. Un mauvais fils, un élève négligeant, un citoyen inerte ou querelleur sont de mauvais fascistes. » (6e commandement fasciste, cité par Ph. Fero)

Ceux qui voudraient « profiter de l’été » sont aujourd’hui pointés du doigt.

Dernière mesure en date, ce lundi 20 juillet le gouvernement de Jean Castex, continuité de celui d’Edouard Philippe, a fait paraître le décret punissant de 135 euros d’amende le fait de paraître à visage découvert dans un « lieu public clos ». Olivier Véran avait « officialisé » la mesure sur Twitter (plus personne ne s’en étonne) deux jours avant. Bricolage de dernière minute - le gouvernement a dû définir ce qu’était un « lieu public clos » -, il s’agissait de répondre dans l’urgence au chantage d’une petite trentaine de médecins brandissant la menace d’un nouveau confinement : « Masqués mais en liberté ! ». Quelques jours après cette tribune, Emmanuel Macron, chef de la classe France, a « sifflé la fin de la récréation, en passant par la contrainte, puisque l’incitation et l’explication ne suffisent pas », comme l’écrit une journaliste de Mediapart. Sans masque et dans un lieu clos, Emmanuel Macron avait effectivement condamné les jeunes qui ne portent pas de masque, le 14 juillet en compagnie de Gilles Bouleau et Léa Salamé. Les ministres s’étaient fait la bise lors du remaniement ? « Une émotion de passation de pouvoir », avait répondu le maître d’école.

Populisme du masque

« Pour moi, la responsabilité de la marche d'une société repose d'abord sur ses élites », jugeait Zeev Sternhell. La question du masque a été l’un des reflets de la dérive fasciste des élites politiques et médiatiques lors de cette crise, par deux phénomènes : la pression médiatique univoque pour manipuler les mentalités, et le populisme politique.

Depuis le début de l’épidémie, tout le monde se souvient que le port du masque en population générale n’était pas recommandé. Le 15 avril, Emmanuel Macron réaffirmait « Je refuse aujourd'hui de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait. Si nous le recommandons, ce serait incompréhensible ». Cela suivait plusieurs affirmations d’Olivier Véran, médecin et ministre (« Une personne asymptomatique qui se rend dans des lieux publics, qui se déplace en transports en commun, n’a pas à porter de masques »), ou de Jérome Salomon, directeur général de la Santé, « Les masques n'ont aucun intérêt pour le grand public ».

N’en déplaisent aux médias, ils avaient raison. L’OMS n’a jamais recommandé le port du masque en population générale, car dans la vie réelle (des humains, pas des hamsters en cage), la population n’utilise pas son masque comme un chirurgien dans une salle d’opération. Dans la vie réelle, le masque est réutilisé, il est touché avec les doigts, il est humide, il ne colle pas au visage, il est en tissu... Dans la vie réelle, le masque est mis en entrant dans un magasin, enlevé dehors, puis remis... Dans la vie réelle, le masque de Monsieur et Madame Tout-le-monde, qui n’est pas soignant en contexte hospitalier et qui n’est pas formé, ne protège pas des aérosols, et n’empêche pas d’en projeter.

Seulement les médias en ont décidé autrement. Obnubilés par la Chine, ou ce qu’ils croient être une réalité chinoise, ils ont focalisé leur discours sanitaire sur les masques, comme si c’était la seule mesure sanitaire possible en temps d’épidémie. On ne compte plus le nombre d’articles sur le sujet dans les journaux « de référence », qui en ont fait leur cheval de bataille. Du « scandale » de la gestion des masques, de leurs stocks, à l’utilité de le porter, les médias ont jugé plus facile de se focaliser sur ce petit objet plutôt que de réfléchir à l’organisation de la réponse sanitaire dans son ensemble, sans doute trop complexe à appréhender pour le ou la journaliste du quotidien.

