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Billet de blog 22 janvier 2026

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Trump, la caricature de nos sociétés dites "avancées"

Au-delà du délire de D. Trump, se pose le problème de la multiplication dans de nombreux pays, de dirigeants médiocres, corrompus, malfaisants, qui par leurs décisions entrainent leurs peuples et les autres vers toujours plus de désastres. La démocratie représentative est l'ennemie des libertés et conduit au renoncement d'une part de notre humanité.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce texte lu ce matin est tellement bien écrit que je le relaie ci-dessous en italique, m’a inspiré les réflexions qui suivent. 

Au-delà du délire de D. Trump, se pose le problème de la multiplication dans de nombreux pays, de dirigeants médiocres, corrompus, malfaisants, qui par leurs décisions entrainent leurs peuples et les autres vers toujours plus de désastres.  Malgré ce constat, nous continuons d'accepter leur récit du monde, leur vision régie par le pouvoir, l’impérialisme, l’argent, l’économie, tout en constatant que cette conception s’oppose à tout ce qui est humain : le partage des ressources (terre, eau, source d’énergie), le respect du vivant (animal, végétal et humain), le respect des individus et de leur libre arbitre.

En élisant des personnes, nous renonçons à avoir un impact sur nos vies, à exister en tant qu’adulte, nous renonçons à réfléchir. Il est vrai que dans notre monde soumis au seul dogme du profit, tout ce qui s’en éloigne représente une menace inacceptable.

Beaucoup de personnes trouvent du confort à obéir à un chef : cela rassure et nous dédouane d’avoir à endosser la responsabilité des décisions. De ce point de vue, la démocratie représentative n’est pas la liberté, mais bien le renoncement à exister en tant qu’adulte responsable.  

Nos vies se résument donc à un constat d’impuissance : « Je n’ai pas le choix ».  Par confort, nous restons dans le déni, le mensonge, les illusions issus du renoncement à ce qui constitue l’essence même de la vie humaine : réfléchir, douter, prendre des décisions, se tromper, réparer ses erreurs, créer du lien, chercher à désamorcer les conflits potentiels, trouver du consensus, avancer ensemble, car la solidarité est l’une des conditions essentielles de survie de notre espèce. 

Le délire de Trump nous montre de manière caricaturale combien notre recherche de sécurité, fait de nous des esclaves ballottés par des fous au pouvoir. Dès lors, nous avons le choix de continuer le récit de « there is no alternative », le récit du prima de l’économie, le récit de la souveraineté, le récit de la guerre juste, le récit de l’indignation, le récit du sacrifice, ou de réagir. Deux solutions s’offrent à nous :

- Continuer à nous voiler la face devant tout ce qui est inadmissible humainement (les guerres, les gens qui meurent à l’hôpital, les sans-abris, les déplacements forcés de populations…) parce qu’on est impuissants à changer les choses.

- Ou se dire que si l’on veut, collectivement, on peut. Mais cela suppose de modifier entièrement nos vies et de se lancer dans l’inconnu. Plus de chef, une organisation locale, plus de comptes, à chacun selon ses besoins, avec des décisions locales au consensus et beaucoup d’autonomie, et enfin (peut-être), la création de liens humains débarrassés du poison du pouvoir, du poison de l’envie, de la comparaison, de la rentabilité ….

Même si cette dernière solution paraît naïve et utopique, le but est de montrer que sous les discours de liberté réside toujours l’esclavage, sous le discours rassurant des états, réside la violence et le fascisme de la pensée unique.  Chaque fois que nous obéissons, nous renonçons à notre libre arbitre, nous renonçons à EXISTER pleinement en tant qu’être humain.

L’ultime propagande consiste à nous faire croire qu’en obéissant, nous sommes dans le bon camp, celui des justes. Cela a été modélisé sous le concept de « syndrome du sauveur » (celui qui essaie de faire le bien des autres malgré eux) ou dans la célèbre expérience de Milgram, dans laquelle chacun peut devenir le juge et le bourreau de son prochain en croyant agir pour la bonne cause.

