Les retraites, une lutte à mort ?

Avec les retraites on se rend compte que la question économique est une spéculation sur la mort des ouvriers et sur la vie pour ceux qui peuvent se la payer. Pas d’égalité possible dans une société de classe dans laquelle le conflit social, ne semble plus avoir comme horizon que la guerre civile, ou l’écrasement.

Dans cet article glané dans les nouvelles du front, quelques constats qui résument de façon très froide et synthétique les enjeux des luttes sur les retraites, mais également des luttes sur la loi travail, le chômage, en France ou ailleurs dans le monde. Le moment de clarifier certaines idées et de se positionner face à la radicalité d'un système économique capitaliste qui, dans sa course effrénée au profit est en train de sacrifier des millions de gens, sans que nos sociétés encore relativement épargnées ne s'en aperçoivent.

Face à des attaques de plus en plus violentes et radicales du monde de l'économie, notre combat devra s'adapter.

Un article des nouvelles du front : https://dndf.org/?p=18276

15/01/2020    Pécho sur le compte twitter de nos camarades de « Carbure »

 « QUELQUES ÉVIDENCES LARGEMENT PARTAGÉES, ET D’AUTRES QUI LE SONT MOINS »

 1/14.Tout le monde l’a bien compris : la réforme des retraites vise moins à l’allongement du temps de travail qu’au raccourcissement de la période de versement des retraites.

 2/14. Ici encore, la question économique, réputée abstraite, est une question de vie et de mort, et dans ce cas particulier, une spéculation sur la mort.

 3/14. Et il faudrait ajouter : sur la mort des ouvriers, dont l’espérance de vie est la première concernée par les espérances de mort des serviteurs de l’équilibre budgétaire. Pour les autres : qu’ils vivent, s’ils peuvent se le payer.

 4/14. Autre évidence : il n’y a non seulement pas d’égalité possible dans une société de classe, mais la notion d’égalité elle-même devient une arme contre les pauvres. Marx l’a dit, il y a longtemps.

 5/14. La société capitaliste, à son stade le plus avancé, devient identique à l’entreprise capitaliste. Tout ce qui n’y concourt pas d’une manière ou d’une autre à l’accumulation de valeur est un coût superflu qui gêne l’optimisation des profits, et doit être supprimé.

 6/14. L’effondrement historique définitif de la perspective socialiste, même sous l’aspect simplement fonctionnel du keynésianisme social, pose une situation où chaque conflit social, même le plus anodin, ne semble plus avoir comme horizon que la guerre civile, ou l’écrasement.

 7/14. C’est que structurellement, la reproduction de la force de travail des prolétaires n’est plus intégrée au cycle de la valorisation, comme le posait le compromis fordiste. Cette époque est révolue.

 8/14. Ceci n’est pas une simple décision politique, mais s’incarne dans l’appareil productif lui-même. L’usine de 2020 n’est plus celle de 1928. Par conséquent, la société, c’est-à-dire les rapports de classes, non plus.

 9/14. Dans le cycle de lutte actuel, la bataille autour de la reproduction de la force de travail qu’a toujours été la lutte des classes se livre sans la possibilité d’une “victoire” pour les prolétaires.

 10/14. Les victoires du prolétariat – ce que les syndicats, qui sont eux-mêmes une survivance de cette époque révolue, appellent “acquis sociaux” – étaient le résultat de l’intégration (toujours contradictoire) de la force de travail et de sa reproduction à la création de valeur.

 11/14. L’époque des victoires prolétariennes est révolue, pas celle des luttes. Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la domination du prolétariat sur l’économie, mais l’abolition de l’économie.

 12/14. Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la victoire du prolétariat, mais son abolition, c’est-à-dire l’abolition des classes, c’est immédiatement le communisme.

13/14. L’élévation actuelle des niveaux de répression partout dans le monde reflète la radicalité de ces enjeux, qui dépasse la conscience qu’en ont les acteurs. Partout et de plus en plus, ceux qui luttent devront s’attendre à être traités en criminels.

14/14. L’idéologie s’enracine dans les limites des luttes, elle se fixe autour de leur légitimité au sein des rapports capitalistes existants. La théorie doit au contraire poser la possibilité du dépassement, à partir de ces rapports eux-mêmes. Ça n’est pas gagné d’avance.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.