Besançon acte XIV : "tactiques" indignes des forces de l'ordre

Intimider pour faire baisser la mobilisation...

L'acte XIV aurait pu se passer dans le calme à Besançon. Tout a commencé comme d'habitude avec un rassemblement place de la révolution. Environ 1000 personnes étaient rassemblées, salariés, précaires, syndicalistes, étudiants, chômeurs, étaient présents. Le trajet de la manifestation est originale, comme le samedi précédent, il passe par les quartiers populaires périphériques de la ville. Et aujourd'hui, les gilets jaunes ont pris la décision d'aller jusqu'à Planoise, grand quartier de 10 000 habitants où sont concentrés dans de grands immeubles des familles vivant souvent dans un grand dénuement. C'est un peu les "favelas" de Besançon. C'est aussi historiquement le quartier le plus mobilisé durant les manifestation de banlieues de 2005. Arrivés à Planoise, de jeunes gens du quartier rejoignent les gilets jaunes, s'informent sur notre présence, et finissent par suivre notre parcours. La manifestation arrive devant un hypermarché, les forces de l'ordre sont là et essaient d'intervenir, les gilets jaunes évitent tout affrontement et reprennent la direction du centre ville dans un grand calme. La manif arrive dans une grande rue. De chaque côté des casernes militaires, il est difficile de fuir.

Étonnement et sans raisons objectives, les forces de l'ordre bloquent la rue, coupent le trajet, alors que les gilets jaunes n'avaient plus qu'un désir, rejoindre le centre ville, reprendre leurs voitures et rentrer tranquillement chez eux. Certains gilets jaunes rebroussent chemin pour trouver une issue. Les jeunes gens de Planoise, effrayés, fuient en petit groupe, ils ont peur d'être visés par les forces de l'ordre de façon arbitraire à cause de leur couleur de peau : "On n'a pas envie de jouer le rôle des "voyous de service"" me dit l'un très lucide sur les stratégies absurdes des forces de l'ordre.

Certains gilets jaunes, déterminés à ne pas se laisser intimider par une manœuvre des forces de l'ordre assurément injustifiés, restent face aux CRS et essaient d'entamer un dialogue. En vain, les grenades lacrymo volent dans tous les sens au milieu de véhicules et automobilistes eux-mêmes bloqués sur la route. La scène est surréaliste. Tout le monde se demande l'objectif de la manœuvre, "On voulait juste finir la manif et rentrer chez nous...".

Revanche infantile des forces de l'ordre qui ont couru après la manifestation tout l'après-midi ? Désir d'opérer des arrestations ? Faire peur ? Remplir des rapports ? Assurer le spectacle ? Toutes les personnes présentes sont d'accord sur le sujet : ça n'a aucun sens.

Je ne sais pas comment ça s'est terminé, j'ai moi-même fui et trouvé un autre chemin. Deux personnes auraient été arrêtées pendant la manifestation (je n'ai pas d'infos à ce sujet).

En conclusion : Bisontins, venez plus nombreux, si nous étions plusieurs milliers, il serait plus difficile aux forces de l'ordre d'agir de cette manière. Leur seul but : faire peur à ceux qui ne sont jamais venus pour qu'ils ne viennent jamais. Et à ceux qui pensent qu'il y a des racistes, des antisémites, etc. s'il y en a ils sont ultraminoritaires et aujourd'hui, syndicalistes, progressistes, humanistes, etc. sont toujours plus présents. Il ne faut pas avoir peur de venir ! Foi d'un vieux militant syndicaliste progressiste, socialiste, antifasciste, antiraciste, écologiste et libertaire. Venir un samedi manifester, ça ne coûte rien !

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