De la guerre civile

Dans cette guerre de l'argent à tout prix, des pans entiers de l'activité humaine et une partie des humains sont devenus superflus car ils ne créent plus suffisamment de valeur. Une fois ce constat fait, que faut-il faire avec ces millions de gens superflus qui érodent les marges de profit des très riches en coûtant "un pognon de dingue" ?

"Nous ne sommes pas du même côté " Cette saillie du préfet de police Lallemand n'a donné lieu à aucune condamnation de la part de l'exécutif. Expliquer qu'il existe deux côtés dans la république, c'est simplement dire qu'un petit groupe de personnes, le gouvernement et ses soutiens, ont déclaré la guerre à la population. Cette élite a fait sécession ; pour eux, la république n'est plus une et indivisible : elle constitue l'obstacle à leur propre séparatisme. Ils s'accaparent la direction et l'exploitation du pays à leur seul profit, contre le bien commun et contre le reste de la population. Cette guerre qui se profile et qu'ils nous imposent, il faut garder à la conscience qu'elle est déjà programmée depuis bientôt 50 ans.

Dans cette guerre de l'argent à tout prix, des pans entiers de l'activité humaine et une partie des humains sont devenus superflus car ils ne créent plus suffisamment de valeur. En effet, la richesse et le profit se réalisent davantage dans la spéculation financière que dans l'économie réelle. Une fois ce constat fait, que faut-il faire avec ces millions de gens superflus qui érodent les marges de profit des très riches en coûtant "un pognon de dingue" ?
Le compromis avec le peuple pouvait être possible tant qu'il y a avait suffisamment de profits pour distribuer quelques miettes à la population : ce fut le temps des 30 glorieuses, pendant lesquelles l'économie avait été dynamisée par les reconstructions de la guerre. Dans cette période, la diminution de population due aux morts garantissait le plein emploi.
Dans le contexte actuel de paix prolongée, d'allongement de l'espérance de vie et de baisse régulière des profits, trop de personnes pèsent sur le système économique tel qu'ils le conçoivent, et selon leur point de vue, il faut absolument faire disparaitre le surcoût engendré par les acquis sociaux consentis dans une période plus faste. Ce recul se poursuit depuis 40 ans, mais cela ne suffit toujours pas ! Il faut transformer la population en une masse de travailleurs soumis, dociles et précaires comme au début du XIXe siècle et pour cela, il ne leur reste que la guerre civile.

La préfiguration de cette nouvelle guerre a commencé avec le mouvement des gilets jaunes qui ne représente pas une simple émeute mais l'image de l'insurrection qui vient. La violence d’État accomplie par les forces de l'ordre, assortie d'une campagne de propagande et de déni sans comparaison récente, montre l'étendue de leur volonté répressive accompagnée du dévoiement et de l'invisibilisation des enjeux réels de la lutte.

Alors que faire ?

Premièrement, ne pas tomber dans les pièges de division tendus par ces élites,comme l'instrumentalisation de la haine envers une partie de la population racisée. Deuxièmement, se donner les moyens réels de s'autonomiser, comme les gilets jaunes l'ont montré, en refusant de s'allier ou d'intégrer l'ensemble des formes de pouvoirs ou de compromission (partis politiques, syndicats et élections)

Pour vivre dignement, la seule option pour la population est de fonder une autonomie politique et matérielle qui permettra de combattre la prédation des exploiteurs. Car ce sont eux, les violents, les cyniques, les radicalisés, ce sont eux qui s’exonèrent des lois qu'ils imposent aux autres, ce sont eux qui salissent en l'instrumentalisant la mémoire des morts. Ce sont eux qui vendent la France sans se soucier du devenir de ses habitants. Ils vivent dans un autre monde, celui du pouvoir, ils vivent dans une réalité de privilégiés au-dessus des lois et qui n'a jamais été la nôtre, construite sur le mépris de ceux qui pensent que l'argent peut tout acheter, y compris la vertu.

Merci monsieur le préfet de police de nous rappeler par vos propos remplis de suffisance, toutes les raisons que nous avons de nous battre contre des traîtres, des corrompus et des criminels. L'insurrection aura raison de vous et de ce système aveugle de mort.

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