L'Enigme Bogdanov et la souffrance étudiante

Que fait-on pour mettre fin à l'aggravation progressive de la souffrance des étudiants dont des enquêtes font clairement état jusqu'à souligner la montée de la consommation de cannabis et d'autres drogues ? Il me semble que l'accès de l'ensemble de la population à des études de haut niveau supprimant en même temps le chômage, comme réclamé dans L'Enigme Bogdanov, pourrait apporter une solution.

La souffrance croissante des étudiants, dans une situation d'angoisse et de stress permanents, est un réel problème que l'on ne peut pas valablement ignorer et qui, entre autres, dresse un triste bilan de la stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000.

La revendication formulée dans L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque, novembre 2015) et dont le contenu même du livre exprime l'esprit, à savoir, l'accès de l'ensemble de la population à une éducation de haut niveau, comporterait un changement essentiel si elle était appliquée dans notre société. Elle exigerait une profonde réforme du système universitaire dans un sens opposé aux politiques des quinze dernières années basées sur la marchandisation et la privatisation de l'éducation.

Le nouveau système devrait, notamment, supprimer les tensions actuelles que vivent les étudiants. Une telle détente interviendrait tout naturellement, car :

i) l'ensemble de la population accèderait à des études universitaires et l'enseignement s'adapterait à cette nouvelle situation ;

ii) l'extension de la durée des études obligatoires, alliée à une application du même principe à tous les citoyens, permettrait de suppprimer entièrement le chômage.

Il est urgent de réformer dans ce sens l'enseignement universitaire, au vu des souffrances qu'endurent au quotidien ses usagers actuels. Au même moment où j'écrivais L'Enigme Bogdanov, les mutuelles étudiantes ont lancé un cri d'alerte que des médias ont repris.

Dans un communiqué de presse du 2 juillet 2015, intitulé La santé des étudiants en 2015 : Une augmentation inquiétante de la consommation de substances addictives, en ligne à l’adresse http://www.emevia.com/actualites/la-sante-des-etudiants-en-2015-une-augmentation-inquietante-de-la-consommation-de , le réseau national des mutuelles étudiants de proximité emeVia dévoile des données fort préoccupantes et écrit notamment :

(…)

2. Un durcissement  alarmant de la consommation de cannabis, d’ecstasy/MDMA et de poppers

  Portrait des consommateurs réguliers de cannabis

Ils sont de grands polyconsommateurs de produits psychoactifs :

*      32,4% consomment également de l’ecstasy/MDMA, contre 2,6% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

*      22,8% consomment des poppers, contre 4,6% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

*      17,4% consomment de la cocaïne, contre 1,5% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

Ces étudiants ont un sommeil dégradé et une mauvaise gestion du stress :

*      26,1% prennent des produits ou médicaments pour dormir, contre 12% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

*      72,9% se sentent fatigués au réveil, contre 64,6% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

*      31,8% estiment mal dormir, contre 22,4% des non fumeurs  et les fumeurs occasionnels de cannabis

(…)

(fin de l’extrait du communiqué des mutuelles étudiantes)

La consommation de cannabis, à ce jour illégale, conduit donc également, en particulier, à la consommation d’autres drogues interdites (ecstasy, cocaïne…). En même temps, elle s’accompagne de nombreux troubles au quotidien, sommeil compris.

Voir aussi l'article paru dans Le Monde le 2 juillet 2015 :

http://www.lemonde.fr/vie-etudiante/article/2015/07/02/le-bilan-de-sante-des-etudiants-se-degrade_4667526_4468406.html

En 2015, le bilan de santé des étudiants se dégrade

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.