J'ai vu un fleuve de la jeunesse rouler en
En doigts coupés
En mains écrasées
C'est trop beau de prendre place
Dans l'indifférence des techniques
Dans le flou des talents d'un art
Dans la beauté des jours
L'imposture a tous les vêtements légaux
Elle se pare des plus belles vertus
Ceint d'une armure celui-là devient inattaquable
Les publics l'applaudissent béatement
Pris d'un réflexe de vague générosité
Il est partout sur les scènes d'actualité
Mais il n'a pas fait face à cet enfant désarmé
Dans les quartiers à l'abandon
Il n'a fait que défigurer le plus sacré du Sentiment
L'homme dans sa fête devient ivre
Son poing balaie les tables
Pour ne pas payer
Gérard Lemaire 2010
Un jeu abyssal.
J'ai vu un fleuve de la jeunesse rouler en
tumultes aveugles dans la rue
Ils couraient ils couraient en vague de liesse
Ils étaient l'avenir en majesté rieuse
Ils pouvaient arrêter les machines monstres se jetant
Ô fleuve
bousculant la résignation
étreignant d'un galop tous les risques de l'heure
Ils étaient tous les poètes du monde rassemblés
Dans la fuite et le bruit d'un cadavre
Ô fleuve
dans l'instant et son marbre
Gérard Lemaire 2012