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Soufflé à la valse
J'entends la voix qui me parle de la voix Dans le téléphone C'est tout un filet de rien imperceptible Et rien n'y fera pour que ça change Mais cette voix elle balance quelque chose avec tant de force Elle brouille les piste / elle chamboule la plus belle avenue de Mexico La plus longue celle des insurgés qui fait paraît-il plus de quatre vingt kilomètres La voix c'était celle de lui de moi de toi et de tout un chacun Ce n'était pas un aboiement de chien Il s'appelait Fabien Adonon et il n'ouvrait guère la bouche tout de même Il me glisse quelques billets dans la poche / pour aller plus loin C'était vraiment le seul geste le plus vrai / prendre l'autobus Et cette voix dans l'écouteur n'a que des choses très banales à dire à prononcer Je vais raccrocher dans quelques instants Et chacun restera là / les bras encore plus ballants Il m'a même dit qu'il viendra l'année prochaine Mexico brille de tous ses feux au-dessus des tirs C'est une brève fusée qui passe / à ras de terre Dans sa voix il y avait les haricots que l'on mangeait dans un bol à dix heures du soir Cette voix sans timbre née dans une cahute soulève tout à coup les montagnes Je rencontre Fabien Adonon / cet africain à la sensibilité de gazelle Il susurre quelques paroles indécises et c'est l'au-delà qui s'allume Ici dans la voix / Pas un perroquet qui raconte une histoire Jamais personne n'a dit comme c'est tâtonnant un souffle humain Mais il existe / il retentit même sur des milliers de kilomètres.
Gérard Lemaire2002
publié dans la revue de poésie « Comme en poésie » n°9, mars 2002, dirigée et faite par JP Lesieur, depuis 1999 FABIEN ADONON DJOGBENOU Faculté des sciences politiques et sociales de l'UNAM, Mexico, DF Département/Faculté : CRI Gérard Lemaire a rencontré ce professeur à Mexico en 1970 lors de son voyage aux Amériques
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