Manifestation du 12 décembre 2020 : une démonstration de force ?

Les commanditaires de Macron commencent à s’inquiéter du déferlement de lois liberticides en France. Même les instances européennes s’interrogent sur le comportement répressif de Macron face à sa population. La question que tout le monde se pose est la suivante : quand ce pouvoir honni va-t-il enfin tomber et pourquoi ce moment tarde-t-il ?

Les images de la manifestation de samedi 12 décembre 2020 à Paris contre la loi dite de sécurité globale, me laissent un goût amer en bouche.

Les forces de l’ordre sur l’ordre de Macron ont quasiment pris d’assaut sans discontinuer la manifestation, provoquant comme à l’habitude blessures et arrestations arbitraires. Je regardais les BMFTV et consors qui expliquaient que la manifestation s’était déroulée dans l’ordre, leur vison de l'ordre !

Ce matin il faut savoir tirer un bilan de trois années de mobilisation du peuple contre l’ensemble des attaques de Macron et de ses commanditaires.

L’impression du moment laisserait à penser qu’ils ont réussi à étouffer toute forme de contestation dans le pays et qu’ils ont la situation en mains. Je pense que non, bien au contraire ! Comme l’écrit le yeti blog *, jamais ils n’ont été aussi faibles.  Le pouvoir se délite et les forces de l’ordre demeurent le seul et dernier rempart à l’irruption des masses sur le terrain politique. Une partie de la population bat le pavé depuis des mois contre les orientations politiques sans être ni entendue, ni respectée. Ces très nombreuses personnes d'horizons divers pourraient rapidement s'autonomiser pour peu que les conditions soient réunies.

Un mouvement continu mais peu médiatisé de manifestations de policiers, révèle les tensions, la fracture au sein des forces de l’ordre : police, gendarmerie, Brav qui n'approuvent pas tous les missions et les ordres qu'on leur confie. Cela démontre la faiblesse extrême de ce pouvoir qui ne tient plus que grâce aux trompettes des médias et des forces de l’ordre.

Les commanditaires de Macron commencent à s’inquiéter du déferlement à jet continu de lois liberticides en France. Même les instances européennes s’interrogent sur le comportement répressif de Macron face à sa population.

La question que tout le monde se pose est la suivante : quand ce pouvoir honni va-t-il enfin tomber et pourquoi ce moment tarde-t-il ?

Pour que le pouvoir tombe, il va falloir un élément déclencheur comme le 17 novembre pour les gilets jaunes, un élément déclencheur économique qui va permettre de fédérer dans un premier temps la colère et l'exaspération de la population contre la politique de ce gouvernement.  Ensuite il va falloir que des cendres du mouvement des gilets jaunes, ressurgisse ce qui en avait fait la force : l’auto-organisation de la population.

Comment ? Il faut déjà observer, suivre tous les signaux faibles qui traversent la société et surtout, ne pas les lire avec des lunettes idéologiques. Le déclenchement de la sortie de la population dans la rue, sur les lieux de travail, dans les villages avec des occupations de lieux publics ne se fera pas sur une revendication ouvrière, ou de classe, mais sur un motif économique qui unifie des couches importantes de la population comme cela s’est produit durant la montée des gilets jaunes.

Ce qui est rassurant c’est qu’il s’est crée dans les profondeurs du peuple, une masse de combattants qui ont appris durant ces trois ans de lutte. Même si cela ne se voit pas, ils n'ont pas coupé les liens entre eux, pas plus qu'ils n'ont renoncé à leur colère. De plus, ils ont compris l'escroquerie de la lutte politicienne et n’ont pas rejoint les partis traditionnels ni les syndicats. Ils savent qu'il ne faut rien attendre d'en haut, ni de ce qui est institutionnel, et que l'auto-organisation est la clé de la future insurrection.

Le moment du déclenchement approche à grands pas. Gardons nos forces intactes, ne donnons pas à ce gouvernement autoritaire les bâtons pour nous faire battre.  

Manifestation oui, mais partout, dans chaque village. Éparpiller les lieux de rassemblement, c’est éparpiller les forces de l’ordre. Cela permet de s’éloigner du terrain dans lequel ils sont en position de force. Il faut s'éloigner de Paris centre-ville, des lieux symboliques qu'ils cherchent à protéger, des lieux visibles. Même si les médias ne relaient pas le poids d’une manifestation de 20 à 30 personnes dans un village, ces actions portent plus qu’un cortège de 100 000 personnes à Paris. Car l'impact est direct, concret, local, ciblé sur son environnement immédiat. Les manifestants vont se trouver confrontés à la gendarmerie locale et ce n’est pas la même chose que la police des villes. Agir concrètement, se sentir impliqué cela commence par des petites choses simples à la portée de tous : reprendre les discussions autour de soi, écrire des tracts que l’on distribue dans son environnement immédiat sur l’état des routes, les enjeux du quotidien, l'accès aux soins, le café, les transports, tout ce qui impacte notre vie de tous les jours à cause des décisions prises en haut.

Oser rencontrer ses voisins, recréer les liens sociaux que les dirigeants ont essayé de casser depuis 40 ans avec la télé qu'on regarde chacun chez soi le soir, s'emparer des mots que prononcent les gens et qui permettent son unification sur des objectifs communs, c'est cela agir concrètement ! Même si vous n'êtes que trois devant votre mairie pour protester sur telle ou telle mesure nationale, le fait de se rapprocher au plus près du concret, des conséquences sur le réel des gens est la clé de notre réussite à tous. S'impliquer pour que chacun se sente concerné, utile, responsable et s'empare de sa vie, de la vie de sa commune, ce n'est pas une chimère, c'est la grandeur de la politique, la vraie, pas celle des politiciens.

Quand le déclencheur arrivera, chaque mairie devra être très rapidement mise en auto-organisation afin de détruire les rouages profonds de l’état et du système politique.

Cela passera par l’appropriation par la population des lieux de pouvoir locaux afin de mettre en pratique une auto-organisation locale souveraine. Il ne s'agit pas d'être calife à la place du calife, mais un local de Mairie, c'est plus accueillant pour réunir une assemblée populaire qu'une baraque de planches autour d'un feu de palettes sur un rond-point ! De toute manière, en démocratie, la Mairie est le lieu de pouvoir du peuple.

Dès le début du déclenchement des émeutes, il faudra bloquer la circulation sur les ronds-points, bloquer le fonctionnement de l’état en prenant les mairies et lieux de pouvoir partout, et surtout dans les communes. Ceci constituera l’une de clés de la réussite de l'insurrection.

Vive l’insurrection

 

* Le yeti blog : https://yetiblog.org/archives/28477

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