REDEVENIR humain, c’est accepter nos limites, nos faiblesses, mais surtout engager notre responsabilité face à nos actes, embrasser l’inconnu et retrouver des stratégies communes d’entraide et de survie.

Nos sociétés dites « avancées » et de progrès font l’exact inverse.

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"Le délire a duré 72 minutes. 72 minutes devant le monde entier.

- 72 minutes où le président américain a confondu le Groenland avec l'Islande. Plusieurs fois. Tout en expliquant pourquoi il veut l'acheter.

- 72 minutes où il a menacé un allié de l'OTAN, le Danemark, avec ces mots : « Vous pouvez dire oui, et nous l'apprécierons. Vous pouvez dire non, et nous nous en souviendrons.

- 72 minutes au cours desquelles il a qualifié le Groenland de « morceau de glace » dont dépendraient le destin de la planète : « Ce que je demande, c'est un morceau de glace en échange de la paix mondiale ».

- 72 minutes où il n’a pas évoqué la présence des groenlandais. 

- 72 minutes au cours de laquelle il a déclaré qu'il avait "100% de sang écossais et 100% de sang allemand". Ce qui ferait 200%. Mais les mathématiques et lui, ça fait 2.

- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré que les États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, « avaient rendu le Groenland au Danemark ». Dommage que ce soit faux. Les États-Unis n'ont jamais possédé le Groenland. Jamais. En 1916, ils ont officiellement reconnu la souveraineté danoise. Pendant la guerre, ils n'ont obtenu que des bases militaires temporaires. Et en 1946, ils ont essayé de l'acheter en offrant 100 millions de dollars. Le Danemark a dit non. Il n'y a pas eu de "restitution".

- 72 minutes au cours desquelles il a soutenu que "la Chine n'a pas d'éoliennes", alors qu’elle est le premier producteur mondial d'énergie éolienne depuis 15 ans, et qui construit 45% de tous les projets éoliens de la planète. Mais pour Trump, "ils n'ont pas de champs de moulins à vent". Ils les vendent "à des imbéciles".

- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré que "toutes les grandes compagnies pétrolières viennent avec nous au Venezuela". Dommage que le PDG d'ExxonMobil, trois jours plus tôt, lui ait dit en face que le Venezuela n'est pas "investissable". Trump furieux a d’ailleurs menacé d'exclure Exxon. Les autres n’ont rien dit, mais pas pensé moins. Mais lui, à Davos, a dit qu'ils "venaient tous".

- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré qu'il "n'y a pratiquement pas d'inflation" aux États-Unis. L'inflation américaine est de 2,7 %. Supérieur à l'objectif de la Fed. En hausse, selon les prévisions, en raison de ses propres taxes douanières. Mais pour lui, "il n'y en a pratiquement pas".

- 72 minutes au cours desquelles il a attaqué le président de la Réserve fédérale en le traitant de "stupide". En direct. Devant les dirigeants économiques mondiaux.

- 72 minutes au cours desquelles il a raconté qu'il avait mis des droits sur la Suisse par dépit, parce qu'"une femme" dont il ne se souvient pas du nom "ne l’avait pas caressé dans le bon sens".

- 72 minutes où il a déclaré que "hier le marché s'est effondré à cause de l'Islande". L'Islande. Un pays de 380.000 habitants. Qui allait faire s'effondrer Wall Street.

- 72 minutes au cours desquelles il a affirmé que les États-Unis "ont payé 100% de l'OTAN". 100%. Lorsque la part américaine du budget de l'OTAN est d'environ 16 %. Mais pour lui, 100%.

- 72 minutes au cours desquelles il a confondu l'Azerbaïdjan en "Aber-bajian".

- 72 minutes de sautes d’humeur. De mensonges vérifiables. Des nombres inventés. De menaces aux alliés. D'insultes aux fonctionnaires. De gaffes géographiques. De vantardise démentie par les faits.

 Et le monde, en silence, a regardé. Pendant 72 longues minutes. 

 Et dire qu'autrefois, pour beaucoup moins, les carrières politiques se terminaient.

 Aujourd'hui, on attend le prochain délire.

 Bienvenue en 2026. Et nous ne sommes qu’en janvier."

@Benabarr

 Via Erwan Ckissa

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