Dès lors, les politiques n’ont pas été en reste, et ont saisi la balle au bond pour faire du populisme. Que ce soit à droite ou à gauche, du maire de Sceaux Philippe Laurent et Christian Estrosi qui ont pris des décrets pour imposer le port du masque en extérieur, en plein air, à Anne Hidalgo qui l’a demandé sans l’imposer, plusieurs mairies ont joué sur la peur, la stigmatisation des comportements, et sur la soi-disant démission de l’État pour s’imposer comme des protecteurs de leur ville. Que dire encore de ces envois de masques par les conseils régionaux ou les différentes mairies, à grand frais et en quantité évidemment insignifiante ?

Récemment encore, à la suite de l’imposition du masque dans les lieux clos, plusieurs communes touristiques (Argelès, La Rochelle, Concarneau... la liste va s’allonger) prennent des arrêtés disparates pour imposer le masque en plein air. Il s’agit là encore de « lutter contre un relâchement des bonnes pratiques », alors même que ce qui est conseillé en cas de transmission par aérosols, c’est d’aérer... Avec le masque, chacun transporte donc son petit nid à virus et à microbes, qui ne peuvent plus s’envoler au gré du vent et mourir en pleine nature.

Cela en dit long sur la corruption des élites par le pouvoir, prêtes à tout pour le garder.

La culture de guerre d’Emmanuel Macron inefficace contre l’épidémie

Lors du discours du 16 mars « Nous sommes en guerre », et dans le discours de Mulhouse, Emmanuel Macron a voulu imposer une culture de guerre. Culture de guerre applaudie par une bonne partie de la population, tout émoustillée de pouvoir jouer les héros et d’avoir un rôle dans cette grande aventure.

Si la culture de guerre n’a pas permis à l’Italie fasciste de gagner la guerre, ni à son chef de se maintenir au pouvoir, la culture de « guerre au coronavirus » permet-elle au moins de prendre les mesures sanitaires adéquates ? de gagner la guerre ?

Lors de l’intervention du 14 juillet, Emmanuel Macron a affirmé que « les masques (...), c’est le 1er pilier de la stratégie ». Peu importe que cette stratégie de grand chef de guerre - l’équivalent de « chaque citoyen aura un bouclier » pendant la 1ère guerre mondiale - ait été décrite dans un lieu clos avec deux journalistes, sans masque, au moment même où il annonçait le rendre obligatoire ; nous ne sommes plus à une aberration près. Le problème c’est que le 2nd pilier de la « stratégie », les tests, n’est toujours pas efficacement mis en œuvre.

Alors que l’épidémie donnent des signes (faibles) de reprise en Mayenne, l’organisation des tests laisse à désirer : 300 000 personnes doivent être testées, mais il faut faire la queue pendant plusieurs heures, et « au rythme de « 2 400 tests par jour » (...) la population sera entièrement testée dans… plus de quatre mois » constate un médecin cité par Mediapart le 18 juillet. A Paris, Jean-François Delfraissy, président du Comité scientifique, constate qu’il faut attendre 4 jours pour se faire dépister. Cette incapacité à faire des tests, première mesure avant toute autre recommandée par l’OMS, s’est retrouvée tout au long de l’épidémie.

Mais si ce n’était que ça...

Les mesures attentatoires aux libertés ont été appelées de leurs vœux par certains soignants au nom de « la plus grave épidémie du siècle ». Dès lors, il est paradoxal qu’au plus fort de l’épidémie, les médecins libéraux aient aussi peu travaillé.

Le 24 mars, le Collège National des Généralistes enseignants publiait un communiqué de presse demandant à ce que « la médecine de 1ère ligne joue son rôle » afin de ne pas encombrer les hôpitaux et les urgences, qui constituent traditionnellement la 3e ligne. Or, c’est exactement le contraire qui a été organisé par les autorités sanitaires : le placement de l’hôpital et des urgences en ligne de front dans la « guerre » au coronavirus, avec une démobilisation de la médecine de ville. C’est ce que montrent très bien Dominique Labbé et Dominique Andolfatto dans une étude intitulée « Covid-19 : une défaite française ». Le 27 mars, dans un communiqué de presse, le Syndicat des médecins généralistes mettait directement en cause Édouard Philippe : « En instillant le doute dans l’esprit des Français sur leur autorisation à aller voir leur médecin pour se soigner, la communication du Premier Ministre rend inopérante l’organisation des soins mise en place par les médecins généralistes dès le début de l’épidémie ».

