Communiqué du syndicat Solidaire SUD 22 : droit du travail et covid

Le 19 mars, le Président de région, M. Chesnais-Girard, s'adressait aux 80000 salarié-es breton-nes de l'agroalimentaire.

 

Sous couvert de remerciements, de sollicitudes et d'une future célébration de leur courage et dévouement, le Président de région, à la suite de l'exemple donné par Bruno Lemaire, ministre de l'Economie, ne fait qu'exhorter des salariés à  aller travailler pour nourrir la France et l'Europe sans soulever la question des droits qu'ils détiennent pour préserver leur santé  et celle de leur famille.

 

Le Président de région participe ainsi à l'irresponsabilité criminelle du gouvernement et des préfets ainsi que de certains employeurs qui se réfugient derrière ces manquements pour ne pas assumer leurs obligations légales d'assurer la sécurité et de protéger la santé de leurs salariés comme le prévoit l'article L 4121-1 du code du travail.

 

Le gouvernement, au premier rang des sauveurs du capitalisme, travaille à l'accroissement exorbitant de ses pouvoirs comme celui de modifier les règles du droit du travail via la loi instaurant un "état d'urgence sanitaire" adoptée dimanche 22 mars par le parlement. Cette loi  vise aussi le soutien économique des entreprises.

 

Ainsi, plusieurs mesures dérogatoires au Code du travail sont prévues :

 

- facilitation du recours à l’activité partielle ;

- possibilité d’autoriser l’employeur à imposer ou à modifier les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables, en dérogeant aux délais de prévenance.  d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates des jours de réduction du temps de travail, des jours de repos prévus par les conventions de forfait et des jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié ;

- autorisation donnée aux entreprises considérées comme étant particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ;

- à titre exceptionnel, les dates limites et les modalités des versements au titre de l’intéressement ou de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat pourront être modifiées.

 

En contrepoint, et bien que ce soit les salarié-es qui continuent de faire tourner la machine, l’interdiction des licenciements n’a pas été retenue. Il est donc clair que ces mesures protègent plus les employeurs que les salarié-es dans cette crise .

 

Pour Solidaires, la « sécurité économique du pays » doit passer après la santé des travailleurs et des travailleuses (salarié-es ou indépendant-es), et dont le droit de retrait reste un moyen de se protéger.

 

Pour Solidaires, il faut pouvoir cesser le travail là où il n’est pas indispensable en période d'urgence sanitaire. Mais, pour décider  des activités essentielles à la vie du pays  il faut se réunir pour en débattre collectivement et ne pas laisser le gouvernement ou les employeurs  en décider  seuls.

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