Les enfants dans la rue, les adultes à la rue ?

Le ciel est bleu aujourd'hui, nous ne sommes qu'en février, il fait très doux. C'était autrefois le mois le plus froid. Il suffit d'ouvrir sa fenêtre pour voir que quelque chose ne tourne pas rond.

Ça devait arriver. Nous ne parlons que de ça depuis des années à la maison avec nos enfants en rappelant la belle époque où nous avions de la neige jusqu'au mois d'avril dans la moyenne montagne, où nous faisions de la luge en Bretagne dans les monts d'Arrée presque chaque année, où les bouvreuils se posaient sur les branches face à la fenêtre, mais de bouvreuils, il n'y a plus, où l'on trouvait des essaims d'abeille sauvages pour faire nos ruches, où les cigognes allaient jusqu'en Alsace (certaines s'arrêtent maintenant dans le Jura), où l'on se baignait dans la rivière en bas de chez nous sans craintes (aujourd'hui on croirait voir le lac Victoria, il y a une espèce "coriace", le chevenne, qui a résisté et pullule au point qu'on les suspecte de se manger entre eux, et les autres ont presque disparu), où l'on courrait dans de grands champs au milles fleurs, boutons d'or, marguerites, et tellement d'autres, aujourd'hui ils sont tous cultivés avec des variétés "choisies" pour leur "utilité nutritive" au dépend de la biodiversité, il n'y a plus de grandes prairies naturelles, dois-je continuer ?

Il n'y a quasiment plus un mètre carré de terre qui n'est pas "malade".Et même les "niches écologiques", petite surface de quelques hectares "intactes", souffrent aujourd'hui du réchauffement climatique.

Le ciel est bleu aujourd'hui, nous ne sommes qu'en février, il fait très doux. C'était autrefois le mois le plus froid. Il suffit d'ouvrir sa fenêtre pour voir que quelque chose ne tourne pas rond.

Alors les enfants sont dans la rue tandis que leurs parents dépriment et sont à la rue.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.