Comme si cela ne suffisait pas, pour la première fois dans l’histoire française, il est « prescrit aux médecins... de ne pas prescrire », selon le mot d’Andolfatto et Labbé. Le samedi 14 mars, deux jours avant l’annonce du confinement, le Haut conseil de la Santé publique recommande pour soigner cette maladie (qui n’est pas une grippette), de n’utiliser que du paracétamol. Joignant l’interdiction à l’injonction, le ministère de la Santé interdit les dérivés de la chloroquine en médecine générale pour le traitement du Covid-19, sa prescription pouvant valoir dès le 27 mars suspension par le Conseil de l’ordre des médecins. Quelle organisation de médecins, hormis le collectif « COVID19-Laissons les médecins prescrire », a dénoncé cette situation ? Quel média s’en est emparé et l’a expliquée au grand public ?

Rappelons que le confinement était justifié par l’absence de traitement et le risque de saturation des hôpitaux...

Alors que le port du masque est devenu obligatoire en France, mesure soutenue par les syndicats de médecins, tous les autres moyens sanitaires (autre que les tests) sont-ils mis en œuvre ?

Il n’en est rien, évidemment. Citons encore quelques contradictions, bien plus importantes que d’avoir le visage découvert, ce qui, en passant, n’avait pas relancé l’épidémie jusque-là.

- Dans les aéroports français, un article du journal Le Monde nous apprend que des tests vont être mis en place « pour les voyageurs issus de pays à risque ». Ils étaient facultatifs jusque-là, et n’existaient pas même au moins jusqu’au 17 mars, où l’on pouvait revenir de Chine sans être inquiété.

- En Mayenne, les centres Covid ont été fermés en juin, et les prises en charge à l’hôpital ne suivent pas la demande.

- Les tests de dépistage ne sont toujours pas gratuits en population générale. Pire, alors que certains sont plus fiables que d’autres, beaucoup trop ont une autorisation de mise sur le marché, ce qui rend illisible la fiabilité des tests pour les consommateurs.

- Les grands rassemblements sont toujours autorisés, surtout lorsqu’il s’agit, comme à Nice pour le concert de The Avener, de donner du « pain et des jeux » pour que la population s’amuse. On a beau jeu ensuite de pointer du doigt l’absence de gestes barrières quand un concert est organisé en plein air par une municipalité qui imposait le couvre-feu quelques semaines avant.

- Les restrictions de circulation entre pays de l’Union européenne ont disparu, alors que le virus est toujours présent dans certaines régions. Potentiellement, c’est acter une recrudescence infinie de l’épidémie par la circulation touristique. C’était d’ailleurs une justification pour le port du masque obligatoire : « Les brassages estivaux risquent de renforcer sa présence dans des territoires jusque-là peu touchés et donc faiblement immunisés», écrivent ceux-là même qui demandent le port du masque, dans leur tribune à Libération.

Rien de moyenâgeux, mais un fascisme du 21e siècle

Contrairement à certaines analyses, le confinement n’a rien eu de moyenâgeux. Le Moyen-âge n’a jamais vu le confinement de populations nationales entières, et le confinement de populations entières indemnes de virus, comme cela a été le cas pour la majeure partie du territoire français. Le Moyen-âge n’a jamais vu des drones surveiller la population, des applications de traçage surveiller les individus. Au Moyen-âge on n’enfermait pas les enfants de tout un pays sur la base de « données scientifiques » erronées et fantasques, comme cela s’est fait en Espagne, où la question du mausolée de Franco agitait encore il y a peu le pays. Au Moyen-âge, on isolait les malades, ce que recommande l’OMS, et on mettait en quarantaine les foyers d’épidémie en restreignant localement les conditions de circulation.

