L'arbitraire au service d'un pouvoir en pleine déconfiture

La loi de sécurité globale permet de généraliser les violences et l'intimidation sous le maquillage mensonger et cynique de la légitimité. C'est désormais le règne de l'arbitraire et une chape de plomb qui s'abat sur la liberté d'expression de chaque citoyen.

J'écoute LCI en direct avec des invités triés sur le volet, comme d'habitude, et qui défendent en règle, la loi tant contestée.

florilège : "Non l'article 24 n'est pas dangereux, les journalistes pourront sans problème filmer et même publier les vidéos..... Il n'y a pas de liberté sans sécurité... la violence légitime de l'état est nécessaire pour créer une démocratie...." bref une série de mensonges éculés et de billevesées, la bonne propagande gouvernementale pour expliquer au bon peuple quoi penser.

Dans le même temps tourne en boucle les images de chaos du début du dérapage de la manifestation pour bien montrer que la VIOLENCE est du côté des manifestants et pas du gentil gouvernement, pour montrer que la SECURITE et les lois liberticides sont nécessaires et bien au service des citoyens ! Le même genre d'instrumentalisation a été faite pendant plus d'un an tous les samedis lors des manifestations de gilets jaunes.

Qui peut entre croire à cela ?

Évidemment certains aspects sont comme par hasard mis sous silence, car les rares personnes qui critiquent la loi sur le plateau TV le font sur des aspects anecdotiques.

Cette loi de protection des policiers va leur permettre de faire cesser en amont toute prise d'images. Car justement, avant que les juges ne jugent, les policiers vont a priori expliquer que si on filme, c'est pour mettre en avant les dérapages. Donc, confiscation du matériel et le problème est réglé. C'est ce genre d'arguments qui a permis pendant tout le mouvement des gilets jaunes d'empêcher des dizaines de personnes de manifester, car on leur a prêté en amont, des intentions criminelles qui justifiaient leur mise de côté. Il s'agissait déjà d'une instrumentalisation du délit d'INTENTION ; pourquoi ne serait-il autrement avec les journalistes ?

Les journalistes qui se mobilisent aujourd'hui n'ont pas tous été si impliqués lorsqu'il s'agissait de dénoncer le délit d’intentionnalité concernant les GJ ou d'autres collectifs. Alors qu'il était clair qu'une grande partie des GAV pour des personnes tout juste débarquées de leur voiture, ou descendues du train, étaient prononcées dans le seul but d'interdire à certaines personnes la possibilité de manifester, d'exprimer une opinion, de faire entendre des arguments sur lesquels le gouvernement ne veut pas discuter. Une DENI de démocratie, un déni du droit constitutionnel !

Lorsque l'on voit que les mensonges et les faux témoignages de policiers sont couverts par toute la chaîne de commandement, comment justifier encore que la parole du policier puisse primer sur celle du citoyen ? Comment ne pas demander la démission et toutes ces personnes : commissaires, préfet, ministre ?

Car ce que montre l'histoire de Michel c'est cela : un policier peut aujourd'hui faire endosser n'importe quelle responsabilité à sa victime. Pas vu, pas pris... la hiérarchie couvre !  Lorsque le faux témoignage, le faux en écriture deviennent la norme pour couvrir les bavures, il ne s'agit plus d'une police, ni même d'une milice, mais d'une mafia qui fait régner la terreur.

Faire passer cette loi, c'est donc généraliser l'arbitraire de la violence, de l'intimidation sous le maquillage mensonger et cynique de la démocratie et de la légitimité.

La prochaine loi créera une forme de camp destiné à rééduquer la pensée et à surveiller les opposants politiques, car lorsqu’on s'attaque à la liberté d’expression, il n'y a jamais assez de place de prison ! Cela pourrait prendre la forme d'une loi sur l'isolement des malades du covid, une étape préparant le consentement populaire à l'enfermement obligatoire, la prison à domicile surveillée par les voisins !

Bienvenue en macronie !

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