L'arnaque des "CDI de projet"

Le "CDI de projet" annoncé par le gouvernement comme une mesure phare de la réforme du code du travail est en réalité un pas de plus vers la flexibilité et la précarité du salariat.

Le gouvernement a annoncé, dans le cadre de la réforme du code du travail, réformer le CDD en étendant la mesure de "CDI de projet" à tous les secteurs de métier. Le CDI de projet est essentiellement appliqué dans le "BTP" (Bâtiment et Travaux Publics). Il permet aux patrons d'avoir un dispositif d'emploi de personnel pour des "missions" : lorsque le patron considère que la mission est terminée, le salarié n'a plus qu'à aller pointer à l'ANPE. L'avantage pour les patrons est de ne pas payer d'indemnités de précarité comme pour un CDD (prime de précarité en fin de contrat). En bref, le CDI de projet n'est en réalité pas un CDI, il coûte moins cher aux patrons et il est plus flexible : le patron peut étendre ou raccourcir le contrat selon ses besoins sans payer de primes de précarité en cas de résiliation du contrat. La télévision a annoncé cette nouvelle mesure comme une mesure sociale contre laquelle les patrons protesteraient, ce qui est faux. En réalité, les patrons réclamaient cette mesure depuis longtemps afin de payer moins d'indemnités aux salariés lorsqu'ils sont licenciés et de pouvoir disposer de personnel à leur guise selon les besoins. Cette mesure ne fait que renforcer le concept de "variable d'ajustement" au profit des employeurs et bien entendu, à l'inverse, au dépend des salariés. En vérité, c'est un pas de plus vers la fin des CDI

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.