L’épidémie actuelle de Covid-19 a provoqué une réponse de type fasciste de la plupart des pays, et particulièrement la France. Fasciste, car Emmanuel Macron a pensé que la guerre était ce qui pouvait transfigurer la lutte contre le virus et justifier l’impensable. Fasciste, car Emmanuel Macron a cru que la désignation du virus comme ennemi commun était utile pour mobiliser les Français. Fasciste, car une partie de la classe politique s’est lancée dans un populisme du masque sans aucune considération de l’utilité sanitaire comparée à d’autres mesures. Fasciste, car les détenteurs du pouvoir médiatique ont été des relais du pouvoir politique et ont établi une pression commune pour imposer leurs opinions individuelles de journalistes et d’éditorialistes. Fasciste, car les médias de « référence », en particulier Le Monde, ont tenté de manipuler l’opinion publique sur l’application StopCovid en la dissociant de la question du dépistage et n'en faisant qu’une question technique.

Dans cette fascisation des esprits et de la société, certaines organisations de médecins sont particulièrement coupables pour avoir relayé et amplifié la peur, et appelé à des mesures liberticides tout en taisant certaines questions sanitaires.

Dans une tribune que Le Monde avait choisi de publier, trois « spécialistes en épidémiologie » profitaient de la promotion de l’application StopCovid pour proposer un changement de culture, comme un écho à l’analyse de Jacques Ellul citée plus haut :

« L’intention n’est pas d’imposer cette technologie comme un changement permanent à notre société mais, en raison de ces circonstances pandémiques, il nous semble nécessaire et justifié de protéger la santé publique, quitte à substituer au terme « liberté » de notre devise française, temporairement, le temps de la crise sanitaire, celui de « responsabilité » pour chacun d’entre nous. » (Le Monde, 27 avril 2020).

Au contraire, il apparait urgent, indispensable, de retrouver l’esprit des Lumières, tel que le définissait Kant :

« Les Lumières, c’est la sortie de l’homme de sa minorité, dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! [Ose savoir !] Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.”

La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront bien de ce travail ennuyeux. » (Kant, Qu’est-ce que les Lumières ?)

Il appartient à chacun de nous de nous servir de notre propre entendement, de chercher à savoir, et d’en tirer les conséquences ; c’est urgent. Si nous voulons rester dans la lumière.

 

Références :

Sur les demandes de confinement total demandées par le syndicat Jeunes médecins :

Sur le populisme du masque :

Il est à noter que les deux tribunes se contredisent dans leurs justifications : Dans Libération, le « collectif de professionnels de santé » écrit : « Jusqu’à présent, les gestes barrières étaient pensés pour protéger du contact direct ou indirect avec un objet ou une personne contaminée par des microgouttelettes. Or ce dernier mode de transmission est désormais considéré comme marginal par le Centre de prévention et de contrôle des maladies (CDC) d’Atlanta et par la communauté scientifique ». Et plus loin : « La transmission par aérosol, donc uniquement par l’air respiré dans une pièce, semble être désormais reconnue comme une des voies majeures de transmission du virus en population générale, voie qui n’est pas affectée par le lavage des mains ou des surfaces, ni par le respect du mètre de distance entre les personnes (...). La règle de la distanciation de plus de 1 mètre en lieu clos ne suffit pas, elle a pour conséquence de faire croire à tort aux personnes qu’elles sont protégées ».

Oups, dans la tribune parue dans Le Parisien, les autres médecins (dont un est signataire aussi de celle de Libération) argumentent : « Contrairement au début de l’année, nous savons maintenant qu’une mesure de prévention efficace est le respect des gestes barrières dans les lieux clos très fréquentés. (...) Il serait donc vraiment très regrettable de ne pas utiliser ces moyens efficaces et accessibles que sont : le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos, la distanciation physique autant que possible, et le lavage des mains ».

Bref...

Sur la « stratégie » des tests :

Sur l’application StopCovid

Sur l’utilité des masques :

Rappelons que ces différentes études sont valables pour le milieu hospitalier, particulièrement exposé. Pour la population générale, ces recommandations sont d’autant moins valables...

Lire et écouter ici l’interview de Denis Rancourt sur le site de Jérémie Mercier : https://www.jeremie-mercier.com/covid-19-masques-inutiles/

Les échange de mails entre Rancourt et ResearchGate : https://archive.org/details/covid-censorship-at-research-gate-2/page/4/mode/2up

Voici un extrait de la réponse de Research Gate à Rancourt :

La réponse de Research Gate justifiant la censure de l'article de Rancourt La réponse de Research Gate justifiant la censure de l'article de Rancourt

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